« Peyo »: Prolongation jusqu’au 03 Septembre, à la « Fondation Folon »

    Vu son indéniable succès, l’exposition temporaire « Peyo a Retrospective », est prolongée jusqu’au 03 septembre inclus, à la « Fondation Folon », sise à la « Ferme du Château de La Hulpe », au n° 6A de la drève de la Ramée.
    Bien sûr, ce sont des « Schtroumpfs » qui figurent sur l’affiche de l’exposition, vu que ce sont eux qui ont fait la réputation mondiale de « Peyo », pseudonyme du desinateur bruxellois Pierre Culliford (1928-1992).
    Hors, en parcourant la première salle de cette fort intéressante exposition, une large place est laissée à « Johan et Pirlouit », deux personnages médiévaux auxquels « Peyo » était très attaché, qui furent publiés, pour la première fois, par les « Editions Dupuis », le 11 septembre 1952, au sein du « Journal de Spirou », leur première aventure, « Le Châtiment de Basenhau » étant éditée en album, en janvier 1954, chez ce même éditeur.
    De fait, c’est au sein de leur neuvième aventure, intitulée, à l’origine: « La Flûte à six Trous » – dont la premièreplanche fut publiée, en 1958, dans le N° 1047 du « Journal de Spirou » -, qu’apparurent des petits hommes bleus  une couleur de corps choisie par Janine Devroye (1930-2016), dite Nine Culliford, l’épouse de « Peyo », coloriste des bandes desinées de son époux.

    Tels qu’ils étaient en 1958 (C) « Peyo »

    « Peyo » leur donnant le nom de « Schtroumpfs », ces personnages, secondaires au départ, connurent d’office un tel sucès, que le titre de l’album, édité en 1960, se transforma en « La Flûte à six Schtroumpfs », ces « Schtroumpfs » allant, bientôt, connaître leurs propres aventures, leur premier album « Les Schtroumpfs noirs », d’abord publié sous la forme d’un mini récit, joint au N° 1107 du « Journal de Spirou », avant d’être édité en album, avec deux autres courtes avantures, en 1963, par les « Editions Dupuis », le Bruxellois Yvan Delporte(1928-2007) en étant le scénariste, ce dernier ayant été le rédacteur en chef du « Journal de Spirou », de 1953 à 1968.

    … Mais pourquoi donc ce nom de « Schtroumpf »??? … C’est lors d’un repas, entre dessinateurs, qu’un autre auteur bruxellois, André Franquin (1924-1997), créateur de « Gaston Lagaffe » et du « Marsupilami » (pour lequel « Peyo » écrivit, par ailleurs, quelques scénarios de courtes histoires), souhaitant recevoir le sel et le poivre, dit, en les désignant du doigt: « passe moi les schtroumpfs »
    A La Hulpe, pas moins de 150 planches originales, propriétés de la famille Culliford sont exposées, la plupart pour la première fois, aux côtés de nombreux documents d’époque (photos, pochettes de disques, figurines en 3D, …), Véronique Culliford, la fille de « Peyo » veillant à perpétrer l’oeuvre de son père.
    Lisons donc ce qu’en dit notre collègue Hugues Dayez, auteur de la biographie « Peyo l’enchanteur » et commissaire de la présente exposition, aux côtés de José Grandmont, collaborateur de longue date du « StudioPeyo »: « Nous avons sélectionné différentes sources et matériaux graphiques pour que le visiteur ne s’ennuie pas. Mais l’oeuvre est tellement riche… Toutes ces planches réunies, c’est vraiment la réalisation d’un fantasme ! »

    SCHTROUMPFETTE © Peyo

    Nés en Belgique de l’imagination de Pierre Culliford, ces petits hommes bleusconnurent un immense succès aux Etats-Unis, les studios « Hanna Barbera«  ayant réalisé, avec « Peyo », une fort longue série de dessins animés, en format de courts-métrages, des « Schtroumpfs » (256 épisodes, programmés le samedi matin par la « NBC », entre 1981 et 1990, comme en attestent différents documents en provenance d’Outre Atlantique. A notez que ces mêmes studios réalisèrent, également, trois longs métrages, près de 300 milions de figurines en 3D s’étant vendues chez nos cousins d’Amérique, en une dizaine d’années.
    Côté pellicule cinématographique, c’est, aussi, sur ce continent que « Columbia » et « Sony » viennent de produire leur troisième long métrage, inspriré de l’oeuvre de « Peyo » mêlant des acteurs, en chair er en os, et des « Shtroumpfs » dessinnés: « LesSchtroumpfs et le Village perdu » (Kelly Abury/USA/2017/90?). sorti sur nos écrans à la mi-mars et dont le DVD est en vente, chez nous, depuis le 14 août.
    … Et ce, alors que « Le Lombard » vient de publier, en cette même date du 14 août, le 35ème album des aventures des « Schtroumpfs »: « Les Schtroumpfs et les Haricots mauves », le dernier ouvrage (10€95) dessiné par le Liégeois Pascal Garray (1965-2017), sur un scénario d’Alain Jost et de Thierry Culliford, le fils de « Peyo ».
    Quant aux « Studios Belvision », fondés par Raymond Leblanc, fondateur du « Journal de Tintin », ils réalisèrent un dessin animé long métrage, relatant l’apparition des « Schtroumpfs » au sein de la neuvième aventure, sur papier, de « Johan et Pirlouit »: « La Flûte à six Schtroumpfs » (Pierre Culliford et Yvan Delporte/Bel./1976/71?).

    POUSSY © Peyo

    Au niveau des anecdotes, en fin de la dernière salle, nous trouvons, en présence de son chat, Azraël, Gargamel, l’ennemi juré de nos petits « Schtroumpfs », en train de préparer une étrange mixture, constituée, comme il le dit d’ « Un brin de coquetterie… Une solide couche de parti pris… Trois larmes de crocodile… Une cervelle de linote… De la poudre de langue de vipère… Un carat de rouerie… Une poignée de colère… Un doigt de tisu de mensonge, cousu de fil blanc, bien sûr… Un boisseau de gourmandise… Un quarteron de mauvaise foi… Un dé d’inconscience… Un trait d’orgeuil… Une pinte d’envie… Un zeste de sensiblerie… Une part de sottise et une part de ruse, beaucoup d’esprit volatil et beaucoup d’obstination… Une chandele brûlée par les deux bouts… » Hors ces propos Ne furent pas inventé par Pierre Culiford, qui ne fit que reprendre ce que lui dit un jour son épouse, Nine Culliford, … qui ne put jamais lui pardonner d’avoir ainsi rendu public ce qui ne devait pas l’être…
    Par ailleurs, nous aprenons que la « Schtroumpfette », aparue en 1967, avait, au départ, des cheveux courts et noirs,  le « Grand Schtroumpf », admettant en son for intérieur que la malheureuse n’a pas un physique facile, décide de lui faire subir une longue opération de chirurgie esthétique, qui lui change son apparence, lui offrant, désormais, de longs cheveux blonds, lui conférant sa grâce et sa beauté définitives.
    Conçue comme une ligne du temps, cette exposition nous invite à plonger dans la biographie de « Peyo » pour mieux comprendre l’incroyable succès de son œuvre, sans oublier sa maîtrise exceptionnelle du 9ème art, nous dévoilant, aussi ses autres personnages, comme son chat « Poussy », créé en 1949, pour le quotidien « Le Soir », sous la forme de gags de quatre cases, avant d’être publié par « Le Journal de Spirou », dès son n°1438, en 1965, jusqu’en 1977, et d’être édité en trois albumsdes « Editions Dupuis », en 1976 et 1977, qui reprend ses planches dans une intégrale, en 2014, « Peyo » ayant confié, trop pris par ses « Schtroumps », « Pousy » au dessinateurbruxellois Lucien De Gieter.
    N’oublions pas, non plus, « Benoît Brisefer », ce petit garçon doué d’une force herculéenne, qu’il perd dès qu’il s’enrhume, d’où l’écharpe de laine qu’il porte toujours autour du cou ! Créé en 1960, il est publié dès le n? 1183 du « Journal de Spirou », avant d’être édité en 14 albums, aux « Editions Dupuis », d’abord, puis aux « Editions Le Lombard », qui vient de publier, ce 18 août, un second volume de son intégrale (25€50)…
    Mais ici, aussi, trop pris par ses « Schtroumpfs », « Peyo » avait du confier son personnage audessinateur liégeois François Walthéry, dès 1966. Suite au décès de Pierre Culliford, pour continuer l’œuvre de son père, son fils, Thiery Culliford, confia alors cette série à un autre dessinateur liégeoisPascal Garray (1965-2017).
    … Mais, assurément, leurs albums étant traduits dans 40 langues et vendus dans plus de 70 pays, ce sont les « Schtroumpfs », 25 ans après le décès de leur créateur, qui resteront, à jamais, les plus célèbres des personnages créés par « Peyo », étant, par ailleurs, les figures les plus représentatives, dans le monde entier de la bande dessinée franco-belge, s’appelant« Smurfs » aux Etats-Unis« Kumafu » au Japon« Puffis » en Italie, « Pitufos » en Espagne, …, « Peyo » aimant dire: « Les cases de BD sont comme un petit théâtre dans lequel j’ai la chance d’animer mes personnages ».
    Yves Calbert.
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