ABYSSUS ABYSSUM INVOCAT

Le billet de POL HEMICK qu’il présente régulièrement, donnant son avis de polémiste et de critique sur l’actualité de notre pays, toujours avec humour

EN MARGE DE LA GAY PRIDE

pride

En cette époque où le « politiquement correct » veut que la liberté sexuelle ne connaisse pratiquement plus de limites – et où celles-ci sont, chaque jour, repoussées de plus en plus loin – il nous faut souligner qu’une forte minorité de nos concitoyens est toujours victime d’un ostracisme de mauvais aloi affiché par l’establishment en place. Les pratiques de ceux-ci, qui évoluent dans le monde du BDSM (acronyme de « Bondage, Domination, Soumission, Masochisme »), dégagent encore aujourd’hui – bien que pratiquées entre adultes consentants, assorties d’extrêmes précautions et d’un code de conduite des plus stricts – une odeur de soufre ! « C’est un scandale ! » aurait beuglé le « regretté » (par « la Rédaction » de la RTBF – Salut Cocos! – et les humoristes) Georges Marchais.

L’air du temps étant à affirmer ses revendications, au vu et au su de tous, dans de grandes festivités populaires, inspirons-nous donc des luttes couronnées de succès et proposons-leur d’organiser une « BDSM Pride Parade »dans les rues de Bruxelles !

Oh ! Bien sûr ! Obtenir une telle autorisation ne serait pas facile mais, après tout, depuis que les homos, drag-queens et autres protégés de Monsieur Nœupap – l’une des plus importantes personnalités de l’Etat fédéral – ont droit de cité, depuis que leur cortège défie annuellement « le bourgeois » grâce aux subsides publics, quels arguments peut-on encore raisonnablement opposer aux disciples du Divin Marquis et à ceux du chevalier von Sacher-Masoch ? N’est-il pas moins traumatisant, pour les mouflets, d’admirer des équipages dont l’apparence rappelle – peu ou prou – l’historique Sainte-Inquisition, plutôt que d’être confrontés à des femmes à barbe dépoitraillé(e)s et vêtu(e)s de costumes au goût plus que douteux ? La liberté de choix, le respect des minorités sexuelles ne doivent-ils pas jouer pour tous ? On pourrait avancer l’excuse de la nudité exposée à la vue des badauds… le prétexte ne tient pas plus la route ! Le top-less est-il prohibé au littoral ? La très officielle plage nudiste de Bredene est-elle « enfants non-admis » ? La « Cyclo-nudista parade », organisé sous l’égide d’un conseiller communal CPAS Ecolo, ne pas sillonne-t-elle pas annuellement le cœur de la Capitale ?

Il est vrai que, dans les échanges BDSM, des coups sont parfois donnés, des blessures parfois reçues ! Mais ceux qui ferment les yeux face aux agressions quotidiennes commises contre de vieilles dames, qui légitiment par leurs lois l’avortement et l’euthanasie, qui prônent l’usage libre de la drogue et installent même – dansles rave-parties – des stands gouvernementaux pour tester la « qualité » de l’ecstasy, peuvent-ils – sans rire – condamner des pratiques (entre adultes consentants !) qui, elles, ne mènent pas les victimes de vie à trépas ?

Evidemment, certains pourraient extraire d’un vieux tiroir – coincé tout autant qu’eux ! – la sempiternelle invocation à « la dignité de l’être humain »… Las ! C’est ces mêmes individus qui, lorsqu’ils étaient étudiants, organisaient d’humiliants bizutages avec l’aval des très honorables autorités académiques ! Ce sont ces mêmes hypocrites qui, au nom de la « liberté artistique », applaudissent des deux mains à « l’œuvre » du « Professeur » Gunther von Hagens exposant dans toute l’Europe (et, en Belgique, dans une salle des Abattoirs !) des cadavres, démembrés et « plastinés », tristes restes de sans-abri et aliénés Russes et/ou Chinois !

Imaginons donc cette « Joyeuse Entrée » (en matière), surpassant – et de loin ! – l’exotisme de la Zinneke Parade, le charme discret de l’Ommegang : de nombreux chars composent le cortège qui s’ébranle ! Tous sont tirés, à bout de bras, par des attelages de poney-girls qui en constituent « la traction » principale. Menées en grandes guides, s’éreintant à l’attache pour faire diligence, elles trottinent à quatre pattes, ne portant pour toute parure qu’un harnais et – prévention des accidents cardio-vasculaires parmi les spectateurs oblige ! – un mini-string. A leurs côtés, des Maîtres palefreniers masqués octroient de légers coups de cravaches sur leur poster rieur, afin de les encourager !

Les thèmes proposés sont variés sur les véhicules ainsi déplacés. Celui qui ouvre le défilé s’orne – à tout seigneur, tout honneur ! – d’une immense croix de Saint-André sur laquelle est attachée, presque aussi nue que la Vérité sortant du puits où on l’avait jetée, la compagne du Maître d’équipage. Ce dernier rythme l’avance du convoi en la flagellant à intervalles réguliers.

La voiture « hippomobile » suivante développe le sujet de la « Sangsue alitée » : une soumise en costume d’Eve (sans oublier la feuille de vigne !) y est entravée, pieds et poings liés, aux montants d’un grand lit et y mime moult fellations et cunnilingus sur un aréopage de Dominants qui se relayent face à sa bouche « poulpeuse ».

Par associations d’idées – de la pieuvre à la méduse – l’espace n’est pas bien grand ! C’est sans doute pourquoi le chariot arrivant ensuite évoque « Le radeau de la maid usée ». D’accortes bonniches, vêtues seulement d’un petit tablier blanc et d’un bonnet de soubrette, y servent une tablée de Maîtres et de Maîtresses aux mains baladeuses.

Vient, en quatrième position, une immense cage roulante. Une vingtaine de captifs y croupissent, les uns enchaînés douloureusement en suspension, d’autres aux chevilles tenaillées par de solides fers, d’autres encore enchâssés dans de lourdes cangues.

Bien des chars arrivent encore à la suite, trop nombreux pour être tous décrits en détail ! Hormis celui de « L’aiguilleur du septième ciel », où d’adorables jouvencelles se voient métamorphosées en pelotes d’épingles par des tourmenteurs jurés, et celui de « T’es Miss Monde », dont la vedette est une pin-up – menottée et aveuglée – en proie aux manipulations de Maîtres occultes, n’oublions pas non plus de signaler tous ces chariots surmontés du matériel lourd (chevalets, tables d’élongation, espaliers, roues horizontales et verticales, piloris, chevaux de bois, divans gynécologiques, chaises à clous…) sur lesquels, pour le plaisir des curieux (et, il faut l’avouer, un peu le leur aussi), des Dominants travaillent leurs « esclaves » !

Sur les bas-côtés, des Maîtresses promènent leurs mâtins calmes. Tenus de court au bout d’une forte laisse, ces soumis sont francs du collier envers leurs accompagnatrices… ce qui ne les empêche pas – bien que complètement épilés ! – d’être de mauvais poil en raison de cette humiliation publique. Mais leurs grognements, étouffés par un bâillon-boule, restent – comme eux – presque sans effets. Alors ils flânent, reniflant ça et là quelques parcmètres, mais sont trop bien éduqués pour lever la patte sur le matériel urbain !

Soudain, au coin d’une rue étroite, le cortège s’arrête. Les personnalités du monde BDSM, entourées de leurs soumises préférées, descendent des chars et se dirigent vers Manneken Pis : un costume lui sera offert !

Dans son discours, le Maître d’équipage souligne que le « Ketje de Bruxelles » est tellement âgé (il a vu le jour en 1619 !) qu’il ne faut surtout pas voir en cette cérémonie une quelconque tendance pédophile (Après tout, la statue n’a-t-elle pas déjà reçu, avec l’approbation mayorale, un habit symbolique du mouvement gay ?!) mais plutôt un hommage à celui qui – par son action considérée par certains comme contraire aux bonnes mœurs – a sauvé de nombreux foyers des flammes. Une « esclave », s’appuyant sur les rebords de la vasque, se met alors en position d’escabeau. Pendant que le vit du petit bonhomme la douche copieusement, une congénère se place sur elle et, de sa bouche, honore la sculpture comme il se doit… par un pompier ! Puis, un Maître couturier la relaye et enfile à l’arroseur municipal tee-shirt noir, pantalon et veste de cuir. Pour terminer – cerise sur le gâteau ! – il lui place en main une deuxième verge… très différente de celle qui a contribué à sa réputation.

Quelques toasts et amuse-gueule plus tard, tout le monde rejoint son rang et l’on se dirige vers le Sablon. Un podium y trône, dominant les nombreux pavillons de la première exposition publique exclusivement dédiée au BDSM, à l’ombre protectrice de Notre-Dame reliftée. Comme à la Gay Pride, nombre de politiciens sympathisants s’y succèdent : les uns venant parler du « Droit à la différence », les autres de « Protection des minorités ». Les plus audacieux envisagent même la légalisation matrimoniale des engagements écrits passés entre Maîtres(ses) et soumis(es), les plus fous réclament, en sus, des quotas minimums sur les listes électorales… et ce, à la plus grande joie des bénévoles du stand du MEC (Mouvement pour l’Egalité des Chancres). La presse subsidiée y est aussi présente en nombre et ses envoyés fourbissent déjà leur plume en se promettant de mener à bien ce nouveau combat « de gauche ».

Mais brisons là ce rêve délirant que certains lecteurs pourraient prendre au premier degré… alors que le titre (« L’abîme appelle l’abîme ! ») aurait dû leur indiquer que c’était au deuxième degré qu’il fallait le lire (le « troisième degré » étant réservé aux purs sadiques !) Pourtant – Qui sait ? – la c……. « droit-de-l’hommiste » de nos politichiens est tellement profonde qu’un jour peut-être – après avoir autorisé l’adoption d’enfants par des couples homosexuels – ils plongeront de plus en plus bas et développeront de ce delirium « très mince » pour en faire une réalité !

Pol Hémickh

Votre commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s