A LOUVAIN-LA-NEUVE, LA LUTTE POUR LE RECTORAT COMMENCE CETTE SEMAINE
Après le mandat de Bruno Delvaux, l’Université Catholique de Louvain décide cette semaine qui dirigera l’Alma Mater pour les cinq ans à venir.
Les grands enjeux de cette élection : l’organisation interne et les rapports avec les autres universités.
Après une infructueuse tentative de fusion des universités catholiques en 2011, l’UCL a absorbé les FUCAM (Mons) ainsi que des école d’architecture. Cette nouvelle situation a créé de grands changements d’organisation. Entre pro-recteurs et vice-recteurs, instituts de recherche et centres de recherche, le personnel ou les étudiants ne savent plus trop où donner de la tête.
Fin 2013, la Fédération Wallonie-Bruxelles a entériné le décret Marcourt, qui refonde profondément le paysage de l’enseignement supérieur. Avec un résultat : l’UCL est désormais très isolée. Le prochain recteur devra composer avec un décret qui amoindrit les capacités de l’UCL par rapport aux autres universités. Il devra aussi recoller les morceaux avec ses collègues recteurs des autres universités, qui s’étaient opposés à Bruno Delvaux lors de la négociation du décret Marcourt.
La question du « C » absente des débats. Contrairement aux élections précédentes, le thème de l’identité chrétienne de l’UCL n’a pas beaucoup été évoqué cette fois-ci. Le débat avait fort marqué la précédente élection, puisque certains professeurs faisaient circuler une pétition appelant à l’abandon de la référence catholique de l’université.
Actuellement, personne ne veut rouvrir ce débat houleux et aucun des candidats n’a évoqué le sujet. Il pourrait cependant revenir par la petite porte, puisque la question du rayonnement national et international de l’UCL sera au cœur du travail du recteur pour les cinq prochaines années. Le choix entre une université qui enseigne des valeurs aux responsables de demain ou une université qui tente sans cesse de singer ses concurrentes se posera dans un avenir proche.
Cinq candidats pour 34.000 électeurs. Le nouveau recteur sera élu selon une procédure très démocratique : absolument tous les membres de l’UCL pourront voter, du professeur aux employés administratifs en passant par les étudiants. Un système unique en Communauté française. Cependant, les votes seront pondérés afin que les voix du corps académique soient celles qui priment. En guise de comparaison : à l’ULB, seuls les professeurs ont droit de vote ; assistants et étudiants n’ont pas voix au chapitre.
Cinq candidats sont en lice pour le poste de recteur. Bernard Coulie et Vincent Blondel font figure de favoris, notamment car les trois autres candidats doivent défendre le bilan de l’équipe sortante dont ils faisaient partie.
Bernard Coulie : recteur de 2004 à 2009, il a fait campagne sur son expérience et veut avant tout rassurer étudiants et professeurs.
Vincent Blondel : doyen de l’Ecole Polytechnique de Louvain (faculté d’ingénieurs), il cultive son image de prof engagé et dynamique ; il est notamment l’initiateur des cours en ligne sur internet. Sa campagne à l’américaine, avec vidéos de soutien d’anciens étudiants, a un peu bousculé le petit monde des professeurs.
Michel Devillers : vice-recteur chargé du secteur scientifique, il apparaît comme un candidat surprise.
Benoit Macq : fils du premier recteur laïc (de 1986 à 1995), il est pro-recteur responsable du service à la société et de l’action internationale.
Vincent Yzerbyt : pro-recteur à la recherche, il a été très impliqué dans la négociation du décret Marcourt.
A noter un enjeu spécifique du scrutin : la participation des étudiants. Le règlement impose qu’au moins 15% des 28.000 étudiants se déplacent pour voter. Or les étudiants se déplacent peu pour ce genre de scrutin, qu’ils considèrent comme éloigné de leurs préoccupations. L’UCL étant la seule université où l’on leur donne le droit de choisir leur recteur, les étudiants feraient bien de saisir cette opportunité.
Le mois prochain, un second tour départagera les deux meilleurs candidats.
M. B.
source: infocatho.be

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