Cinéma : « M. », « Bayard d’Or du meilleur Film », en Avant-Première, à Liège et à Namur

Ce mercredi I3 juin, à 20h, au « Caméo », à Namur, et à 20hI5, au « Churchill », à Liège, en avant-première, projection de « M. » (Yolande Zauberman/Fra.-Israël/20I8/I06’/« Bayard d’Or du meilleur Film », au « FIFF », à Namur, et « Prix spécial du Jury », au « Festival international du Film de Locarno »), la réalisatrice devant participer à une rencontre après la projection, à Liège, et présenter son film, avant qu’il ne soit projeté, à Namur, où les programmateurs du « Festival International du Film Francophone » nous dévoileront quelques informations sur l’édition 2019 de leur Festival, dont de nombreuses projections se dérouleront au « Caméo »..

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Synopsis : «‘M.’ , comme Menahem, enfant prodige à la voix d’or, abusé par des membres de sa communauté qui l’adulait. Quinze ans après il revient à la recherche des coupables, dans son quartier natal de Bnei Brak, sis dans la banlieue nord-est de Tel Aviv, ce quartier étant la capitale mondiale des Juifs ultra-orthodoxes… Mais c’est aussi le retour de ce comédien, trente ans plus tard, dans un monde qu’il a tant aimé, dans un chemin où la parole se libère… pour une réconciliation… » 

Notons que la réalistarice parisenne de « M. », Yolande Zauberman, fut primée au « Festival de Cannes » pour son premier long-métrage de fiction « Moi Ivan, toi Abraham » (Fra.-Biéorussie/I993/I05′), y recevant, en I993, le « Prix de la Jeunesse », ce film étant, aussi, le lauréat du « Grand-Prix » du « Festival de Moscou ».

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Critiques de la Presse, pour « M. » :

– par Jacky Goldberg, pour « Les Inrockuptibles » : « Un fascinant documentaire sur un homme israélien violé dans son enfance par des juifs intégristes. L’analyse précise et abrasive d’un système fondé sur le refoulement et l’oppression… »

– par Clément Deleschaud, pour « Les Fiches du Cinéma » : « Document frénétique sur un homme qui tente de se réimplanter dans un espace hostile, le film catalyse la fièvre de son témoin pour mieux la faire exploser, par la seule force du Verbe, dans l’enceinte d’une communauté impunie. Dérangeant, mais pas moins fascinant… »

– par Nicolas Schaller, pour « Le Nouvel Obsarvateur » : « Les confessions ahurissantes qu’enregistre la réalisatrice se passent de commentaires, lesquels sont parcimonieux et inspirés… »

– par Emily Barnett, pour « Marie-Claire »  : « À l’heure des scandales pédophiles, ‘M.’ nous révèle de manière poignante que la pédophilie n’est pas l’apanage de certains prêtres catholiques… »

– par Nicolas Bauche, pour « Positif » : « La force de ‘M.’ est de parvenir à retisser des liens filiaux grâce au procédé documentaire. D’enregistrer des images mais, bien au-delà, de reconstruire ce que la pédophilie et son tabou ont défait… »

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– par Pierre Vavasseur, pour « Le Parisien » :« C’est un peu la version hassidique du ‘Grâce à Dieu’ (Fra.-Bel./20I9/I37′, ndlr) de François Ozon... Si  ‘M.’ est aussi ahurissant qu’explosif, c’est aussi parce qu’au fil des confidences et des arguments livrés des religieux – visant à faire reposer tout ceci sur une logique tout à fait explicable, voire excusable -, certains dialogues laissent pantois. Ainsi un rabbin n’arrive pas à comprendre comment deux femmes peuvent s’aimer. Si l’homosexualité masculine lui est tout à fait envisageable, il ne parvient pas à se la représenter sur le plan féminin. ‘Les femmes n’ont pas de sexe !’… Une terrible vérité survient encore vers la fin du film, Menahem assurant ne plus savoir ce qu’est l’amour avec une femme, … (lui qui) chantait, mentalement, lorsqu’il était le jouet de ses prédateurs… »

– par Frédéric Strauss, pour « Télérama » : « Un documentaire puissant… »

– par la Rédaction d’ « Ouest France » : « Bouleversant !… »

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Menahem est un personnage haut en couleur, drôle, extraverti. Pourtant sous ses allures un brin délurées, on devine les cicatrices mal refermées. D’abord intimidé, il gagne peu à peu en assurance au contact de Yolande Zauberman. Cet être assoiffé de justice vient réclamer à sa communauté la reconnaissance de sa souffrance, l’obliger à entendre sa vérité d’enfant violé.

L’homme, progressivement nous épate, par sa liberté de ton, par son courage. La réalisatrice aussi, par la qualité de son attention, par sa douceur tranchante. L’un et l’autre non violents, malgré la rage rentrée, le venin qui les ronge. L’un et l’autre dignes, admirables. Ne cédant pas à la haine, ne refoulant pas la tendresse qui monte envers cette communauté malgré tout aimée. La caméra pénètre toujours plus profondément dans l’intimité de Menahem, respectueusement, sans la violenter. On s’étonne de découvrir ce microcosme masculin, tellement tactile, ses danses endiablées, très éloignées des clichés réchauffés qu’on peut s’en faire. Une parole jubilatoire, libératrice qui va en entraîner d’autres, réparer les vivants, du moins leur permettre de relever la tête pour conjurer la honte qui les empoisonne, briser les cercles vicieux qui les entravent. Laver les enfances souillées

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Yolande Zauberman et son « Prix spécial du Jury », au « Festival International du Film de Locarno »

La réalisatrice, Yolande Zauberman, le confie au début du film : « J’entre dans le monde de mes ancêtres à travers une blessure, celle de Menahem. »

Le monde de ses ancêtres ? Celui des hommes en noir, juifs, ultra-orthodoxes. Un monde effarant, qui n’ose pas regarder une femme dévêtue, où chaque moment d’intimité avec ces êtres impurs est enseveli dans la plus sombre obscurité.

Ce monde qui suffoque à force de ne pouvoir respirer, prêt à imploser à la moindre étincelle, c’est aussi celui de l’enfance de Menahem. Celui vers lequel le jeune homme retourne comme vers une impossible réconciliation. Il se souvient de la moiteur des bains, des ablutions entre hommes, soudain troublés, propulsés par un irrépressible tourbillon de sensualité, de désirs inavouables. Il se souvient de ces membres virils, comme aimantés par la chair fraîche, incapables de dominer leurs pulsions, trop forts pour être repoussés par un petit garçon…

… Un documentaire qui ne peut laisser indifférent ! …

Notons que ce film est programmé, en séances ordinaires, dans ces deux cinémas, tant à Liège qu’à Namur, jusqu’au mardi 02 juillet.

Site web : http://www.grignoux.be.

Yves Calbert, avec des extraits du site des « Grignoux ».

 

 

 

 

 

 

 

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