Expo, Films et Spectacles d’Apichatpong Weerasethakul, au « KFDA » (12/04-29/05)

Du 06 au 28 mai, le « Kunstenfestivaldesarts » (« KFDA ») agrémentera, pour la 21ème fois, notre capitale, mais, dès le 12 avril, au « Cinéma Galleries », nous pouvons, en prélude au Festival, découvrir, « Memorendum » (12h. à 2oh./5€/3€ pour les – de 21 ans, les demandeurs d’emploi, les + de 65 ans et les membres d’un groupe de 10 pers./0€ sur présentation du billet d’entrée à l’un de ces 2 grands spectacles au « KVS » et à la « Forêt de Soignes »), une exposition d’installations de vidéos, du cinéaste thaïlandais Apichatpong Weerasethakul (°Bangkok, 1970), qui signa un 1er court-métrage et ses 1ères vidéos expérimentales en 1993, avant d’obtenir la « Palme d’Or » du « Festival de Cannes », en 2004, pour « Oncle Boonmie, celui qui se souvient de ses vies antérieures », après avoir reçu le « Prix un certain Regard », en 2002, pour « Blissfully Yours », et le « Prix du Jury », en 2004, pour « Tropical Malady », ayant été désigné, en 2008, comme Président du Jury, alors présidé par Sean Penne. Récompensé, en Thaïlande, en 2005, du « Prix Silpatorn », primé aux Emirats Arabes Unis et au Japon, il reçoit, en France, en 2011, l’insigne d’ « Officier de l’ordre des Arts et des Lettres », son film « Syndromes and a Century » (105’/2007), étant le 1ère réalisation thaïlandaise à être sélectionnée pour la « Mostra de Venise », en 2006, . Indéniablement, « son travail repoussant les limites du cinéma contemporain, l’a, définitivement, installé au panthéon de l’avant-garde cinématographique ».

(c) "metro.co.uk"

(c) « metro.co.uk »

Obtenant, en 1994, un « master » universitaire en architecture, décerné à Khon Kaen (ขอนแก่น, en écriture thaïlandaise), la ville où il a grandi, sise au nord-est de la Thaïlande, avant d’en obtenir un second, de l’ « Institut d’Art », à Chicago, en 1997, ce fils de médecins hospitaliers aime « s’inspirer de la pensée bouddhiste et de la culture populaire, travaillant la mémoire comme une matière fluide, hantée par les problématiques et le désir qui nous habitent tous, cultivant le goût du mystère et de la lenteur dans un style contemplatif inclassable qui confronte souvent le moderne à l’archaïque, son cinéma illustrant, en réalité, la part irrationnelle du désir, les vies multiples de l’homme et le voyage des âmes ».

… Un voyage auquel il nous convie, avec la création, à Bruxelles, de « Memorendum », l’artiste étant annoncé à l’occasion du vernissage, le 12 avril, à 18h., le « Cinéma Galeries » (http://www.galeries.be) nous offrant, également, chaque soir, à 19h., une rétrospective de ses principaux longs-métrages, les 14, 22, 27, 28 avril, 06, 13 et 20 mai, ainsi que de ses courts-métrages, les 20 avril, 04, 18 et 21 mai, nous permettant de « découvrir ses « journaux intimes en mouvement », sa réponse personnelle aux problèmes politiques et sociaux qui l’alarment, avec des œuvres partant d’une histoire évoquant un quotidien banal pour basculer à mi-chemin dans une imagerie poétique, onirique et mythologique, (il travaille) la mémoire comme une matière fluide, hantée par les problématiques et le désir qui nous habitent tous ». Pour les cinéphiles avertis, un événement à ne pas manquer!

Mais la présence d’ Apichatpong Weerasethakul – « aimant confronter le réalisme à la science-fiction, la modernité à l’archaïque, cultivant, avec un talent singulier, le goût du rêve, du mystère et de la lenteur » ne se limite pas à son exposition et à la rétrospective, en salle, de ses films oniriques et contemplatifs! De fait, il nous propose 2 « master classes » (entrée libre, au « Cinéma Galeries »), le 18 mai, à 19h., et le 22 mai, à 14h.30, sans oublier un spectacle théâtral et une projection en plein air:

  • « Fever Room » (12 représentations du 21 au 25 mai, au « KVS »  – « Koninklijke Vlaamse Schouwburg » ou « Théâtre royal flamand »/90’/16€ ou 13€ pour les – de 25 ans & les + de 65 ans):

En 1ère européenne, élargissant le cinéma aux dimensions du théâtre, il nous présente, icisa toute première œuvre théâtrale, « expérience mentale et sensorielle troublante qui nous renvoie aux origines de l’imaginaire cinématographique ». Créée à Gwangju, en Corée du Sud, pour l’ouverture de l’ « Asia Culture Center Theatre », sa performance offre un contrepoint saisissant et immersif à son film « Cemetery of Splendour » (2015/122’/au « Cinéma Galeries », le 20 mai, à 19h., en V.O. sous titrée en fr.-néerl.).

Evoquant son spectacle, il écrit: « Je considère ce travail comme une mémoire du lieu où les graines du bonheur et de l’oppression ont été semées… Pour moi, le cinéma et le théâtre sont les cavernes de la vie moderne. Dans « Fever Room », je veux exprimer un retour à la caverne qui évoque les débuts de l’humanité, aussi bien avec la lumière qu’avec la création sonore ».

"Fever Room" (c) "bombmagazine.org"

« Fever Room » (c) « bombmagazine.org »

Ce film est « un coup d’essai et un coup de maître, qui permet au réalisateur d’utiliser l’espace et l’appareillage du théâtre pour mener son langage onirique vers un nouveau sommet. Ouvrant le rêve aux trois dimensions de l’espace scénique, (il) nous renvoie vers ce qu’il considère comme l’origine même de l’imagination cinématographique et théâtrale: la caverne, espace où la réalité et la fiction, le passé et le présent se rencontrent, dans une torpeur proche du sommeil et de la mort. Jouant d’hypnotiques effets de lumière et de son, multipliant les écrans et les cadres, projetant l’illusion filmée sur du brouillard, l’artiste place le spectateur sur scène, au coeur même des images, et l’immerge dans une expérience mentale et sensorielle troublante, comme dans un état de fièvre, aux confins de l’inconscient… Que l’on ait vu ou pas « Cemetery of splendour » importe peu, « Fever Room » (étant) une œuvre en soi, magistrale et hypnotique, qui plonge le spectateur dans une expérience mentale et sensorielle troublante, en l’immergeant au cœur d’images filmées ou produites sur le plateau qui altèrent la réalité pour l’emmener ailleurs, dans l’espace aux confins infinis du rêve et de l’inconscient ».

Pour vivre intensément cette « Fever Room », nous sommes invités à gagner la salle dans le noir complet, guidés par la lampe de poche de l’ouvreuse, nous asseyant, ensuite, à même le sol, toujours plongés dans l’obscurité. « Pour moi, le cinéma et le théâtre sont les cavernes de la vie moderne et je veux exprimer un retour à la caverne, qui évoque les débuts de l’humanité, aussi bien avec la lumière qu’avec la création sonore… De plus en plus, nous censurons inconsciemment nos pensées par peur du carcan culturel. Ce n’est pas une coïncidence si le film et les images de (mon film) se déroulent entièrement à Khon Kaen, (car) je considère ce travail comme une mémoire du lieu où les graines du bonheur et de l’oppression ont été semées », explique-t-il.

  • « Tropical Malady » (le 16 mai, à 21h., une projection exceptionnelle, en plein air, au sein des profondeurs de la « Forêt de Soignes »/ 2004/118’/4€/en V.O. sous titrée en anglais):

Considéré, par les « Cahiers du Cinéma », comme le 3ème film le plus important de la 1ère décennie du 21ème siècle, son 4ème long-métrage – « Prix du Jury » au « Festival de Cannes » 2004 et au « Festival international du Film d’Indianapolis » 2005, « Prix de la Critique » au  « Festival international du Film de Sao Paulo » 2004 et « Prix du meilleur Film » au « Festival du Film gay et lesbien de Turin » 2004 – est un « film envoûtant, troublant, radical sur les mystères de l’amour et du désir, les brouhaha de la forêt, archaïque et sauvage, obscurcissant, au début, la voix des acteurs, de coutume mise au premier plan ».

… Mais laissons s’exprimer notre réalisateur thaïlandais, quant au titre de son long-métrage: « (Dans nos films), nous nous attachons à certaines choses, en particulier à la beauté de notre propre espèce … (et), cette fois, j’ai voulu montrer son aspect maladif. A un moment de notre vie, nous sommes quasiment « étouffés » par les merveilleux souvenirs de ceux que nous aimons »… 

"Tropical Malady" (c) "mubl.com"

« Tropical Malady » (c) « mubl.com »

Synopsis: « Dans un petit village thaïlandais, un jeune soldat et un garçon de la campagne tombent amoureux l’un de l’autre. Ils mènent une vie douce et tranquille, jusqu’au moment où l’un des deux disparaît dans la jungle, faisant basculer le récit en un rêve hypnotisant sur les êtres obscurs et les peurs irrationnelles ».

"Tropical Malady" (c) voleethrower.com

« Tropical Malady » (c) voleethrower.com

Retour à la Ville, pour acheter vos places, en vente dès le 12 avril, le « Kunstenfestivaldesarts », sous la coordination de Christophe Slagmuylder, ayant pris, cette année, ses quartiers au « Théâtre des Brigittines », où un livret de 134 pages vous est offert – comme en d’autres lieux culturels -, avec le programme complet, les synopsis, dates, lieux et prix des différents spectacles, venus de Thaïlande (cfr. ci-dessus) et de différents pays européens, mais aussi du Congo, de Corée du Sud, d’Egypte, des Etats-Unis, d’Iran, du Japon, du Maroc, du Mozambique et de Syrie (mais oui, un pays dévasté où la Culture doit reprendre ses droits), … ce livret étant, aussi, disponible en ligne, sur http://www.kfda.be.

Puisse cet intéressant Festival perdurer, lui qui, au sein d’institutions aussi bien flamandes que francophones, nous rassemble tous, que nous parlions néerlandais, français, anglais, espagnol, italien, allemand, hébreu, arabe, …, soulignant l’importance de la Culture dans l’éducation de tout en chacun quelques soient nos origines et nos croyances… Aussi, lisons attentivement le message des organisateurs: « Nous avons tout à gagner à entrer en dialogue avec les « autres ». La ville où nous habitons tire sa force de sa riche diversité. Nous n’acceptons pas les actions et réactions d’exclusion et de polarisation. Le projet du « Kunstenfestivaldesarts » se fonde sur la nécessité de construire et d’encourager le dialogue entre individus et communautés. À travers la création artistique et l’expérience du monde qu’elle suscite, le festival souhaite largement partager ces convictions ».

Prix du billet pour une séance au « Cinéma Galeries »: 8€50 (6€50 pour étudiants, demandeurs d’emploi, seniors, membres d’un groupe de 10 pers./1€25 pour « Article 27″/Carte « UGC Unlimited » acceptée). Carte de 5 places: 30€.

Yves Calbert.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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