La dépénalisation de l’avortement fête ses 25 ans. Le jour où le Roi cessa de régner #Belgique #Baudouin #IVG #avortement #begov

Voici exactement 25 ans que la Belgique dépénalisait les avortements.

 

Repères historiques
avortement
La situation de la femme a fortement évolué depuis ces quelques dizaines d’années.
Dans les années 50 et 60, n’ayant pas recours à des contraceptifs fiables, les femmes étaient parfois contraintes de se rendre en Grande-Bretagne, en Suisse, aux Pays-Bas ou en Pologne afin de se faire avorter.
En 1971, après moult mouvements féministes, humanistes et progressistes, fût déposée la première loi de dépénalisation de l’avortement, dite loi Callewaert.
En 1973, l’opinion publique fût ébranlée par l’affaire Willy Peers, le dernier docteur gynécologue à avoir été pénalisé pour avoir pratiqué des IVG en Belgique. D’importantes mobilisations ont eu lieu dans les 4 coins du pays.
En 1986 fût déposée la loi Lallemand-Michielsens, votée par le socialiste francophone Roger Lallemand et la sénatrice libérale flamande Lucienne Herman-Michielsens, qui légalise partiellement l’avortement pour les femmes « en situation de détresse ».

 

La volonté d’un Roi

baudouin 3Cependant, étant un fervent catholique formellement opposé à l’avortement, le Roi Baudouin ne souhaitait pas contresigner cette loi. Il fût probablement marqué par le fait qu’aucun héritier n’émana de son union avec la Reine Fabiola.
Pourtant, il ne souhaitait  pas provoquer des soulèvement populaires à cause de ses convictions. Par une ingénieuse combine, il s’interrompit volontairement de régner durant quelques jours.
« Serait-il normal que je sois le seul citoyen belge à être forcé d’agir contre sa conscience dans un domaine essentiel? La liberté de conscience vaut-elle pour tous, sauf pour le Roi? » écrivait le Roi Baudouin dans le lettre transmise au Premier Ministre Martens peu avant la signature de la loi, en 1990.

 

Dans un tel cas exceptionnel d’impossibilité de régner du Roi (ce qui ne fût plus arrivé depuis Léopold III), c’est le Conseil des Ministres qui exerce ses prérogatives constitutionnelles. La loi fût donc contresignée par l’ensemble des ministres réunis le 3 avril 1990.

L’évolution de l’avortement

Aujourd’hui, c’est en moyenne 20 000 avortements qui sont annuellement pratiqués en Belgique, dans des plannings familiaux (ce qui constitue 80% des cas) ainsi que dans des hôpitaux. En 1995, ce chiffre s’élevait à 14 000. Cependant, ces statistiques sont à considérer avec du recul.

L’âge moyen des femmes ayant recours à l’IVG est de 27 ans, ce qui constitue un chiffre constant depuis des années.
Les raisons principalement évoquées pour justifier un recours à une interruption de grossesse sont « personnelles » (dans 53,5% des cas), des problèmes de couple (dans 24% des cas) ainsi que des difficultés financières (15% des cas).

Manque de praticiens

Les plannings familiaux regrettent amèrement le manque de gynécologistes spécialisés dans l’avortement. Leur manque se fait d’autant plus sentir lors des périodes de vacances. La plupart des ces praticiens sont âgés de plus de 55 ans et partiront bientôt à la retraite. La question de la relève est d’ores et déjà posée.
Actuellement, l’Université Libre de Bruxelles est la seule université à délivrer une formation à la pratique et aux techniques de l’IVG d’une durée de 3 ans.

Une chose est sûre : on se souviendra du Roi Baudouin comme d’un souverain capable de défendre ses convictions.

Anastasiya Tretyak

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