« TOUS LES ARTS ONT PRODUIT DES MERVEILLES, L’ART DE GOUVERNER N’A PRODUIT QUE DES MONSTRES »

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Voici ce que  disait Saint-Just, en 1793. « Combien se sont révélées prophétiques ces paroles, dans la façon dont l’Occident est dirigé depuis ! », ai-je pensé en ce mercredi 19 mars. C’était lors du vernissage, dans les locaux du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, de l’exposition « Les cent jours du génocide des Tutsis, 1994 – 2014 », rue Royale à Bruxelles. « Vernis sage », mis en deux mots, donnait un parfait descriptif de beaucoup des élus qui circulaient, d’un air compassé (En un mot !), entre la centaine de caricatures et photos terribles retraçant l’Horreur. Car, en effet, la mine navrée qu’ils affichaient – entre deux zakouskis et boissons offerts à l’issue des discours de circonstance – n’était qu’un vernis destiné à cacher l’immense responsabilité du landernau politique belge dans ce crime ! Passe encore pour les membres du MR, Ecolo et le FDF qui ne faisaient pas partie du gouvernement PS/SP/PSC/CVP de l’époque, lequel avait – sans état d’âme et par lâcheté – ordonné à nos troupes d’abandonner aux machettes des génocidaires plusieurs milliers de gens qui s’étaient réfugiés sous la protection de nos paras… Mais comment des représentants des quatre partis sus-mentionnés (Entre-temps, le PSC s’est métamorphosé en cdH mais cela ne change rien à sa responsabilité morale !) osaient-ils, sans s’écrouler de honte en se battant la coulpe, déambuler dans « l’Atrium de l’Hôtel de Ligne » face aux dernières images des victimes s’en regardant nos commandos partir et se sachant voués inexorablement à la mort ?

On me dira que notre gouvernement s’est excusé depuis. La belle affaire ! Il est trop facile de verser des Rwanda2larmes de crocodile, de demander pardon une fois le crime accompli : les tribunaux sont pleins de coupables éplorés soi-disant « repentis ». Encore faudrait-il que les victimes soient toujours là pour accorder l’absolution, que les survivants – qui souffrent encore dans leur chair et/ou dans leur âme – soient consultés. L’une des caricatures exposées résumait bien la situation : publiée à l’occasion du dixième anniversaire du génocide, celle-ci montrait deux Casques bleus transportant une pancarte « Never again ! » (« Plus jamais ! », slogan déjà lancé après la Shoah.) tandis que l’un disait à son compagnon « Careful with that sign… It’s re-usable ! » (« Attention avec cet écriteau… C’est réutilisable ! »). C’est bien là que se situe toute la monstruosité de ceux qui nous gouvernent : rien n’a changé ! Dans le génocide rwandais, à peine quelque dizaines d’années après la Shoah, on retrouve les mêmes forfaitures : comme pendant la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement français a collaboré avec les génocidaires (Rappelons que Mitterrand, dirigeant l’Hexagone en 1994, était un ancien haut-fonctionnaire de Vichy !) ; les Américains – qui avaient refusé de bombarder les voies ferrées menant à Auschwitz, bien qu’étant au courant de ce qui s’y passait – ont, une fois de plus en 94, dissimulé au monde l’ampleur du drame, « préférant faire des économies plutôt que de sauver des vies humaines » ; les autorités belges, elles, fidèles à celles qui les précédaient en 40-45, ont brillé à nouveau par leur passivité en livrant à la mort, sans la plus petite résistance, ceux qu’elles devaient protéger. Rien de nouveau donc sous le soleil de Kigali où on a dénombré 1.000.000 de cadavres en 100 jours… Rien de nouveau non plus, actuellement, sous le soleil de Damas où ces mêmes « repentis » livrent des armes à des milices islamistes dont le plus grand plaisir consiste à violer et lapider des femmes, décapiter des hommes et des enfants, pour le seul « crime » d’être chrétiens ou de ne pas partager complètement leur foi sunnite extrême de débiles !

En tant que citoyen belge, européen et occidental, j’ai honte et – ayant perdu même l’honneur – il ne me reste que les yeux pour pleurer à la vue des monceaux de cadavres que nous avons laissés derrière nous en 1994, au regard de ces vidéos dans lesquelles – aujourd’hui – l’on peut voir nos « protégés » de Syrie effectuer, hilares et fiers sous l’œil des caméras, leur abominable besogne aux cris de « Allah Akhbar ! » Mais que faire sinon – Ce que la loi interdit ! – cracher à la figure des Jean-Luc Dehaene (Premier ministre en 1994), Willy Claes (ministre des Affaires étrangères en 94), Léo Delcroix (ministre de la Défense en 94) – ou de leurs avatars modernes – lorsqu’on les croise en rue ? Il reste cependant une possibilité de se dissocier symboliquement des crimes contre l’humanité de ces individus, de laver quelque peu notre honneur. Oh, certes ! Ce geste sera bien mince face à l’abomination commise, alors que c’est à genoux que nous devrions demander pardon aux peuples victimes de la lâcheté et de la complicité de nos gouvernements… mais c’est tout ce que nous pouvons faire ! C’est pourquoi, comme « Devoir de mémoire », je ne peux que vous conseiller de visiter l’exposition « Les cent jours du génocide des Tutsis, 1994 – 2014 » qui se tient jusqu’au 10 avril, du lundi au vendredi de 10 à 17 heures, dans les locaux du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, au 72 rue Royale (Métro et trams 92-94, station Parc), à 1000 Bruxelles*.

 

Roland LEMAIGRE

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* Entrée libre

Visites guidées sur réservation auprès de Aloys Kabanda, promoteur de l’exposition : kabanda@hotmail.com (copie à expo@pfwb.be )

Pour plus de renseignements : Ibuka-Mémoire et Justice asbl, rue de la Prévoyance 58, 1000 Bruxelles.

www.ibuka.be E-mail : info@ibuka.net

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