L’échevin Geoffroy Coomans veut favoriser la mixité dans le quartier européen
Geoffroy Coomans de Brachène, Échevin de l’Urbanisme et du Patrimoine de la Ville de Bruxelles, a présenté la brochure, « Towards een multifunctionele Quartier européen » destinée à mettre en avant les projets réalisables dans cette zone de Bruxelles, en s’appuyant sur diverses activités : logements, commerces, crèches, activités culturelles. L’ambition de cette brochure est de permettre la transformation de ce district monofonctionnel de bureaux en un espace urbain multifonctionnel. Destiné aux propriétaires, architectes promoteurs ou investisseurs, ce document peut être téléchargé sur le site de la Ville de Bruxelles via le lien suivant: http://www.bruxelles.be/8443
Depuis des années, le Quartier européen pâtit d’une image négative : il compte des centaines de milliers de mètres carrés de bureaux, souffre d’un accès difficile aux heures de pointe, avec une mobilité très dense, au point de se voir attribuer, après les heures de bureau, le surnom peu gratifiant de « désert urbain ». Pourtant, ce quartier présente des atouts incontestables, qui doivent être exploités au mieux, afin de favoriser le retour de la mixité en son sein : la diversité des personnes y travaillant, notamment les employés des institutions internationales, le réseau de transports, la proximité d’activités culturelles, de commerces, de parcs, ou la disposition de ce quartier en « damier ». Autant d’éléments encourageants pour faire de cette partie de la capitale un espace urbain multifonctionnel susceptible de développer le logement et d’autres activités dignes d’un cadre de vie de qualité.
Une étude de faisabilité encourageante
La brochure « Towards een multifunctionele Quartier européen » résume l’étude de faisabilité effectuée par le bureau d’architectes Bogdan & Van Broeck. Les conclusions de ce travail, traduites sous forme de recommandations, mettent en lumière le potentiel de ce quartier, tout en proposant des pistes concrètes sous forme de questions-réponses :
• Pourquoi limiter l’extension des bureaux ?
- il y a une crise locative dans le secteur des bureaux : beaucoup de bureaux restent vides dans le quartier européen (235.811 m² de bureaux vacants fin 2012 ; 229 000 m² en 2013 (Source : Observatoire des bureaux, citydev.brussels)
- un quartier monofonctionnel de bureaux manque de vie le soir et le week-end.
• En quoi la création de logements est-elle bénéfique?
- le quartier jouit d’une grande attractivité grâce à une excellente desserte en transport public ; il offre aussi un haut potentiel culturel
- c’est économiquement avantageux grâce à une demande en logement qui croît de jour en jour
- de nombreux bureaux actuellement vides peuvent être réaffectés en logement sans besoin d’augmenter les gabarits.
- un quartier multifonctionnel est plus vivant le soir et le week-end.
• Pourquoi privilégier les projets de reconversion?
- de nombreux immeubles existants se prêtent facilement à un changement d’utilisation.
- la reconversion permet de réduire les coûts liés aux déchets de construction
- la réutilisation des structures existantes et le recyclage des matériaux sont plus valorisants que la démolition/reconstruction et donne du cachet aux projets.
- cette approche permet des exécutions plus rapides et plus simples, ainsi que limitation des nuisances liées aux gros chantiers dans le quartier.
• Quels avantages peuvent apporter les fonctions temporaires?
- les fonctions temporaires dans les immeubles vides agissent comme des catalyseurs pour rendre le quartier plus animé
- l’occupation temporaire permet de sécuriser les immeubles en attente d’affectation.
• Pourquoi redonner vie à la rue?
- animer l’espace public la semaine comme le week-end (terrasses, activités sportives, parcours culturels, etc.) amène une nouvelle dynamique dans le quartier.
- des rez-de-chaussée peuvent être occupés par des fonctions attractives (bars, restos, supérettes, night shops, etc.)
- la mobilité est essentielle dans la vie d’un quartier : accorder une plus grande place aux usagers piétons en limitant et en regroupant les entrées de garage donnant sur l’espace public.
Comment garder la logique du damier?
- le damier est un élément structurant et fort qui participe à l’identité du quartier. Son alignement et les coins doivent rester lisibles.
• Pourquoi créer des passages au travers des îlots?
- des zones de décompression et de tranquillité en contraste avec le trafic routier sont créées.
- ces passages peuvent prendre la forme de ruelles, de galeries, d’ouvertures en façade.
- les projets susceptibles de créer des traversées piétonnes en journée à travers les intérieurs d’îlot seront soutenus par la Ville.
Que fait la Ville de Bruxelles en ce sens ?
Plusieurs de ces recommandations ont déjà été traduites en des exemples concrets, ce dont la Ville de Bruxelles se félicite. Ainsi, concernant l’aspect lié au logement, plusieurs bâtiments voués au bureau ont été reconvertis ou sont en cours de reconversion :
- rue de Trêves, 100 : l’ancienne ambassade de Finlande (56 logements)
- 6, avenue Livingstone : transformation d’un immeuble de bureau existant en 122 logements (14.568 m²) avec 2 rez commerciaux (910 m²) et 2 zones de bureaux (343 m²) (en construction).
- 26-38, rue de l’Industrie : immeuble de bureau partiellement transformé pour y aménager des fonctions publiques (centre de fitness et cafeteria)
- 72, rue du Commerce : petit passage vers l’intérieur d’un îlot (transparence vers un endroit ensoleillé combiné avec une mise en œuvre créative de lumière artificielle et un mur végétal) – (p.115)
- 10, rue Guimard : bel exemple de rénovation avec amélioration des performances énergétiques par l’isolation des toitures et façades contribuant à l’amélioration de l’image de marque de l’immeuble en réalisant un nouveau dispositif d’entrée.
C’est donc dans cet esprit que la Ville de Bruxelles a engagé une réflexion approfondie, permettant au Collège des Bourgmestre et Échevins de dégager des principes d’intervention sous forme de recommandations.
Plusieurs PPAS (Plan Particulier d’Aménagement du Sol) pour le quartier Belliard Etterbeek sont actuellement en cours d’élaboration. Cet outil a pour ambition de protéger le logement et les fonctions faibles dans ce quartier (rue de Toulouse et rue de Pascale). La protection du patrimoine figure aussi parmi les priorités de ce plan : sont ainsi visées les maisons individuelles situées dans cette zone, afin de résister à la spéculation immobilière. C’est le cas de la « Réserve d’Indiens ». L’îlot Van Maerlant est également concerné. Enfin, un des buts de ce PPAS sera de limiter les gabarits des futurs bâtiments, vis-à-vis de promoteurs peu scrupuleux.
Pour aider les investisseurs ou propriétaires à la mise en œuvre de leurs projets, la Ville de Bruxelles, via sa Cellule Stratégie de Développements a mis en place un « service facilitateur ».
• Son but :
- intensifier l’attractivité du quartier européen, le transformer en un lieu accueillant et agréable à vivre.
• Ses moyens :
- mise en contact des acteurs : décideurs publics et investisseurs
- aide à la compréhension des plans, règlements et recommandations de la Ville
- renseignements relatifs aux taxes
- aide à l’intégration des charges d’urbanisme dans les projets
- aide à la mise en oeuvre des projets d’occupation temporaire d’immeubles vides

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