La phaléristique à Jambes

Ordres
Profitant du 100ème anniversaire du début de la guerre ’14 – ’18, jusqu’au 11 novembre, la « Seigneurie d’Anhaive », à Jambes-Namur, vous invite à découvrir sa nouvelle exposition intitulée « La Phaléristique. Ordres. Rubans. Décorations », proposée par le « TreM.a » (« Musée des Arts anciens du Namurois/Trésor d’Oignies »), en collaboration avec le « Centre d’Archéologie, d’Art et d’Histoire/Syndicat d’Initiative » de Jambes et la « Société archéologique » de Namur.
… Mais d’où nous vient « Plaléristique », ce mot si bizarre pour la plupart d’entre nous? … Des « phalères », par lesquelles le légionnaire romain attestait, sur sa cuirasse, de sa participation à différentes campagnes militaires.
Ainsi, la « Phaléristique » étudie les distinctions honorifiques, souvent portées avec un ruban, qu’elles proviennent d’ordres religieux nés avec les croisades, tel celui du « Saint-Sépulcre »; d’ordres de chevalerie, réservés à des nobles, tel celui de la « Toison d’Or », créée en 1430, par Philippe le Bon; ou d’ordres du mérite, octroyés pour services rendus à sa patrie, sans la moindre condition de naissance, comme la « Légion d’Honneur », créée en 1802, par Napoléon Bonaparte.
… Mais pas seulement, ainsi, au rez-de-chaussée, près de l’accueil, nous découvrons une médaille d’argent qui fut remise à Jean-François Tripnaux, alors âgé de 9 ans, qui sauva, à Yvoir, une copine de la noyade! A ses côtés, d’autres décorations, dont celles octroyées pour les 50 ans des chemins de fer belges, en 1884; les 50 ans des paquebots reliant Oostende à Douvres, en 1896; l’organisation des « Jeux Olympiques », à Antwerpen, en 1920; …
Dans une vitrine voisine, une médaille remise à un médecin, pour avoir soigné des personnes atteintes du choléra, en 1847, ainsi qu’une … épée d’honneur, offerte par des Bruxellois à leur agent de quartier, Léopold Blanpain, en 1866, sans oublier une médaille octroyée pour « acte de courage » à un garde civique qui avait utilisé son arme contre … des manifestants, lors de grèves ouvrières!!! … Une médaille qui ne fut sans doute jamais portée, de peur d’éventuelles représailles!!! …
… Maintenant, comme l’a dit le Colonel Eric Tripnaux, dans son discours, ce 29 juin, « une médaille ne se demande pas, ne se refuse pas, ne se … porte pas », ou le moins souvent possible, car plus nombreuses sont les médailles, plus le poids est lourd à porter, … d’autant pour les femmes, le format des décorations étant, en outre, davantage conçu pour des costumes masculins, comme nous le prouve l’impressionnant « 0rdre d’El Kenal », remis par l’Egypte à la Reine Elisabeth, une pièce prêtée par le « Musée Belvue »! …
Cette difficulté que les femmes peuvent éprouver à porter un ordre est d’ailleurs évoqué au rez-de-chaussée du second bâtiment, à côté d’un portrait officiel du couple royal, où l’on voit la Reine Mathilde photographiée avec les insignes de taille réduite du « Grand Cordon de l’Ordre de Léopold », qu’elle est la première souveraine belge à porter. Historiquement la gent féminine n’avait d’ailleurs pas accès aux ordres religieux et de chevalerie. Ce n’est que durant la première guerre mondiale que la mentalité évolua : « mêmes risques, mêmes récompenses »!
A noter qu’en août 1914, la Belgique ne disposait d’aucune décoration spécifique pour honorer tout acte de courage en temps de conflit. Ainsi naquit la « Croix de Guerre », fin 1915, réalisée sur le modèle français. Confronté à la multiplication des médailles octroyées et à leur coût de fabrication, Albert 1er décida, en 1921, qu’ellesne seraient plus remises gratuitement.
A l’étage une centaine de photographies provenant du « Musée de l’Armée » sont projetées en vidéo, à côté d’une toge originale du Procureur du Roi Cédric Visart de Bocarné, ses décorations de « Grand Officier de l’Ordre de la Couronne » et d’ « Officier de l’Ordre de Léopold » étant exposées dans la vitrine voisine, de même que la « Croix de la Fédération Royales des Pompiers », remise à J. Saintraint, ancien Bourgmestre de Namur (1908-1911 & 1921-1924), ou la « Médaille de Saint-Aubain », offerte pour 25 années de prestations au service du Diocèse de Namur. Plus anecdotique, la médaille de « Grand Officier de l’Ordre du Grognon », décernée par la « Confrérie de l’Ordre de Saint-Aubain », ordre estudiantin de l’ « Université de Namur ».
DeValkeneer
Pèle-mêle, notons encore, à côté d’un casque colonial, une médaille des campagnes d’Afrique (1914-1917); une de la campagne d’Abyssinie (1940-1942); une du Général Hugo, père de l’écrivain; la récente « Légion d’Honneur » de Didier Reynders, qui remis, lui-même, à Michel Drucker, le 27 juin dernier, éleva Michel Drucker au rang de « Commandeur de l’Ordre de la Couronne »; un diplôme signé par le Cardinal Montini, futur Pape Paul VI; plusieurs miniatures, destinées à être portées sur des barrettes; sans oublier 12 verres « à inclusion » (portant un « corps étranger », à savoir la représentation dl »un ordre, d’une médaille), l’un d’eux étant en « Val Saint-Lambert »; … et même différentes médailles qui furent réalisées mais jamais octroyées, Léopold II n’ayant jamais signé le document ad hoc.
Portrait de Victor Marie Vitalis Pacha, général en chef de l'armée turque, après 1894, un bel exemple quant au nombre de médailles qui pouvaient être portées.

Portrait de Victor Marie Vitalis Pacha, général en chef de l’armée turque, après 1894,
un bel exemple quant au nombre de médailles qui pouvaient être portées.

Entrée libre, du mardi au vendredi, de 13h.30 à 17h.30, le samedi, de 14h.00 à 18h.00, les 1ers dimanches de septembre, octobre et novembre. Complémentairement, quatre conférences seront données, par le Colonel Eric Tripnaux, au « Conservatoire » Parc Reine Astrid, à Jambes, les 10 et 24 septembre, ainsi que les 08 et 22 octobre (cfr. http://www.anhaive.be).
 
A défaut de l’édition d’un catalogue, un ouvrage de référence, « La « Phaléristique. Ordres. Rubans. Décorations » (240 p., 40€00), a été rédigé, sous la direction de Jacques Toussaint, Conservateur en Chef du « TreM.a ».
 
Notons encore qu’à Jambes, au « Musée du Génie », vous pouvez également découvrir l’exposition « Le Génie militaire belge durant la Grande Guerre », le mercredi et le vendredi, le 1er et le 3ème dimanche, de juillet à septembre (cfr. http://www.geniemus.be)
Yves Calbert.

 

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