« Magritte du cinéma » pour les frères…#art #bruxelles

Cette fois, Jean-Pierre (°Engis/1951) et Luc Dardenne(°Awirs/1954) sont, enfin, reconnus dans leur propre pays. Après avoir été primés à 4 reprises à Cannes, avec 2 « Palmes d’Or », pour « Rosetta » (1999) et pour « L’Enfant » (2005), le « Prix du Scénario », pour « Le Silence de Lorna » (2008) et le « Grand-Prix », pour « Le Gamin au Vélo » (2011), ce 07 février 2015, leur 9ème long métrage, « Deux Jours, une Nuit » (Be.-Fr.-It./2014/95′), décroche 3 « Magritte du Cinéma »:
– Meilleur Film;
– Meilleure Réalisation: Jean-Pierre et Luc Dardenne;
– Meilleur Acteur: Fabrizio Rongione (°Bruxelles, 1973).

« Ceci n’est pas un Magritte, mais un Charlie », dit Luc Dardenne, sur la scène du « Square », honorant ainsi tant les victimes de « Charlie Hebdo » que celui qui a donné son nom à cette cérémonie et à ses statuettes, René Magritte (1898-1967). Congratulant chaleureusement leur acteur principal (« On est vraiment contents pour lui! Il a apporté énormément au film »), ils tinrent à remercier vivement celle qui lui donne la réplique, Marion Cotillard (°Fr./1975), qui, déjà oscarisée, césarisée et lauréate d’un « Golden Globe » pour « La Môme » (Olivier Dahan/Fr.-UK-Tch./2007/130′), grâce à son interprétation dans « Deux Jours, une Nuit », est à nouveau nominée pour l’ « Oscar » 2015 de la « Meilleure Actrice ».

Mais écoutons Fabrizio Rongione: « Le travail avec les frères, c’est une grande chorégraphie avec la caméra. Pour arriver à la meilleure danse possible, il faut faire beaucoup de prises et donc se laisser aller complètement ». Quant à Jean-Pierre Dardenne, il souligna: « C’est bien d’être reconnus par les gens qui, dans notre pays, pratiquent le même métier ». Emotion, Emotion!!! …

Magritte1

Au passage, il est bon de signaler qu’en présence du Prince Laurent – qui, du 1er rang de la salle, prononça quelques mots au micro – et de la Princesse Claire, deux des acteurs découverts par les frères furent appelés sur scène:

– Emilie Dequenne (°Beloeil/1981) – qui, grippée, ne put être présente -, comme « Meilleure Actrice », pour « Pas son Genre » (Lucas Belvaux), ce dernier film recevant le « Magritte » du « Meilleur Scénario original ou Adaptation »;

– Jérémie Renier (°Bruxelles/1981) – déjà « César » et « Magritte » 2013 du « Meilleur Acteur », pour « Clo-Clo » (Florent Emilio Siri/Fr./2012/148′) – comme « Meilleur Acteur dans un second Rôle » (celui de Pierre Bergé), pour « Saint-Laurent » (Bertrand Bonello/ Fr./2014/150′).

… Et nul doute que les frères, « Docteurs honoraires » de la « Katholieke Universiteit Leuven » (2010) et « Commandeurs du Mérite wallon » (2011) tiendront à nous réserver d’autres agréables surprises dans les prochaines années, eux qui remportèrent également le « Prix David di Donatello » du « Meilleur Film de l’ Union européenne », pour « L’Enfant » (2006), le « Prix LUX » du Parlement européen, pour « Le Silence de Lorna » (2008), l’ « European Film Award » du « Meilleur Scénario » (2011) et « Meilleur Film en Langue étrangère », à San Diego (2012), pour « Le Gamin au Vélo », ainsi que le « Prix Robert Bresson », à la « Mostra de Venise » (2011), pour leur « oeuvre significative par sa sincérité et son intensité, en faveur du sens spirituel de notre vie », ce dernier prix leur convenant particulièrement, eux qui, dans leur style concret et épuré, offrant des moments de silence, de vide, et des gestes nerveux, irrités, sont, avec Ken Loach (°UK/1936) les grands représentants du cinéma social européen.

Mais revenons à la cérémonie des 5ème « Magritte du Cinéma » présentée, avec brio, par l’acteur, scénariste et producteur, Charlie Dupont (°Tournai/1971) – qui, décontracté, n’hésita pas à affirmer au micro qu’il « bandait » -, afin de souligner que les 800 membres de l’ « Académie Delvaux » ont, également, décerné trois « Magritte », à deux autres films:

– « Pas son Genre » (Lucas Belvaux/Fr./2014/111′):

* Meilleure Actrice, comme écrit plus haut, à Emilie Dequenne;

* Meilleur Scénario original ou Adaptation, à Lucas Belvaux (°Namur/1961);

* Meilleur Son, à Henri Morelle & Luc Thomas.

– « Marina » (Stijn Coninx/It./2013/118′):

* Meilleur Film flamand, à Stijn Coninx (°Neerpelt/1957);

* Meilleurs Costumes, Catherine Marchand;

* Meilleurs Décors, à Hubert Pouille.

Ce dernier film, flamand, a deux coproducteurs francophones, deux frères, mais oui, décidément, les Dardenne, … Luc soulignant: « On apporte notre pierre à l’histoire du cinéma »! … Assurément! …

… Et si l’on reparlait de deux autres compatriotes, spécialiste du dessin animé, dont leur long métrage « Ernest et Célestine », remporta, lui aussi, 3 « Magritte », l’an dernier, à savoir Stéphane Aubier (°1965) et Vincent Patar (°1965). Cette année, ils repartent avec un « Magritte », celui du « Meilleur Court-Métrage », pour « La Bûche de Noël » (Be.-Fr./2014/26′), une reconnaissance nationale confirmant le « Cartoon d’Or » (Toulouse) récompensant le meilleur court métrage d’animation européen. Un réel plaisir de revoir « Co-Boy », « Indien » & « Cheval », ces héros « brindezingues » (« L’Express ») qui naquirent en 2001, dans un premier épisode de la série « Panique au Village ». Aux « Magritte », quand ce n’est pas en long métrage (2014), c’est en court (2015) que le dessin animé devance les fictions! … A quand un « Magritte du Meilleur Film d’Animation »? …

Magritte2

Quant au « Magritte d’Honneur » 2015, il a été décerné à « un grand blond » des plus souriants, introduit sur scène par Julie Gayet, Pierre Richard (Fr./1934), cet éternel distrait, dont le nom est, à jamais, inscrit dans nos coeurs de cinéphiles et d’amateurs de théâtre! 

En bref, les autres « Magritte »:

– Meilleure Actrice dans un second Rôle: Lubna Azabal, dans « La Marche », de Nabil Ben Yadir;

– Meilleur Espoir féminin: Ambre Grouwels, dans « Babby Balloon », de Stefan Liberski;

– Meilleur Espoir masculin: Marc Zinga (prévu pour le prochain « J. Bond »), dans « Les Rayures du Zèbbre », de Benoît Mariage;

– Meilleur Film étranger en Coproduction: « Minuscule, la Vallée des Fourmis perdues », de Hélène Giraud & Thomas Szabo;

– Meilleur Documentaire: « Quand je serai Dictateur », de Yaël André;

– Meilleure Image: Manu Dacosse, pour « L’Etrange Couleur des Larmes de ton Corps », de Hélène Cattet & Bruno Forzani;

– Meilleure Musique originale: « Soldout » (David Baboulis & Charlotte Maison), pour « Puppy Love », de Delphine Lehericey.

– Meilleur Montage: Damien Keyeux, pour « La Marche », de Nabil Ben Yadir.


Quant au vote du public, pour le « Meilleur premier Film », institué il y a 3 ans, il consacre: « Je te survivrai », de Sylvestre Sbille, un Namurois, diplômé de l’ « ULB » (histoire de l’art et archéologie) et de l’ « INSAS » (section montage).


Aucun « Magritte », par contre pour François Damien (°Bruxelles/1973), nominé à deux reprises, comme meilleur acteur et meilleur second rôle, qui, en sa qualité de Président de la Cérémonie 2015, remercia Julie Gayet « d’avoir libéré sa soirée, alors qu’elle a un agenda de … ministre »! …


Quant à Charlotte Maison (« Soldout »), récompensée, avec David Baboulis, pour la « Meilleure Musique originale », elle déclara, devant plusieurs Ministres présents: « Gagner un Magritte l’année où l’on perd le statut d’artiste, … c’est fou »! … 


A méditer, car si Joëlle Milquet, Ministre régionale de la Culture, écrivait: « La scène internationale loue l’excellence de nos professionnels tant dans les métiers techniques que créatifs », Frédéric Delcor, Secrétaire général de la « Fédération Wallonie-Bruxelles » ajoutant: « Les Magritte du Cinéma sont ces petits ruisseaux qui, au fil de l’eau, font les grands fleuves », … il convient, assurément, de reconnaître le statut d’artiste, la culture participant grandement à l’éducation de la jeunesse, celle-ci étant, aujourd’hui plus que jamais, d’une importance primordiale!


Dans l’attente de la reconnaissance de ce statut, si vous ne l’avez pas encore vu, continuer à soutenir le cinéma belge francophone en allant voir « Deux Jours, une Nuit ». Dans leur style si particulier Jean-Pierre et Luc Dardenne y évoquent, avec tout le talent de Marion Cotillard et Fabrizio Rongione, la problématique, bien de notre époque, de la perte d’un emploi. Ainsi, Sandra, aidée par son mari, n’a qu’un week-end pour aller voir ses collègues et les convaincre de renoncer à leur prime pour qu’elle puisse garder son travail… La suite à l’écran et rendez-vous en février 2016 pour les 6èmes « Magritte du Cinéma »…  


Yves Calbert.   

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