Ancestors and Rituals, à Bozar

(c) « Arkadius »/ »National Museum of Indonesia »

Depuis 1969, “Europalia” nous permet de découvrir, en Belgique, mais, désormais aussi, dans d’autres pays européens (Allemagne, France, Pays-Bas et Pologne) les arts et les cultures des pays membres de l’ “Union Européenne”, … mais aussi de contrées nettement plus lointaines, comme c’est le cas pour cette saison 2017-2018, avec l’Indonésie, jusqu’au 21 janvier, après avoir accueilli la Turquie, en 2015 ; l’Inde, en 2013 ; le Brésil en 2011 ; la Chine, en 2009 ; …

Selon sa philosophie, ce festival “Europalia”, organisé tous les deux ans, nous invite à découvrir de nouvelles perspectives, sur l’ “autre” et sur soi-même, à travers les arts et les cultures, assurant le succès du projet européen, qui ne peut être, sans prendre en compte les différentes cultures européennes et mondiales

A noter, qu’il ne nous reste que moins d’une semaine, jusq’au 14 janvier inclus, pour (re)voir, au “Palais des Beaux-Arts” (“Bozar”) de Bruxelles, l’une des trois principales expositions d’ “Europalia Indonesia”, à savoir “Ancestors & Rituals” (“Ancêtres & Rituels”).

Si pour certains ce thème peut paraître étrange, il convient de savoir que de Sumatra à la Papouasie, en passant par Bornéo, Java, Sulawesi, les îles de la Sonde et les Moluques les ancêtres ont joué et jouent souvent encore un rôle de premier plan en Indonésie.

(c) « Europala Indonesia »

Cette exposition est une introduction captivante à ce pays constitué de quelques 17.508 îles (quoique d’autres chiffres sont avancés, allant jusqu’à 18.307 îles), 8.844 ayant un nom et 992 étant habitées, 726 langues et dialectes étant toujours utilisés (recensés en 2009), alors que plus de 300 groupes ethniques peuplent le plus grand pays musulman au monde, où cinq autres religions sont officiellement reconnues, l’hindouisme étant pratiqué par 80% des Balinais (l’ “agama hindou dharma”, intègrant des éléments bouddhiques, animistes et … du culte des ancêtres).

… Un culte des ancêtres bien présent partout en Indonésie, quelque soit la religion des habitants, leurs représentations reflètant avec force et poésie l’énorme diversité du pays. Ainsi, sur l’île de Sulawesi, les Torajas, essentiellement chrétiens, déterrent régulièrement leurs morts pour les laver, les revêtir et parader avec eux, chaque défunt étant représenté par une statue en bois, telles celles reprises sur l’affiche de cette particulièrement intéressante exposition, constituant une introduction captivante à l’Indonésie

Concernant ces Torajas, une vidéo nous montre l’importance des funérailles, parfois organisées plus d’un an après le décès, le temps de réunir l’argent nécessaire, deux à trois cent buffles pouvant être sacrifiés à cette occasion, les participants allant jusqu’à boire leur sang

Ces surprenants rituels funéraires, accomplis en différentes phases, permettent aux défunts d’accéder au statut d’ancêtres, leurs héritiers ne ménageant ni leurs efforts, ni leurs finances pour les accompagner vers les mondes supérieurs, préservant ainsi l’équilibre et l’harmonie de la communauté.

Qu’ils soient généalogiques ou mythiques, les ancêtres remplissent trois fonctions cruciales ayant trait au passé, au présent et au futur. Ils relient les vivants à leur passé, leur permettant de revendiquer une place au sein d’une lignée et de définir ainsi leur statut et position sociale. Ils sont ensuite garants de l’équilibre de la société, assurant par leur soutien et protection un présent harmonieux. Source de fertilité, ils préservent le futur des peuples et cultures.

(c) « Arkadius »/ »National Museum of Indonesia »

160 trésors archéologiques et ethnographiques, prêtés, essentiellement, par le “Musée National” de Jakarta nous sont présentés pour la première fois, mis en contexte grâce à des documents iconographiques uniques et des interviews que nous relatent différents écrans vidéo.

La majeure partie des cultures de l’archipel trouvent leurs racines dans la culture austronésienne, apportée par des peuples migrateurs, qui partirent de Taiwan, il y a plus de 5.000 ans. Ainsi, dès la première salle, nous trouvons différentes oeuvres en bronze, originaires de la culture Dong Son, du nord du Vietnam.

Souvent, c’est le commerce qui fut à l’origine de ces échanges. Ainsi, aux 5ème et 6ème  siècles, des marchands et des moines indiens, ainsi que des étudiants revenant de leurs voyages, introduisirent le bouddhisme et l’hindouisme sur les îles de Sumatra et Java, les célèbres temples de Borobudur, dédié à Bouddha, et de Prambanan, dédié à Shiva, témoignant de l’importance que ces deux religions gagnèrent rapidement sur le territoire indonésien.

C’est ce même commerce qui apporta les premiers visiteurs venant de Chine et, dès le 7èmesiècle, du Moyen-Orient, ces  derniers introduisant l’islam en Indonésie, cette religion ne prenant son véritable essor qu’au 13ème  siècle. Plus tard encore, ce sont les colons  portugais, suivis des hollandais, qui arrivèrent sur l’archipel, à la recherche de précieuses épices, imposant, respectivement, le catholicisme et le protestantisme.

Ouverture : du mardi au dimanche, de 10h à 18h, le jeudi jusqu’à 21h. Prix d’entrée : 15€ (13€ pour les  + de 65 ans et membres de groupes de 10  personnes minimum // 08€ de 12 à 25 ans, mais 4€, le mercredi // 4€ de 6 à 12 ans // 1€ pour les enfants, membres d’un groupe scolaire // 0€ jusqu’à 5 ans inclus // 26€ par adulte, en prix combiné avec l’autre exposition de “Bozar”“Power and other Things” // prix d’entrée réduits incluant le transport par trains, à demander à la “SNCB”, ceux-ci dépendant de la distance parcourue. Site web : http://www.europalia.eu.

Et pour compléter notre connaissance de l’Indonésie, outre la seconde exposition présente à “Bozar”“Power and other Things”, ne manquons pas de visiter, à Liège, au “Musée de la Boverie” : “Archipel, les Royaumes de la Mer”, ces deux expositions étant ouvertes jusqu’au 21 janvier. A Liège, également, au “Grand Curtius”, jusqu’au 14 janvier, « Danses en Indonésie/Magnum Photos », pour la première fois réunies en une même exposition, de superbes photographies, en noir-et-blanc et en couleurs, d’Henri Cartier-Bresson (Fra./1908-2004) et George Rodger (U.K./1908-1995), tous deux co-fondateurs de l’ “Agence Magnum”, ainsi que de Burt Glinn (U.S.A./1925-2008), ancien président de cette même “Agence Magnum”, qui, en 2017, fêtait son 70ème anniversaire.

A découvrir, également, jusqu’au 11 mars : “Dieux de cuir, Héros de Bois”, au “Musée international du Carnaval et du Masque”, à Binche. Notre pays étant reconnu pour son importante production de bandes dessinées, notons encore, jusqu’au 21 janvier : “Comics in Indonesia(1929-2017) – Equatorial Imagination”, à la “Bibliotheca Wittockiana”, à Woluwe St.-Pierre, une occasion de découvrir la BD indonésienne, dès 1929, l’année où “Hergé” (Georges Remi/1907-1983) créa “Tintin”

Yves Calbert.

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