La chronique de Piet Bull #media #humour

Piet Bull - 2

Avertissement de Piet Bull : Un vent mauvais ayant effacé mes chroniques jadis parues sur un autre média en ligne, Brussels-star a accepté de les republier.

LA CHRONIQUE DE PIET BULL
Avant-propos
CHIEN D’AVEUGLES

Si Dieu a rendu la compréhension du langage des animaux obscure à l’homme (tout en préservant à ceux-ci la faculté de penser), c’est que ce dernier – au fil des siècles – en est venu à considérer que « La parole (lui) a été donnée pour déguiser sa pensée » (Talleyrand). Pire ! Il a – par une phraséologie façonnée à ce seul et unique usage – vampirisé le sens profond de l’humanitarisme naturel d’antan. Le logos (Philosophiquement : « La Raison humaine incarnée par le langage » ; et, théologiquement : « Le Verbe de Dieu » !) s’est ainsi métamorphosé, aujourd’hui, en « logorrhées verbeuses » n’ayant que rapport très lointain avec la logique et/ou le divin. Les amis des bêtes s’exclament souvent devant leur compagnon à quatre pattes : « Il ne lui manque que la parole ! »… et c’est là faire injure à la sagesse du Créateur. Car imaginez la rage, le ridicule, des « bourgeois bohêmes » et autres rhéteurs de salons si un quelconque bonobo (Le bonobo, contrairement aux bobos, ne se complaît pas dans les singeries !) venait leur expliquer, en termes des plus simples, que leur « philosophie » n’est que verbiage, que la protection des espèces en voie de disparition est bien plus importante et urgente, pour l’humanité, que le problème d’une femme qui se couvre – ou ne se couvre pas – la tête : les auto-proclamés « intellectuels » (Il faut dire que l’Homo Sapiens Sapiens se prétend « seul détenteur » de la sapience !) hurleraient haro sur le primate et ce serait bientôt la Saint-Barthélémy des « cousins africains éloignés de l’Homo (Habilis, Erectus, etc.) » ! La Providence a donc bien fait de rendre les mots de la gent animale inintelligibles aux descendants d’Adam mais, dans Sa sagesse intemporelle, Elle nous a dévolu – à nous, les chiens – le rôle d’anges gardiens de ces bipèdes qui ne cessent de s’égarer !

En effet ! Qui mieux que nous, qui vivons depuis si longtemps dans l’intimité de nos « maîtres », pourrait – parmi toutes les créatures – juger de l’illogisme, de la folie, du suivisme et des trahisons de ceux-ci ? Nous les entendons discourir, les regardons jeter feu et flamme, se plier sans réfléchir au charisme de l’un pour, le lendemain, changer d’idées pour un gourou plus télégénique ! Pour comprendre ces égarements, nous avons dû longtemps nous taire, rester couchés sagement dans notre coin tout en observant, stoïques, la dérive du monde. Mais c’en est assez ! J’ai décidé de briser les lois de la nature (Nos maîtres, eux, ne s’en privent pas non plus !) et de prendre la parole : leur cécité les menant au bord du gouffre, je vais donc – à l’aide de quelques récits allégoriques – tenter de devenir leur « chien d’aveugles » !

Piet BULL

LE CONTRAT D’INTÉGRATION

Quand j’ai vu le jour, j’étais un brave toutou ! Né de bonne race, mes géniteurs m’avaient enseigné mes droits et mes devoirs envers ceux qui m’accueilleraient au sein de leur foyer. La tâche était simple : en échange du gîte, du couvert, de quelques mots gentils et de petits renoncements, je me devais d’être propre, fidèle, de protéger leur personne et leurs biens, de ne montrer les crocs qu’en cas de légitime défense et – J’allais l’oublier ! – de me montrer de bonne compagnie envers les animaux de tous poils (et de « toutes plumes ») de mon entourage. Bref ! Un clair contrat d’intégration, destiné à une parfaite harmonie dans mon nouvel habitat, avec – en guise de sanction pour le non-respect de ces règles – la muselière, l’enfermement, le retour au lointain chenil de mes origines, voire même une « piqûre » en cas de faute très grave !

En féal allié de l’homme (Et c’est sans doute parce que je suis allié qu’il me dit « très attaché » à lui !), je m’y suis conformé en tous points et, si certains passants de mon quartier expriment peu ou prou de craintes à ma vue, je ne peux que les comprendre: plusieurs chiens de mon lignage, sans doute mal éduqués, ont attaqué – sans bonne raison – des humains et il est normal que ces derniers se méfient ! D’autant que, bien que d’autres canidés aient – par le passé – exhalé une odeur de soufre (Souvenez-vous du berger allemand des camps de la seconde Guerre mondiale !), en cette époque où « le paraître » supplante « l’être », notre museau renfrogné et baveux fait tout pour inspirer le « délit de sale gueule ». Qu’importe ! Qu’ils prennent leurs précautions pourvu que – une fois ma gentillesse et ma bonne éducation prouvées – ils me tendent la main et m’offrent leur amitié !

Je suis aujourd’hui très âgé et me suis parfaitement intégré aux règles, aux mœurs et à la dolce vita de la société occidentale : je suis ce que mon maître et son entourage appellent « un bon compagnon », « un fidèle ami » ! Mais voilà que, depuis plusieurs années, des membres de la gent canine – venant de pays exotiques et moins « civilisés », où le destin ne leur avait pas accordé ma chance – ont débarqué en nombre dans mon environnement. Beaucoup sont prêts à se plier aux us et coutumes de leur nouvelle résidence, à devenir – comme moi – un « fidèle ami », « un bon compagnon »… mais une forte minorité veut, sous prétexte de « liberté » (Que de crimes a-t-on commis en son nom !), battre en brèche les règles établies. Ils se disent n’avoir que Dieu pour Maître mais, s’il faut juger de l’enseignement de leur Etre Suprême par leurs actes, celui-ci doit être bien cruel ! D’une ingratitude crasse, ils n’hésitent pas à attaquer hommes, femmes, enfants qui leur ont donné asile et, tapis aux coins de rues, ils attendent le pigeon qui succombera sous leurs crocs acérés. Pour garder les territoires où ils se sont installés, ils attaquent en hardes tout ce qui porte uniforme, leurs aboiements intempestifs résonnent de par la ville et, quand l’une de leurs femelles fréquente un canidé local (qu’ils nomment « Chien d’incroyant »), ils se jettent sur elle et la déchirent !

Peut-être suis-je trop vieux mais je ne comprends plus les hommes ?! Alors que tous leurs scientifiques tirent la sonnette d’alarme sur les dangers que représentent, pour l’environnement, les espèces invasives (écureuils de Corée, berce du Caucase, tortues d’eau californiennes…), ils ne pipent mot en ce qui concerne le nombre de plus en plus élevé de « chiens perdus sans collier » qui envahissent l’Europe ! Le danger de disparition des espèces locales n’est-il pas aussi sérieux ? Mais il paraît, selon les plus influents d’entre eux, que faire une différence entre terre-neuve, dingo, lévrier kurde, caniche japonais, chow-chow… serait du « racisme » et tant la « Ligue des Droits du plus fidèle ami de l’Homme » que le « Mouvement pour l’Egalité des Canidés » (M.E.C.) veillent à ce qu’aucun dérapage ne puisse se produire. (Où étaient toutes ces bonnes âmes lors de la vague de mesures « racistes » et « vexatoires » visant les pitt-bull ?) Certes ! Il faut reconnaître que le métissage entre deux races – provenant de lignages différents – peut produire, parfois, des résultats heureux. Encore faudrait-il que cela se fasse à petite échelle, que les deux branches soient issues de « bonnes familles » et que les partenaires soient adaptables à leur environnement : essayez, au Groenland, de croiser un chien de traîneau avec un chihuahua, je doute que leur progéniture puisse être de grande utilité pour les Inuits !

Notez que, pour ma part, je ne suis pas « xénophobe » ! Je rêve aussi d’un endroit où tous les clebs du monde pourraient se donner la papatte. Mais dans ce « monde à moi », tout bienfait serait « un prêté pour un rendu » et le bras d’une saine Justice frapperait sans pitié les chiens méchants : ceux qui seraient trop hargneux auraient droit à la muselière, ceux qui attraperaient les pigeons se verraient renvoyés au chenil originel, ceux qui s’en prendraient à leurs bienfaiteurs seraient enfermés avec une chaîne autour du cou et ceux qui s’attaqueraient à tous les uniformes seraient euthanasiés. Quant à ceux qui déchireraient leurs propres femelles, une petite opéra(castra)tion me paraîtrait, pour le moins, toute indiquée !

Et, pour les aboiement intempestifs, me demanderez-vous ?! Oh ! Je les laisserais s’égosiller… Dans mon espoir onirique, cela n’empêcherait pas la caravane de la Civilisation bien comprise de progresser !

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