Nouveau »Caméo », à Namur, Ville du Cinéma

(c) "Belga"

(c) « Belga »

Contraint à la fermeture, le 31 mai 2002 (après quelques soucis administratifs, qui durèrent plus que prévu, et un chantier de rénovation, qui débuta en août 2014) de ce bel exemple de bâtiment « art déco », ce samedi 05 mars 2016, Namur, Ville du Cinéma, fêtait l’inauguration, tant attendue, des 5 salles (de 350, 175, 92, 59 et 49 places, pour un total de 725 sièges) du nouveau « Caméo », au sein du quartier de la rue des Carmes, à deux pas de la gare ferroviaire.

Le bâtiment avait été acheté, par la famille De Lange, en 1932, ces acquéreurs étant exploitants de salles de cinéma depuis 1910. Le 09 mai 1934, l’intérieur ayant été transformé en salle de spectacle, avec balcon, pouvant accueillir 1.000 personnes, le « Caméo » ouvrait ses portes au public namurois. Repris par Pierre Mahieu, en 1941, fort malheureusement occupé par les Nazis durant la seconde guerre mondiale, le « Caméo » fut ré-ouvert en 1945, faisant la part belle aux films réalisés par nos libérateurs.

 

A l’avènement de la télévision, dès 1952, la sprl « Caméo » perdait 60% de sa clientèle, mais s’offrait, néanmoins, une salle comble, lors de la venue sur scène de chanteurs aussi connus que Georges Brassens, Jacques Brel, …

C’est au début des années ’70 que Pierre Mahieu décida de transformer son cinéma en l’un des premiers complexes multisalles du Royaume, ouvrant 2 nouvelles salles de 300 et 100 sièges, la grande salle, ayant perdu son balcon, ne pouvant plus accueillir que 600 spectateurs. Suite à l’achat d’une maison voisine, 3 nouvelles salles furent ajoutées en 1983.

La fréquentation étant en baisse, notamment des suites de l’ouverture des 12 salles de l’ « Acinapolis », de l’autre côté de la Meuse, à Jambes-Namur, le « Caméo » ferme ses portes le 11 avril 2006, la Ville, quelques mois plus tôt, ayant racheté le bâtiment (1.500.000€). Ré-ouvert, sous le nom de « Caméo 2 », le 22 août 2007, ses 6 salles proposaient, désormais, une intéressante programmation « art et essai », gérée par l’asbl locale « Les 400 Coups », qui se prolongea, sous la conduite de l’asbl liégeoise « Les Grignoux », en « Caméo Nomade » – suite à la fermeture du bâtiment de la rue des Carmes, il y a près de 4 ans – dans 2 autres salles namuroises, celle de la « Maison de la Culture de la Province de Namur » (qui, pour raisons d’importantes restaurations, fermera à son tour, dès le 1er juillet 2016) et celle du « Quai 22 », propriété de l’ « Université de Namur ». Notons, au passage, que « Les Grignoux » ont contribué à l’effort financier, à raison de 1.300.000€, pour l’équipement des salles et la création de son « Caféo », un espace « HoReCa » devant ouvrir prochainement, à l’intérieur même du complexe.

(c) "Kroll"

(c) « Kroll »

Comme l’exposait l’Echevin de la Régie foncière, Arnaud Gavroy, lors de la partie protocolaire de l’inauguration officielle: « le budget de 9.300.00€ utilisé pour la rénovation du site se justifie amplement pour différentes raisons: « rénover plutôt que démolir un bâtiment des années ’30 représentatif de son quartier et de l’histoire du cinéma, clarifier les flux internes en séparant les cinéphiles entrant de ceux quittant le cinéma, rendre accessible toutes les salles aux personnes à mobilité réduite par l’ajout d’un ascenseur,  permettre de meilleures performances énergétiques et créer un espace d’accueil plus grand et plus confortable qu’auparavant, mettre en conformité les sorties de secours de la grande salle et l’acoustique des différentes salles par le doublage des cloisons, sols et plafonds ».

Souriant, il ajoutait: « Cet après-midi, tous les Namurois sont invités gracieusement à nous rejoindre, alors que lors de l’inauguration de 1934, chacun devait s’acquitter d’un droit d’entrée (5 francs belges ou 0€12, pour les actualités, 2 courts métrages – un dessin animé et un documentaire – précédant le long métrage, … une autre époque, tant pour le prix d’entrée que pour la densité de la programmation en une seule séance, ndlr), cet argent étant récolté pour aider au financement du mémorial dédié au Roi Albert 1er, décédé accidentellement à Marche-les-Dames quelques semaines plus tôt ».

Ensuite, la Ministre communautaire de la Culture,  Joëlle Milquet, étant excusée, c’est la directrice du « Centre du Cinéma de la Fédération Wallonie-Bruxelles », Jeanne Brunfaut, qui prit la parole, précédant le Bourgmestre en titre et Ministre régional, Maxime Prévot, l’ancien directeur du « Caméo », Jean-Pierre Tilman, Anne de Gand, qui était Echevine de la Culture à l’aube du projet, et Pierre Heldenberg, administrateur des « Grignoux », l’association qui fut retenue par le Conseil communal de Namur, pour gérer le « Caméo », au vu de son expérience dans la gestion de trois cinémas liégeois: « Le Parc », « Churchill » et « Sauvenière ».

Quant à Eliane Tillieux, en sa qualité de Ministre régionale de l’Emploi et de la Formation, elle ne pouvait que se réjouir des 46 emplois ainsi créés. Soulignant que le Gouvernement wallon avait soutenu ce projet, via des aides à l’emploi, elle ajoutait:  » Cette offre culturelle et sociale est un levier pour la re-dynamisation du nord de la Ville. La Culture émancipe. Plus encore,  éclaire et change les idées. Elle déplace les frontières et redéfinit l’homme. Dans la période trouble que l’on connait, dans cette crise humanitaire, …, seule la Culture est apte à faire bouger les frontières, y compris les plus difficiles: celles des préjugés. Quand on a demandé à Winston Churchill de couper dans le budget des arts pour l’effort de guerre, il a répondu : « Alors pourquoi nous battons-nous? … (Que « Les Grignoux », le nouvel opérateur, et le « Caméo ») nous inondent de bonheurs, de rêves, d’envies. La Culture se mange sans faim, f.a.i.m., sans fin, f.i.n., et ce n’est qu’un commencement. Nous ne sommes qu’au générique de début d’un très beau film, d’une belle histoire… ».

L’Echevine de la Culture, Cécile Crefcoeur, quant à elle tint à citer Sydney Pollack« D’une certaine manière, toutes les formes d’art sont impliquées dans un film », poursuivant: « la renaissance d’un lieu de convergence et de découvertes artistiques m’enthousiasme au plus haut point… Je me réjouis de la venue de cet outil polyvalent et catalyseur d’arts de l’écran … (au sein de cet) écrin majestueux qui a été concocté pour accueillir comme il se doit « Les Grignoux », ou, plutôt, la coopérative « Le Grognon » (du nom d’un ancien quartier, transformé en parking, au confluent, ndlr), dans sa version namuroise. L’objectif du lieu est clair: promouvoir le cinéma d’art et d’essai auprès de tous les publics, mais aussi de toutes les pratiques artistiques liées aux nouvelles technologies, à la projection, aux écrans et au visuel en général. Miser sur le cinéma d’ « art et d’essai » au centre-ville, c’est miser sur la Culture en général, en agissant en termes de développement socio-économique… (trouvant sa place) dans les grands événements de la Ville, à commencer par le « FIFF » (« Festival International du Film Francophone », ndlr), mais aussi dans les tissus scolaires, académiques  et associatifs… Bénéficier d’un tel complexe cinématographique, c’est finalement se donner une chance de programmer des films issus du monde entier. Une aubaine en termes de cohésion sociale et d’intégration, mais aussi en termes de formation et d’éducation à l’image… Place au Cinéma ».

Caméo Mr. Hublot

Ainsi, dès l’ouverture du 05 mars, l’on pu assister à la projection de « Mr. Hublot » (A. Espigares & L. Witz/Fra.-Lux./2013 / 11′), « Oscar du meilleur Court-Métrage d’Animation », à Hollywood, en 2014, le personnage-titre ayant été sculpté par  Stéphane Halleux, la musique originale étant de sa compagne, Sylvie Botton, tous deux ayant été élus « Namurois de l’Année » en « Création artistique », ainsi que différents courts métrages réalisés, à Namur, par des étudiants de la « Haute Ecole Albert Jacquard », issus d’une section les formant aux techniques graphiques pour les films d’animation en 2D et en 3D.

Ce jour là, Pierre Heldenberg et son équipe enregistrèrent pas moins de 70 abonnements, une petite centaine de cartes de membres étant acquises par les visiteurs, quelque 2.000 personnes ayant participé à cette fête d’ouverture… Et l’administrateur des « Grignoux », heureux, de nous confier: « L’objectif que les Namurois s’approprient le bâtiment est atteint. Les gens sont heureux de découvrir le bâtiment. C’était formidable »!

Quant à l’exploitation continue, elle débuta le 09 mars, avec 13 films à l’affiche, pas moins de 38 films étant proposés jusqu’au 12 avril, dont, à cette dernière date, à 20h., l’avant-première de « Tempête » (Samuel Collardey/Fra./2015/89′), film ayant  remporté 2 « Bayard d’Or », au « FIFF », ceux du « Meilleur Comédien », pour Dominique Leborneet du « Meilleur Film ».

Synopsis: « A 36 ans, Dom est marin pêcheur en haute mer et ne rentre que quelques jours par mois à terre. En dépit de ses longues absences, il a la garde de ses deux enfants. Dom fait tout pour être un père à la hauteur. Il rêve même d’avoir sa propre affaire, un petit bateau de pêche à la journée qu’il exploiterait avec son fils. Assez grands pour s’assumer, Mailys et Mattéo n’en sont pas moins deux adolescents qui font leurs propres expériences. L’une d’elles, malheureuse, va forcer Dom à faire un choix entre son métier au grand large et sa vie de famille ».

"Tempête"

« Tempête »

Grâce à une autre collaboration avec le « FIFF », le mercredi 27 avril, à 15h., projection d’ « A peine j’ouvre les Yeux » (Leyla Bouzid/Tun.-Fra.-Bel./2015/102′) , « Bayard d’Or de la 1ère Oeuvre de Fiction », en présence de l’actrice Ghalia Benali.

Notons encore, cette semaine, l’excellent film belge « Keeper » (Guillaume Senez/Bel.-Fra.-Sui./2015/96’/où quand 2 jeunes doivent faire face à la problématique de devenir parents à … 15 ans), « Prix de la Critique » du 30ème « FIFF ». Entre autres événements, le mercredi 20 avril, à 20h.15, dans le cycle « La lutte sociale n’est pas morte »: « Oser la Grêve sous l’Occupation », une rencontre avec les réalisatrices, Dominique Dreyfus et Marie-Jo Pareja, suivant la projection de ce documentaire. Pour la programmation complète, les synopsis et les tarifs, consultez http://www.lecameo.be.

Choisissez votre film et venez découvrir, dans les meilleures conditions de vision et d’écoute, la métamorphose de cet accueillant cinéma, parfaitement remis à neuf, tout en ayant conservé le charme « art déco » de sa façade, sans oublier que, du 30 septembre au 07 octobre, il accueillera la 31ème édition du « FIFF », l’occasion rêvée de rencontrer, à Namur, de nombreux acteurs et réalisateurs de films francophones.

Caméo-Grignoux Affiche

… En attendant, si vous voulez en connaître davantage sur les coulisses des travaux de rénovation du « Caméo », ne manquez pas, jusqu’au 03 mai, de visiter l’exposition « Un Cinéma dans les Jardins des Carmes », au « Pavillon de l’Aménagement urbain », situé au sein de la « Maison des Citoyens ».

Yves Calbert.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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