Emilie Dequenne, dans « Adieu les Cons », et le film « Josep », primés aux 46è « César », à Paris

 

Adieu Les Cons

« Adieu les Cons » (Albert Dupontel), lauréat de 7 « César » © « Gaumont »/2021

Levendredi 12 mars, la 46è « Cérémonie des César » s’est déroulée à « L’Olympia », avec la mise en valeur du dernier film d’Albert Dupontel« Adieu les Cons » (Fra./2020/87’/avecAlbert Dupontel,Virginie Efira& BouliLanners), lauréat de 7 « César », ceux « du meilleur Film »,« de la meilleure Réalisation »,« du meilleur scénario original »« du meilleur Acteur dans un second Rôle »(Nicolas Marié),« de la meilleure  Photographie » (Alexis Kavyrchine), « des meilleurs décors » (Carlos Conti), ainsi que le « César des Lycéens », alors que, pour ce même film, la Belgo-FrançaiseVirginie Efira Schaerbeek/1977), lauréate, en 2020,  du « Bayard de la meilleure Interprétation », au « FIFF » (« Festival International du Film Francophone »),  à Namur, était nommée, à Paris, pour l’atribution du « César de la meilleure Actrice », elle qui avait remporté,  à Bruxellesdeux « Magritte du Cinéma », « de lameilleure Actrice », en 2016, et « du Public », en 2012.

Pour le « César de la meilleure Actrice »,deux Belges était nomméesEmilie DequenneBeloeil/1981) et Yolande Moreau Bruxelles/1953), cette dernière, pour « La bonne Epouse » (Martin Provost/Fra./2020/109’/ avec Juliette Binoche & Noémie Lvovsky/film lauréat, en 2021, du « César des meilleurs Costumes » {pour  Madeleine Fontaine}).

Soulignons que Yolande Moreau a déjà remporté trois « César », en 2009, « de la meilleure Actrice », pour           « Séraphine » (Martin Provost/Fra.-Bel./2008/125′), ainsi qu’en 2005, « de la meilleure Actrice »et, comme réalisatrice, « de la meilleure première Oeuvre de Fiction », pour « Quand la Mer monte » (Fra.-Bel./2004/93′), ce dernier film lui ayant permis de remporter, en 2004, le « Bayard d’Or de la meilleure Comédienne »au               « FIFF », à  Namur. Pour « Séraphine », elle avait remporté six autres « Prix de la meilleure Actrice », dont deux aux Etats-Unis, alors que pour « Camille redouble » (Noémie Lvovsky/Fra./2012/115′), en 2013, elle remporta, à Bruxelles, le« Magritte de la meilleure Actrice dans un second Rôle ».

Illustrant la richesse du cinéma belge, notons qu’étaient également nommés pour l’attribution d’un « César »un chef opérateurune costumière et un monteur du son.

*** Par contre, Emilie Dequenne, déjà nommée à quatre reprises aux « César »vient de remporter son premier « César », celui « de la meilleure Actrice dans un second Rôle », pour « Les Choses qu’on dit, les Choses qu’on fait » (Emmanuel Mouret/Fra./2020/122′), ce « César » étant le seul remporté par ce filmpar ailleurs  nommé à 13 reprisesun record égalé dans l’histoire des « César ».

© « Canal+ »/12 mars 2021

Synopsis« Daphné, enceinte de trois mois, est en vacances à la campagne avec son compagnon François. Il doit s’absenter pour son travail et elle se retrouve seule pour accueillir Maxime, son cousin qu’elle n’avait jamais rencontré. Pendant quatre jours, tandis qu’ils attendent le retour de François, Daphné et Maxime font petit à petit connaissance et se confient des récits de plus en plus intimes sur leurs histoires d’amour présentes et passées… »lcqd6pascal-chantier-et-moby-dick-films

Emilie Dequenne dans « Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait » © « Pyramide Distribution »

Critiques de la presse :

Par Fabienne Bradfer, pour « Le Soir » : « Récompense hautement méritée tant elle donne une ampleur à ce rôle de second plan en deux teintes. Elle y campe de manière bouleversante une quinqua trompée par son mari et qui va retrouver un bel épanouissement. »

Par Sophie Joubert, pour : « L’Humanité » : « Un film léger et cruel, porté par des acteurs épatants. »

Par Caroline Vié, pour « 20 Minutes » : « Les confidences de personnages au croisement de leurs vies sentimentales donnent toute sa puissance d’évocation au film ‘Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait’Camélia JordanaNiels Schneider, Vincent Macaigne et Emilie Dequenne y sont épatants. »

Par Nicolas Schaller, pour « Le Nouvel Observateur » : « Le refrain n’est pas neuf, il sonne comme au premier jour et invite à repenser le couple, revivifié par des acteurs au diapason que l’on n’attendait pas là, dont Camélia JordanaVincent Macaigne et Emilie Dequenne en état de grâce. »

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Emilie Dequenne dans « Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait » © « Pyramide Distribution »

S’il s’agit, ici, du premier « César » remporté parEmilie Dequenne (°Beloeil/1981), à près de 40 ans, soulignons que  découverte parJean-Pierre etLuc Dardenne, elle n’avait que 17 ans, quand en 1999, alors qu’elle venait de terminer ses humanités, elle était la brillante lauréate du « Prix d’Interprétation féminine »au 52è « Festival de Cannes », pour le film des deux réalisateurs belges« Rosetta »(Bel.-Fra./1999/95′), qui remporta la « Palme d’Or », à Cannes, recevant, la même année, le « Prix André-Cavens », décerné par l’« UCC » (« Union de la Critique de Cinéma »).

Emilie Dequenne dans Rosetta

E. Dardenne, 17 ans,« Prix d’Interprétation féminine » , à Cannes, dans le rôle-titre de « Rosetta »/1999

En 1989, elle suivait des cours de diction et de déclamation, à l’« Académie de Musique de Baudour ». Quatre ans plus tard, en 1993, âgée de douze ans, elle étudiait à l’« Atelier théâtral » de cette « Académie », rejoignant, dans le même temps, « La Relève »une troupe de théâtre amateur de Ladeuze-Chièvres.

C’est Emilie Dequenne qui leur a remis le prix.

L’actrice remettant le 12è « Prix Lumières », à Lyon, aux Frères Dardenne © S.P./« La Meuse »/2020

A Camille Choteau, pour « Gala », elle confiait, en 2015 : « Je ne me prends pas au sérieux… J’ai surtout tourné en France, mais les trois films qui ont marqué ma carrière sont réalisés par des Belges ! »

Emilie Dardenne « Magritte de la meilleure Actrice », pour « A perdre la Raison » (Joachim Lafosse)/2013

Ainsi, elle remporta, à Bruxelles, en 2013, lors de la 3è éditiondes « Magritte du Cinéma », présidée par Yolande Moreau, le « Magritte de la meilleure Actrice », pour « A perdre la Raison » (Bel./2012/111′), un film du  réalisateur belge Joachim Lafosse, son film remportant trois autres « Magritte », « du meilleur Film », « du meilleur Réalisateur » et « du meilleur Montage » (Sophie Vercruysse), ainsi qu’en 2012, le « Prix André-Cavens » de l’« UCC »  et le « Prix Ensor de la meilleure Coproduction », alors qu’elle-même était primée une seconde fois au « Festival de Cannes », recevant le « Prix d’Interprétation féminine », sans oublier qu’en 2013, elle était la lauréate, à Palm Springs, du « Prix FIPRESCI de la meilleure Actrice dans un film en Langue étrangère ».

Emilie Dardenne, dans « Pas son Genre » (Lucas Belvaux), « Magritte de la meilleure Actrice »/2015

Après les frères Dardenne et Joachim Lafosse, c’est un autre réalisateur belge, Lucas Belvaux, qui lui permit de compléter son palmarès personnel, grâce à « Pas son Genre » (Fra.-Bel./2014/111′), avec, en 2014, le « Swann d’Or de la meilleure Actrice » au « Festival du Film de Cabourg » et, en 2015, à Bruxelles, son 2è« Magritte de la meilleure Actrice », le filmquant à lui, remportant deux autres « Magritte », du « meilleur Scénario original »  (Lucas Belvaux) et « du meilleur Son » (Henri Morelle Luc Thomas), alors qu’à Cabourg, cette fiction avait reçut deux autres « Swann d’Or », « du meilleur Film » et du « meilleur Acteur » (Loïc Corbery).Description de cette image, également commentée ci-après

« Swann d’Or de la meilleure Actrice », pour « Pas son Genre », à Cabourg/© « Imagellan »/2014

A noter que, par la faute de la pandémie, le dernier film de Lucas Belvaux« Des Hommes » (Fra.-Bel./2020/100’/  avec Jean-Pierre DarroussinGérard Depardieu  Catherine Frot) attend toujours sa sortie en salles alors que, sélectionné pour le « Festival de Cannes » 2020, il a reçu le label « Cannes 2020 », étant retenu, en 2ème mondiale, le jeudi 03 septembre 2020, comme film d’ouverure du 3è « BRIFF » (« BRussels International Film d’Ouverture »).

Cette impatience de revoir des films en salles se retrouve dans la phrase de Nicole Gilletdéléguée générale du « FIFF » : « désir de partager le cinéma francophone, en vrai, en grand, enfin ! »

Mais revenons à Emilie Dardenne, qui confiait, en toute simplicité, en 2014, à Caroline Vié, pour « 20 Minutes » :    « Mon tout premier ‘Cannes’, c’éait pour ‘Rosetta’  et j’avais 17 ans. C’était la terreur, l’incompréhension, la folie, la joie immense. C’est un tourbillon. Je n’ai rien vu passer. Les frères n’avaient parlé de moi nulle part et j’ai découvert le film là-bas. Tout est allé si vite. On est arrivés et, trois jours plus tard, on repartait avec notre Prix. J’ai eu un condensé d’émotions que certaines personnes ressentent en une vie… Ce souvenir n’a été surpassé que par la montée des marches où mon futur mari m’a demandée en mariage alors que je venais présenter  ‘A perdre la Raison’. »

Emilie Dequenne sur le plateau de « C à vous la Suite » © « France 5″/« Ebene Magazine »/15 mars 2021

La simplicé dans ses propos, nous la retrouvons lorsqu’elle répondit à Anne -Elisabeth Lemoine, le 15 mars 2021, sur le plateau de « C à vous la Suite » :, l’animatrice lui demandant pourquoi eslle était absente, trois jours plus tôt, lors de la remise des « César », alors qu’elle était présente les quatre fois où elle avait été nommée, mais pas primée : « Sincèrement, les quatre fois avant,… je me suis toujours forcée d’aller à ce type de cérémonie. C’est un exercice auquel je n’aime guère participer. Et puis cette année je me suis dit : ‘Ça suffit, tu es assez vieille, tu as le droit de ne pas faire ce que tu ne veux pas.’ Je suis donc restée à la maison et j’ai apprécié la cérémonie ! »

Pointant du doigt son trophée, qu’elle avait apporté au studio TV, à la demande de ‘France 3’Emilie Dardenne  ajouta : «  Et honnêtement, je ne m’attendais pas à l’admettre, mais je l’admets. C’est un peu ringard, car j’aurais adoré, bien sûr, être avec l’équipe pour partager ce ‘César’ avec eux … Mais pour être honnête, j’ai eu beaucoup de plaisir à être à la maison, à être sur ‘FaceTime’, avec toute la famille. C’était très festif d’en faire l’expérience à la maison ! »

 

*** « César du meilleur Film d’Animation », une animation en coproduction avec la France et l’Espagne :

« Josep » (« Aurel » {Aurélien Froment}/Fra.-Esp.-Bel./2019/71’/avec la voix de Sergi Lopez)

Josep

« Josep «  (« Aurel ») © « Lumière »

Synopsis : « Février 1939. Submergé par le flot de Républicains fuyant la dictature franquiste, le gouvernement français les parque dans des camps. Deux hommes séparés par les barbelés vont se lier d’amitié. L’un est gendarme, l’autre est dessinateur. De Barcelone à New York, l’histoire vraie de Josep Bartolí (1910-1995), combattant   antifranquiste et artiste d’exception… »

Motivations du Jury :« Une somptueuse histoire de filiation, de transmission de la mémoire, un vrai film contre l’oubli historique où le dessin est un personnage à part entière. Bref, coup de foudre cinématographique et émotionnel pour ce film réalisé par ‘Aurel’, film beau et intelligent à la fois. »

« Josep «  (« Aurel ») © « Lumière »

A noter que ce film était sélectionné, en 2020, pour le « Festival de Cannes », avait déjà obtenu, en 2019, le « Prix du meilleur Réalisateur »au « Festival Seminci »à Valladolid, et le « Prix à la Diffusion », de la  « Fondation Gan pour le Cinéma », au « Festival international du Film d’Animation d’Annecy » ; en 2020, le  « Prix Louis Delluc du meilleur premier Film », l’ « Athéna du meilleur Scénario »  {pour Jean-Louis Milesi}, et le « Prix du Public », au « Festival international du film d’Athènes », le « Prix du meilleur Film d’Animation international »,  au « Festival internacional de Cine de Guadalajara »au Mexique, le « Prix du meilleur Réalisateur », au « Festival international de Valladolid », le « Prix du meilleur Film d’Animation », à l’« European Film Awards », à Berlin & le « Bayard spécial du Jury », au « FIFF »à Namur ; en 2021, le  « Prix ‘BeTV’ du meilleur Long-Métrage de la Sélection officielle »au « Festival Anima »à Ixelles, et deux  « Prix Lumières de la Presse étrangère » : « de la meilleure Musique » {pour Silvia  Pérez Cruz} et « du meilleur Film d’Animation »à Lyon.

« Josep «  (« Aurel ») © « Lumière »

Critiques de la Presse :

Par Christophe Caron, pour « La Voix du Nord » « ‘Aurel’ signe un magnifique et poignant film d’animation évoquant le destin de Josep Bartolí, dessinateur catalan ayant fui le régime de Franco (1892-1975), en 1939, et qui s’est retrouvé dans d’immondes camps de la honte, en France. »

Par Sophie Avon, pour « Sud-Ouest » : « Le film est splendide, non seulement parce qu’il prend le parti de la complexité jusque dans le trait, à la fois esquissé et ardent, mais aussi car il ressuscite une époque par le truchement d’une rencontre: celle d’un gamin d’aujourd’hui avec son grand-père. »
 
Par Guillemette Odicino, pour « Télérama »« De ce ‘Josep’, recommandé à tous les publics, beaucoup d’images resteront gravées, mais on en retient une en particulier : deux amis à la vie à la mort repeignant, en compagnie de Frida Kahlo (1907-1954), la façade d’une hacienda avec des couleurs éclatantes. Insolentes comme l’espoir. »
 
Par François Forestier, pour « Le Nouvel Observateur » : « Ce biopic inspiré d’événements authentiques est poignant, et la colère devant le traitement indigne que la République française a fait subir aux réfugiés n’est pas éteinte. Le crayon est une arme à tuer les fascistes, le film le démontre avec éclat. »
 
« Josep «  (« Aurel ») © « Lumière »
 
Par Thierry Chèze, pour « Première » : « Le résultat est un ravissement pour les yeux tout au long de ces 80 minutes incroyablement denses et pourtant d’une fluidité jamais prise en défaut. Un coup d’essai façon coup de maître. »
 
Par Stéphane Dreyfus, pour « La Croix » : « Un long-métrage animé, émouvant et singulier, qui fait œuvre de mémoire tout en rendant hommage à l’art graphique. »
 
Par Maddalen Riou, pour « aVoir-aLire.com » « Véritable héros du film, le dessin met en abîme les vocations partagées du réalisateur et de Josep Bartoli, dessinateur de presse et anti franquiste. Porté par une bande son envoûtante, ce premier long métrage d’ ‘Aurel’ est un bel hommage à l’art de la résistance. »
 
Par Thierry Méranger, pour « Les Cahiers du Cinéma » : « Radicalisant cette démarche jusque dans une séquence finale, émotionnellement troublante, où un croquis devient la pièce manquante d’un puzzle et trouve sa juste place au musée, l’enthousiasmant premier long métrage d’ ‘Aurel’, dessinateur de presse au ‘Monde’  et au ‘Canard enchainé’  , choisit délibérément la voie de la mise en abime et du dialogue intime. »
 
Ainsi donc, les Belges ont brillé, une fois encore, à l’occasion de la 46è édition des « Césars »… Puisse l’avenir nous réserver d’autres excellentes confirmations de nos talents cinématographiques, en espérant que nous pourrons, le plus rapidement possible, nous asseoir, à nouveau, dans nos différentes salles, sans qu’aucune d’elle ne soit amenée à se déclarer en faillite… Longue vie au Cinéma belge en salles !…
 
Yves Calbert.

 

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