« Musée de la Photographie », à Mont-sur-Marchienne #art #culture

     Contrastes, jusqu’ au 17 mai, au « Musée de la Photographie », à Mont-sur-Marchienne, avec le génocide de l’ Arménie, d’ une part, et des scènes de rues aux Etats-Unis, d’ autre part.
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          Guillaume de Jerphanion/
« Un Cireur de Bottes avec deux Hommes »
     Ainsi, « Les Arméniens, Images d’un destin 1906-1939 » nous laisse supposer toute la souffrance d’ un peuple, sans aucune photo de réelle violence, mais avec des clichés , dont l’ un prend toute la hauteur de la salle, montrant des centaines d’ orphelins. Ces photographies sont issues des collections de la photothèque de la « Bibliothèque orientale » de l’ « Université Saint-Joseph » de Beyrouth, dans le cadre du mécénat (visant à la préservation des collections photographiques de cette bibliothèque) de la bien connue « Fondation Boghossian », propriétaire de la « Villa Empain » –
     Outre des photographies aux auteurs inconnus, des centres de réfugiés d’ Alep et de Beyrouth, de cérémonies, de paysages, de ruines, …, nous trouvons d’ intéressants portraits d’ enfants, de personnes âgées, d’ un cireur de chaussures, d’ un Sultan, d’ un Molah, …, réalisés par deux Jésuites, Antoine Poidebard (1878-1955) et Guillaume de Jerphanion (1877-1948), témoignant de la vie de tous les jours en Arménie, au début du 20ème siècle. A noter que la majorité des photos sont présentées pour la 1ère fois en dehors de la capitale libanaise, certaines étant exposées dans des tirages d’ époque, d’ autres ayant été reproduites par les soins du laboratoire du « Musée de la Photographie ».
     Cette exposition étant particulièrement historique, des panneaux nous remémore ce que dû endurer l’ Arménie, comme l’ assassinat, le 24 avril 1915, à Constantinople, capitale de l’ Empire ottoman, sur décision du gouvernement turc, de 700 notables et intellectuels arméniens. Vint le bien triste programme de déportations et d’ exécutions, coûtant la vie à près d’ 1.300.000 Arméniens, laissant des milliers de réfugiés et d’ orphelins éparpillés en Europe et au Proche-Orient.
     Echo à la brûlante actualité du Proche-Orient, la présente exposition permet de découvrir les conditions de vie des Arméniens avant 1915 et leurs tentatives de reconstruction dans l’ exil, dans les camps ou les écoles.
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         Guillaume de Jerphanion/
   « Une Circassienne (ou Tcherkesse) »
     Dans deux autres salles du Musée, reconnu comme « Centre d’ Art contemporain de la Fédération Wallonie-Bruxelles », nous découvrons d’autres scènes de la vie quotidienne, mais dans un contexte bien différent, celui de la société américaine des années ’60.            Comme le révèle le titre de son ouvrage (publié en 1975) à l’ origine de cette seconde exposition, « Women are beautiful » (« Les
femmes sont jolies »), ces photographies de Garry Winogrand (1928-1984), toutes réalisées en noir-et-blanc, nous permettent de partager des moments de la vie des femmes, essentiellement à New York, mais aussi dans différents Etats américains, loin de tout voyeurisme dérangeant. Aucun nu donc, si ce ne sont, de loin et de dos, d’ une jeune dame allant se baigner dans un lac, dans la tenue d’ Eve, et d’ une femme peu vêtue, provoquant un attroupement dans un parc public.
     « Woman are beautiful » est un prisme au travers duquel la femme apparaît multiple, riche et belle dans sa pure expression quotidienne, et non fantasmée par le nu ou le studio. Affirmant l’ éclat de la féminité, Garry Winogrand, témoin de son époque, élabore une radioscopie complète de la femme: bourgeoise, hippie, américaine, étrangère, activiste, sportive, …, qu’il photographie en rue, dans une cabine téléphonique, à la plage, au restaurant, dans les bars, …, avec ses enfants, promenant son chien, un cornet de crème glacée à la main, à vélo, au volant d’ une voiture, …., témoignant, aussi, de l’investissement des femmes dans les diverses manifestations de contestation qui émaillent la fin des « sixties », son propos se voulant esthétique, mais, aussi, documentaire. La banalité du quotidien féminin amplifie, ici, la beauté que chacune met en avant, la femme s’ affichant, ainsi, au naturel et sans fard.
     Né au sein d’ une famille juive du Bronx, à New York, Garry Winogrand fut lauréat, à 3 reprises du « Guggenheim Fellowship » (1964, ’69 & ’79). Exposant au « MoMa« , en 1955, ’63 & ’67, il enseigna la photographie à l’ « Illinois Institute of Technology » et à l’ « University of Austin« , dans les années ’70, n’ ayant de cesse, toujours aux aguets, que de capturer, furtivement, l’ essence de la rue et d’ autres lieux publics, laissant ressentir la passion du photographe pour son sujet, révélant toute la sensualité du corps féminin, aux courbes que des vêtements ont peine à cacher, tout en nous montrant, avec simplicité mais efficacité, la vie quotidienne de la femme, à cette époque, au sein de la société américaine.
      Ecoutons le: « Photographier s’ apparente à capturer la vie pour voir pour voir à quoi elle ressemble une fois figée en image. … A chaque fois que j’ ai vu une femme attirante, j’ ai fait de mon mieux pour la photographier. Je ne sais pas si toutes les femmes que j’ ai photographiées sont belles, mais je sais que, dans mes photos, les femmes sont belles. … Je photographie tout le temps ce qui m’ intéresse. Je vis avec des images pour voir à quoi cela ressemble une fois la photo réalisée. La photographie doit être plus intéressante ou plus belle que ce qui est photographié ».
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De la série « Women are beautiful » © Garry Winogrand
A noter encore, une salle offerte à Colin Delfosse, lauréat, en 2010, du « Prix National Photographie Ouverte », pour sa série «Les Amazones du PKK», dont quelques photographies nous sont présentées au Musée… Une toute autre vision de la femme! …
     Autre vision, encore, de la femme, avec, à l’ étage, « Maiko no hikari », un reportage  sur les apprenties « Geishas », à Kyoto, réalisé par Régis Defurnaux (°Namur/1976), nommé lors de différents concours, en 2012, à Londres et à Los Angeles, en 2013, à San Francisco.
     Expositions et Musée ouverts de 10h. à 18h., du mardi au dimanche. Prix d’ entrée (expos + musée): 7€ (5€: seniors/4€: étudiants & demandeurs d’ emploi/0€:  – de 12 ans). Site: www.museephoto.be.
     Yves Calbert.
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