Stéphane Halleux, à la « Galerie du Beffroi » (Namur). #art #wallonie

     Après avoir conquis Hollywood qui révéla l’une de ses sympathiques créations, un certain « Mr. Hublot », « Oscar du meilleur Court Métrage d’Animation » 2014 et lauréat d’une vingtaine d’autres prix (film réalisé par Alexandre Espigares & Laurent Witz), Stéphane Halleux (°Chênée/1972), citoyen d’Hamois, revient dans sa belle Province de Namur, afin d’exposer ses sculptures à la « Galerie du Beffroi », jusqu’au 26 mai, avant de les présenter à Knokke, fin août 2015. 
     … Des sculptures – en fait, d’amusants personnages réalisés à partir d’objets récupérés chez des antiquaires ou dans des brocantes – qui ont déjà beaucoup voyagé, d’Amsterdam à San Diego, d’Oxford à la Suisse, du Luxembourg aux Pays-Bas, en passant par Berlin et Paris (Place Vendôme, avec un vernissage organisé au 1er étage de la « Tour Eiffel »), avant de nous être, enfin, proposées à Namur, leur créateur, Stéphane Halleux ayant été proclamé – avec sa compagne, Sylvie Botton, auteure et interprète des chansons de « Mr. Hublot » – « Namurois de l’Année », en création artistique, par le magazine « Confluent », après avoir été, également, reconnu comme « Ambassadeur culturel de la Province de Namur » et avoir reçu le titre d’ « Officier du Mérite wallon »
   Halleux Beffroi 5
     Le vendredi 07 mars 2014, à « Flagey », dans le cadre du festival « Anima », lors d’une réception offerte en son honneur, après la projection de « Mr. Hublot », Stéphane Halleux, félicité par Fadila Lanaan, alors Ministre régionale de la Culture, déclarait: « Une expérience inoubliable! Difficile de prendre du recul! Nous avons été emporté par un tourbillon à vivre au premier degré! Et dire que nous l’avons emporté face à un court métrage (« Get a Horse », ndlr) des studios Disney, dont le budget atteignait plusieurs millions de Dollars! Et que dire de mon retour chez moi, les villageois m’ayant réservé, à ma grande surprise, un chaleureux accueil, avec force banderoles! » … Un accueil à l’américaine, en quelque sorte! …
     … Quatorze mois plus tard, lors du vernissage de la présente exposition, c’est l’Echevine de la Culture, Cécile Crefcoeur, qui l’accueillait à la namuroise, en toute simplicité: « Stéphane est un homme discret, rêveur et ingénieux, tout autant que ses personnages… (qui) ne sont pas vraiment des super héros. A l’image de « Batman », ils tiennent leurs super pouvoirs de leurs accessoires: valise de traitements radicaux contre les maux d’estomac, …, fusil canne-à-pêche du soldat, … Mélange d’accessoires et d’émotions, chaque sculpture devient un concentré de paradoxes et de tendres névroses… Comme un enfant avec des jouets, il lui invente une histoire, une personnalité, des traits de caractère. Un morceau de veste en cuir lui confère un petit côté aventure, un interrupteur de tableau de bord d’une voiture anglaise distille le flegme britannique… Affranchi des codes de l’art contemporain, (il) revendique le droit de ne pas se prendre au sérieux pour rester à l’écoute de ses pulsions »… Et, avec Stéphane, en admirant un de ses personnages, représentant un fonctionnaire enfilant son casque à hélice, partons en volant dans des contrées imaginaires! Comme l’artiste, laissons nous emporter par nos rêves! …
Halleux Beffroi 6
     Ecoutons ce qu’il nous disait le 07 mai dernier: « Depuis 10 ans, je vis de mon travail créatif. Généralement, il me faut 15 j. pour réaliser une sculpture, à raison de 8h. par jour. Après avoir réalisé un croquis du personnage que je veux créer, je cherche les pièces dont j’ai besoin dans la pratique. Dans cette expo, il n’y a rien à vendre. Au contraire, ce sont mes clients qui m’ont prêté, fort aimablement, les oeuvres qu’ils m’avaient achetées. Une exception: évoquant « Star War », « L’Araignée de l’Empire », dont je ne souhaite pas me séparer. Voyez, ses pattes partent d’un casque militaire, repeint en blanc, récupéré dans les Marolles… En fait, je ne travaille pas sur commande, ou vraiment très rarement. J’aime être libre dans mon travail… Tiens, un point commun avec Jan Fabre, actuellement si présent à Namur, nous utilisons la même fonderie, à Gent! … Voilà, le décor est planté. A chacun d’imaginer la suite. Les personnages sont là, faites en ce que vous voulez »! 
     … Et si nous évoquions le cinéma: « A ce niveau, je me définis comme un artiste conceptuel pour films à réaliser en « stop motion », tel pour ce long métrage, « Boxtrolls », auquel nous travaillons en ce moment, sous la direction d’ Anthony Stacci et de Graham Annable. Un tel film nécessite 4 ans de production et 2 ans de post-production, même si nous sommes en nombre pour le réaliser. Pour « Mr. Hublot », par contre, nous n’étions que 5 et pour un produit fini de 12′, cela nous a pris 5 ans (3 ans en production et 2 ans en post-production) »! Synopsis de ce court « oscarisé »: au sein d’un univers industriel rétro-futuriste, nous suivons, dans son appartement, les journées de « Mr. Hublot », un individu très organisé, n’aimant pas être dérangé dans ses habitudes, qui vont être, néanmoins, perturbées par un chien-robot quelque peu envahissant… Au fond de la 2ème salle de l’exposition, sur grand écran: projection d’entretiens avec ce génial sculpteur, illustrés par quelques extraits de ce court-métrage qui aida, assurément, à faire connaître Stéphane et ses personnages.
     Avec ce brillant artiste, nous retrouvons l’ « esthétique des fifties, ce côté délicieusement vintage, version bichromie. A l’image d’un Jules Verne qui inventait des cités futuristes aux allures du 19ème s., Stéphane Halleux (diplômé de l’ « Institut St. Luc, à Liège, ndlr), nous plonge dans un avenir un peu démodé où la mallette en cuir se frotte aux technologies les plus complexes, où le vieux fauteuil roulant se métamorphose en véhicule futuriste » (« Namur Magazine »/Valérie Sacci).
Beffroi Stéphane 2
     Alors pour admirer sa « Vespa à Réaction », son « Flying Civil Servant, son « Homme à 8 Hélices », …, retrouvons, à la « Galerie du Beffroi », cet artiste hors du temps… Contempler son oeuvre, c’est glisser doucement dans un monde où futur et passé s’entrechoquent, pour retrouver, l’espace d’un instant, la délicieuse naïveté d’un âge où nos rêves n’étaient pas si étriqués, les photos exposées étant signées Muriel Thies.
     Exposition ouverte du mardi au samedi de 11 à 18h., le dimanche de 12 à 18h. Entrée gratuite.
     Yves Calbert,
     Photos: (c) Muriel Thies.

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