« Les Américains » de Robert Franck, au « Musée de la Photographie », jusqu’au 20 Janvier

 

Slide 4

(c) Robert Frank/ »MacGill Gallery »/ »Maison Européenne de la Photographie »

Robert Frank (°Zurich/1924), figure incontournable de la « Street Photography », l’un des photographes les plus influents du XXe siècle, présente, au « Musée de la Photographie » de Mont-sur-Marchienne, des images extraites de son livre « Les Américains », publié en 1958, en France, chez Robert Delpire, « Life Magazine » ayant refusé de l’éditer aux Etats-Unis. Un an plus tard, , « Groove Press » le publie en anglais.

Sollicitant, avec succès, une bourse de la « Guggenheim Foundation », il écrivait : « Je désire réaliser un document contemporain authentique, dont l’impact visuel soit tel qu’il se passe d’un quelconque commentaire ».

Robert Frank, The Americans

« Ranch Market »/Hollywood (c) Robert Frank/ »MacGill Gallery »/ »Maison Européenne de la Photographie »

D’avril 1955 à juin 1956, avec son épouse et ses enfants, Robert Frank, au volant de sa « Ford » d’occasion, équipé de son « Leica », logeant dans de petits hôtels, traverse trente états américains, se laissant porter aux hasards de la route, des rencontres et des événements, réalise quelques 27.000 clichés, desquels 83 furent retenus pour la publication de son livre, illustrant, avec brio, la quintessence de la culture américaine.

Robert Frank, The Americans

« Drug Store »/Détroit (c) Robert Frank/ »MacGill Gallery »/ »Maison Européenne de la Photographie »

Il s’agit là d’un authentique reflet d’une société  telle qu’elle se présente à lui, avec ses fragments de vie, ses tensions sociales, ses désordres du quotidien, ses moments plus légers, voire son vide existentiel…

Robert Frank, The AmericansCafe/Beaufort (c) Robert Frank/ »MacGill Gallery »/ »Maison Européenne de la Photographie »

Aux Etats-Unis, les photos de cet ouvrage, bien éloignées des clichés traditionnels du « rêve américain », font face à une profonde hostilité, étant taxées d’antiaméricanisme. , vu qu’elles dévoilent la pauvreté et le racisme, de  nombreuses photographies dévoilant la vie modeste d’Américains de race noire

Ainsi, le critique d’art américain Bruce Downes ira même jusqu’à parler « d’images de haine et de désespoir, de désolation et de relation avec la mort ».

les américains 1.jpg

« Funeral »/St.-Helena (c) Robert Frank/ »MacGill Gallery »/ »Maison Européenne de la Photographie »

Signalons qu’en 2018, les Editions « Delpire »  ont ré-édité ce livre , en français, ce dernieri demeurant un ouvrage culte de l’histoire de la photographie, au point que l’on peut écrire qu’il y a une photographie avant et une photographie après  « Les Américains ».

Hors, cet Américain, des suites de la guerre en Europe, sa famille étant juive, quitta son pays natal, la Suisse, en 1947, se lançant, à 23 ans, aux Etats-Unis, dans la photographie de mode, pour « Look », « Fortune » et … « Life » .

Robert Frank, The Americans

« Men’s Room »/Memphis (c) Robert Frank/ »MacGill Gallery »/ »Maison Européenne de la Photographie »

Travaillant aux Etats-Unis, Robert Frank déclara : « Nous sommes libres. J’aime beaucoup de pouvoir bouger, prendre un train, voyager. »

Ainsi, il voyagea en Amérique du Sud, en Espagne, en Royaume Uni , sans oublier de passer par Paris. Devenu un photographe de renom, dans les années ’50 et ’60, il devint réalisateur de films expérimentaux, avant de revenir, dans les années ’70, à la photographie.

« Parade »/Hoboken (c) Robert Frank/ »MacGill Gallery »/ »Maison Européenne de la Photographie »

Citons quelquesautres propos de Robert Frank : « À travers les États-Unis, j’ai photographié avec cette idée en tête : présenter les Américains tels qu’ils vivent actuellement. Leur quotidien et leurs dimanches, leur réalité et leurs rêves. L’apparence de leurs villes, communes et autoroutes… Quand les gens regardent mes photos, je veux  qu’ils se sentent aussi bien que lorsqu’ils lisent,à deux reprises, une ligne d’un poème… J’aime tourner au coin d’une rue, parce qu’il y a toujours quelque chose à découvrir de l’autre côté, rendant la vie intéressante, si vous êtes curieux… L’oeil devrait apprendre à écouter avant de regarder… »

« Rodeo »/New York City (c) Robert Frank/ »MacGill Gallery »/ »Maison Européenne de la Photographie »

Reconnu pour son travail, il est le lauréat, en 1985, du « Prix Erich-Salomon », en 1965, du « Prix international de la Fondation Hasselblad », et, en 2014, d’une mention spéciale du « Prix Haftmann ».

 

Robert Frank

En 1997, sa série « Les Américains » est exposée à la « Maison Européenne de la Photographie », à Paris, avant qu’une exposition rétrospective, lui soit consacrée, en 2004, à la « Tate Modern », à Londres.

Notons que toute visite au « Musée de la Photographie » permet de découvrir quatre autres expositions temporaires :

« Memymom » (c) Marilène Coolens

– « Memymom », des photos mettant en scène Lisa De Boeck, vue par sa mère, Marilène Coolens, des cinq ans de sa fille, jusqu’à sa série, de 2016-2018, « Somewhere Under The Rainbow », qui évoque dans des décors, à l’étranger et à Bruxelles, l’ambiance de films non spécifiquement désignés ;

 « Face to Face » (c) Manfred Jade

– « Face to Face », des portraits, en noir et blanc, rigoureusement cadrés, de femmes et d’hommes de 15 à 25 ans, réalisés par Manfred Jade, à Cuba, en France, au Vietnam et en Belgique ;

– à la« Galerie du Soir », des clichés réalisés par Anneke D’Hollander ;

« Libre maintenant »à l’étage, sur l’écran de la « Boîte noire », offerte au travail de Pierre Liebaert.

N’hésitons donc pas à nous rendre dans ce superbe Musée, installé dans un ancien carmel néogothique, qui, agrandi par un batiment moderne, serait, aujourd’hui, en Europe, le plus vaste musée consacré à l’image photographique.

… Et pourquoi ne pas venir avec nos enfants, afin de les sensibiliser, tantôt à l’art de la photographie, tantôt la civilisation américaine d’il y a 60 ans.

« Musée de la Photographie » (c)  » Visit Hainaut »

Ouverture : du mardi au dimanche, de 10h à 18h. Prix d’entrée pour les cinq expositions temporaires et l’accès aux collections permanentes) : 7€ (5€ pour les seniors et membres de groupes, à partir de 10 personnes / 4€ pour les demandeurs d’emploi et les étudiants / 1€25 pour les « Article 27 » / 0€ pour les moins de 12 ans). Livre « Les Américains » : 35€ (Ed. « Delpire »/180 p./édition 2018/6,5 x 20 cm). Site web : http://www.museephoto.be.

Quant aux prochaines expositions temporaires, elles sont programmées du vendredi 25 janvier au dimanche 12 mai.

Yves Calbert.

 

 

.

 

 

 

 

 

Publicités

Répondre

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s