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Le RWDM, gardien de l’identité bruxelloise. #sports #football #molenbeek

RWDM
C’est un trou de verdure dans une commune dont certains rejetons ont fait ruisseler des rivières de sang.  Sur la pelouse du stade Machtens, à Molenbeek-Saint-Jean, les vingt-deux acteurs s’agitent dans un froid hivernal que viennent rompre les chants nourris des supporters du RWDM. Entre 2000 et 3000 personnes sont là pour montrer leur attachement à un club qui avait disparu des tablettes en 2003 et qui, grâce à la foi de Thierry Dailly et d’une équipe de passionnés, a pu renaître de ses cendres douze ans après sa disparition.
Fatalement, au regard des événements récents, se rendre au foot à Molenbeek est une façon d’affirmer, ou de réaffirmer, une identité balafrée. Et pour cause : de Sidney à Chicago, du Groenland à l’Antarctique, la commune bruxelloise est désormais mondialement connue et traîne une (très) mauvaise réputation depuis que des terroristes issus de son territoire exigu ont commis leurs méfaits. A l’extérieur de l’enceinte, un large cordon policier et des fouilles n’ayant rien à envier à celles que l’on connaît lors des matches à hauts risques ramènent à la triste réalité.
A l’intérieur du « temple », sobriquet affectueux dont les supporters molenbeekois affublent leur stade, dans le bas du bloc A plus précisément, les ultras du Brussels Power agitent leurs drapeaux, vident des godets de bière, tambourinent et lancent des chants à la cantonade. Plus haut dans les gradins, les plus anciens des Brussels Boys suivent avec une ardeur sur laquelle le poids des ans semble ne guère avoir d’emprise. Les « Molenbeek Brussels Army » tournent en boucle et résonnent, comme au bon vieux temps, celui de la division 1, dans le stade Edmond Machtens.
Dans la tribune d’honneur, la sémillante bourgmestre libérale de la commune Françoise Schepmans semble prendre un plaisir grandissant à se rendre au stade et à se perdre dans le « RWDM Village » qui anime les avant-matchs. On a même déjà vu Françoise Schepmans, écharpe noir, blanc, rouge, aux couleurs du club, autour du cou, pousser la chansonnette sur l’air d’un Viva Espana assaisonné à la sauce molenbeekoise. La trop longue ère au cours de laquelle le socialiste Philippe Moureaux régnait sur la commune semble définitivement révolue, même s’il en reste de nombreux stigmates que les années devront effacer.
Manier la zwanze, forme d’humour typiquement bruxelloise, faite d’exagération et de gouaille, dans un sabir mélangeant français et néerlandais, est la condition sine qua non pour apprécier le spectacle en tribune. Le Stade Edmond Machtens, du nom d’un ancien bourgmestre, reflète d’ailleurs peu la sociologie actuelle de l’entité : parmi les supporters du RWDM, beaucoup sont « Bruxellois d’origine » et très peu sont issus de l’immigration.
Sur le terrain, on est loin du niveau de Boskamp, Bjerre et Teugels qui avaient décroché le titre de champion de Belgique en 1975, mais qu’importe : le club aux « quatre lettres magiques » joue désormais en promotion, la quatrième division du football belge. Ce sont désormais Nollevaux, Kempeneer et autres Onwuekelu qui sont chargés d’engranger des résultats qui tardent à suivre. Ce dimanche, face au Léopold, club d’Uccle la cossue, le RWDM n’a pas fait le poids : un triste 0-2, avec davantage d’approximations que d’engagement, de quoi mécontenter les supporters qui commencent à réclamer la tête de l’entraîneur, le sympathique Dany Ost.
La dernière victoire remonte au début du mois de janvier, lorsque le RWDM s’en est allé gagner sur le terrain de l’Union Saint-Gilloise en match amical. Le derby tant attendu avait fait revivre, l’espace d’un après-midi, les querelles picochrolines entre partisans de l’Union et du Daring, entre Bossemans et Coppenolle, héros du folklore bruxellois. De Bruxelles, le club molenbeekois est celui qui a su le mieux incarner l’identité. Tandis que le Sporting d’Anderlecht a rapidement troqué son identité communale au profit d’une ambition nationale et que l’Union Saint-Gilloise reste cantonné à sa commune et ses alentours, le Racing White Daring Molenbeek, fruit d’une fusion entre le Royal Racing White, lui-même issu du Royal White Star Athletic Club, et du Royal Daring Club de Molenbeek, a su marier quartiers populaires et huppés et attirer des supporters de toutes classes sociales. Assurément, le RWDM est le gardien des valeurs bruxelloises.
Grégory VAN DEN BRUEL
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