Rubens et son héritage à Bozar #bruxelles #art #peinture #culture

BRUXELLES

 

Jusqu’au 04 janvier, « Rubens et son Héritage » nous propose « Sensation et Sensualité », au travers de 6 thématiques retenues par le commissaire de cette superbe exposition, Nico Van Hout (du « Musée des Beaux-Arts » d’Antwerpen). Violence, Pouvoir, Luxure, Compassion, Elégance & Poésie sont les six thèmes abordés au travers des peintures de Peter-Paul Rubens (1577-1640) et de celles de nombreux peintres (Delacroix, Manet, Munch, Picasso, Rembrandt, Van Dyck, Watteau, …) qui s’inspirèrent de son oeuvre. Une occasion unique de découvrir des oeuvres prêtées par les plus grands musées d’Europe et des Etats-Unis, ainsi que par des collectionneurs privés.

A cette occasion, « Bozar », exploitant les derniers progrès technologiques, a prévu un audio/vidéo-guide particulièrement intéressant, puisque, bien au-delà des commentaires, il nous permet de découvrir nombre d’informations échappant à notre vision: 

– sur telle oeuvre, frottons l’écran de notre audio/vidéo-guide, dirigeons le vers la toile, et nous découvrons ce que l’artiste avait peint, dans un 1er temps, sur celle-ci, avant de réaliser l’oeuvre exposée;

– sur telle autre, des petits cercles apparaissent sur ce même écran. En posant son doigt sur l’un d’eux, nous obtenons des précisions quant au personnage représenté à cet endroit (Minerve, Hercule, …) ou quant à la raison pour laquelle le sujet est peint à l’envers;

– de même, pour une autre peinture, ce sont des « bulles » qui apparaissent, comme dans une « BD », offrant le parole aux personnages peints, parfois bien amusante, comme: « Rendez-vous au banquet, après la cérémonie »;

– au-delà de commentaires sur les oeuvres exposées, le narrateur lit une lettre de Vincent van Gogh (1853-1890) à son frère, ou évoque, photos à l’appui, des lieux qui inspirèrent Rubens, comme, par exemple, la florissante République de Gènes; 

– sur la thématique de la chasse dans l’histoire de l’art, diverses oeuvres apparaissent sur notre écran, de bas-reliefs de Mésopotamie à une photo controversée de Juan Carlos, alors Roi d’Espagne, posant devant la dépouille d’un éléphant qu’il venait d’abattre, en passant par une mosaïque romaine, ainsi que par des peintures du Moyen-Age et des anciens Pays-Bas.

Dans son « Journal », le 02 octobre 1853, Eugène Delacroix (1798-1863) écrivait: « Rubens est un exemple remarquable de l’abus de détails. Sa peinture … est surabondante partout … Son tableau ressemble à une assemblée où tout le monde parle à la fois ». Cela ne l’empêcha pas, plus tard, de conseiller Edouard Manet (1832-1883): « Regardez Rubens, inspirez-vous  de Rubens, copiez Rubens »; ni de s’inspirer de « La Chasse au Tigre, au Lion et au Léopard » (vers 1616) de Rubens, peignant lui-même « La Chasse aux Lions » (1855), deux oeuvres majeures proposées dans la 1ère salle de la présente exposition, dans la section « Violence ».

Rubens: "La chasse au tigre, au lion et au léopard". Vers 1616

Rubens: « La chasse au tigre, au lion et au léopard ». Vers 1616

Si nous orientons notre audio/vidéo-guide face à « La Chasse au Tigre, au Lion et au Léopard », le cheval blanc, cabré, se détache de notre écran et réapparaît, successivement, dans diverses oeuvres d’autres artistes, prouvant à quel point cette peinture se révéla être une source d’inspiration particulièrement importante. 

Les critères de beauté évoluant avec les époques, Rubens aimait peindre des femmes dénudées « opulentes », que l’on désigne, de nos jours, comme « corpulentes », en réussissant, avec brio, une troublante imitation de la peau de ces dames. Notons que si ces dernières peuvent inciter à un certain voyeurisme, elles ne remplissent, en général, qu’un rôle passif dans le récit pictural. 

Rubens: "Pan&Syrinx: 1617"

Rubens: « Pan&Syrinx: 1617 »

Dans ce même thème de la « Luxure », accrochés sur un même mur, jouant sur les contrastes de tailles, l’une de grand format, « Silène ivre soutenu par des Satyres » (1620), peinte par Anthon Van Dyck (1599-1641), alors qu’il travaillait dans l’atelier de Rubens, et l’autre de tout petit format, « Le Triomphe de Silène » (1716), signée par Jean-François Watteau (1684-1721).

Tout à l’opposé de ses nus, Rubens, sous le thème du « Pouvoir », habille ses personnages de leurs plus beaux atouts, présentant hommes et femmes de pouvoir sous leur meilleur profil, répondant à des commandes importantes de Maria de’ Medici (1575-1642) ou de Jacques 1er d’Angleterre (1566-1625)

Et puisque nous avons évoqué l’atelier de Rubens, soulignons que de tels ateliers d’artistes, semblables à des ateliers de mode, existent encore, ce que nous révèle notre audio/vidéo-guide de dernière génération, nous emmenant, par l’image et le son, dans celui d’un compatriote, le sculpteur Wim Delvoye (° 1965). Ecoutons le: « J’ai besoin de tout le monde pour réussir. On ne veut plus changer le monde, travaillant seul, isolé dans son grenier ». … Comme Rubens, déjà, Delvoye se veut être, également, un authentique homme d’affaires! …

Dans la salle réservée à la « Compassion », une autre oeuvre aux dimensions réduites: une assiette en porcelaine, datant de la dynastie Qing, sous le règne de l’Empereur Kangxi (1661-1722), décorée d’une copie, réalisée par un artiste chinois inconnu, du « Coup de Lance » (vers 1720-1730), de Rubens. Copie d’une copie, puisque c’est une gravure, due à Boëtius Adamsz Bolswert (1580-1633), et importée en Chine par des Jésuites, qui fut copiée.

Rubens: "Portrait de Maria Grimaldi et de son nain". 1607

Rubens: « Portrait de Maria Grimaldi et de son nain ». 1607

Si Rubens inspira nombre de peintres, notons que lui-même s’inspira de peintures de Pieter Breughel l’Ancien (1525-1569), comme en témoignent ses « Etudes pour Kermesses flamandes » (1630-1636), à la pierre noire et sanguine, sur papier brun, et du Titien (1488-1576). Ce dernier peignit la « Bacchanale des Andriens » (1523-1526), que Rubens copia, sous le titre « Les Andriens » (1635), dans un format élargi, ajoutant, notamment, de jolis reflets dans une petite étendue d’eau ou une feuille pudiquement placée sur le bas-ventre d’une dame dénudée. A découvrir dans la dernière section, dédiée à la « Poésie », où nous retrouvons, aussi, nombre de paysages ayant inspiré plusieurs peintres britanniques.

Exposition ouverte de 10 à 18h. Prix d’entrée: 14€ (12€ pour les – de 26 ans & les + de 67 ans/6€ de 12 à 18 ans, pour les enseignants, demandeurs d’emploi & personnes moins valides/2€ de 06 à 11 ans/1€25 pour les « article 27″/ gratuité jusqu’à 05 ans inclus, pour toute personne en chaise roulantes & son accompagnateur). Prix combiné avec « Peinture de Sienne »: 20€ & 18€. Audio/Vidéo-guide: 3€. Guide du Visiteur (avec poèmes ou proses de 6 auteurs contemporains, présentant chacun un tableau de Rubens, et présentation des 6 thématiques): 1€. Catalogue: 49€95 (Ed. « Mercator »/360 p.). CD « Rubens et la Musique de son Temps »: 18€ (10€ avec le Catalogue ou pour tout achat de minimum 30€). Site, vous permettant de compulser le guide du visiteur: www.bozar.be.

Quittant la dernière salle, nous revenons à notre époque, découvrant la table-miroir, en forme de Mer Méditerranée, due à Michelangelo Pistoletto (°1933), dans le cadre de l’exposition « The yellow Side of Sociality », présentant des oeuvres contemporaines d’artistes italiens, dans le cadre de la Présidence italienne de l’ « UE ». Entrée libre jusqu’au 18 janvier, date de fermeture de l’exposition « Peinture Sienne », également proposée par « Bozar » en hommage à l’Italie.


Yves Calbert.



 

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