ANDY WARHOL AU BAM A MONS

En prélude à « Mons 2015, Capitale européenne de la Culture », ce samedi 5 octobre, le Premier Ministre  Elio Di Rupo, ainsi que la Ministre Fadila Laanan réouvraient le « BAM », proposant aux Montois une intéressante exposition consacrée à Andy Warhol (1928 – 1987). 
Andy Warhol

Andy Warhol

« Je me regarde dans le miroir jour après jour et à chaque fois je découvre quelque chose de nouveau : un bouton. Le bouton que j’avais en haut de ma joue gauche, sur mon menton. … Je crois que c’est toujours le même qui se déplace d’un endroit à l’autre. … Une peau de reptile. … Mes longs bras osseux. … Des mains intéressantes. Des yeux pointus. Des oreilles en forme de banane. … Des lèvres qui tirent au gris. … Les cheveux grisonnants, ébouriffés, souples et métalliques. … », disait-il. … Une bonne introduction pour la salle consacrée à ses « Autoportraits », dont les premiers sont effectués en travaillant sur des photographies prises dans un « Photomaton ». Narcissique, comme nombre d’artistes, il efface les défauts qui pourraient gâcher une belle image et élimine donc ses boutons.

Dix autres salles, sur deux étages, nous aident à mieux connaître l’œuvre de ce poète du consumérisme, de cet éternel prophète de l’esprit, dont l’une d’elles consacrée, curieusement, à la « Religion ». « La découverte de cette piété secrète transforme inévitablement notre perception d’un artiste qui a trompé le monde en lui faisant croire que ses seules obsessions étaient l’argent, la célébrité, le glamour, et qu’il pouvait être désinvolte jusqu’à l’insensibilité la plus totale. … » (John Richardson, critique d’art, le 1er avril 1987, en éloge funèbre à ce brillant artiste trop tôt disparu). Notons sa toile « Raphaël I-6.99 » (1985) inspirée par la « Madone Sixtine » de Raphaël. D’autres nous dévoilent des œufs, symboles d’immortalité ou de résurrection, et des croix, symboles de rédemption.
POP_ART_by_Andy_Warhol_by_gustavocavalariAussi, deux ans avant sa mort, Warhol commence à travailler sur « The Last Supper », sans doute l’œuvre la plus complexe de sa vie, inspirée de « La dernière Cène », de Leonardo da Vinci. Selon Gianni Mercurio, commissaire de l’exposition, il s’agit, ici, du « résultat final d’un long parcours intime dont les origines remontent sans doute à son enfance, à sa prime jeunesse ».
« Je n’ai jamais découpé les poupées des albums de découpage. … Je ne le faisais pas car je ne voulais pas abîmer ces belles pages. J’ai toujours laissé mes poupées à découper dans leurs albums. … » (Andy Warhol, traduit de « La Filosofia di Andy Warhol », Tascabili Bompiani, 2005, p. 99). Ces mots pour nous dévoiler ses représentations de Marilyn Monroe, réalisées en 1962, peu après le décès de la « star », … une série dérivée d’une seule image , tirée d’une photo du film « Niagara ».
Dans cette salle « Icons », nous trouvons également des portraits de Jackie Kennedy, signés après le meurtre de son époux, de Liz Tailor, souffrant alors de l’alcoolisme, de Mao et de Paul Delvaux. Aussi présents, Elvis Presley, avec ses pistolets, et Marlon Brando, chevauchant sa « Triumph Thunderbird 650 ». N’oublions pas, on plus, son « Dollar Sign », icône de la puissance capitaliste.
imgres« A la fin de mes jours, lorsque je mourrai je ne veux pas laisser de déchets et je ne veux pas être un déchet. » (p. 95 de l’ouvra »ge cité plus haut). Collectionneur compulsif, il déclarait : « acheter est bien plus américain que penser et je suis un Américain comme les autres ». D’où ses toiles bien connues, consacrées aux soupes « Campbell », au ketchup « Heinz » ou au « Coca-Cola », ses photos de caisses de « Coke », destinées à la Chine, anticipant la mondialisation. A voir dans la salle « Consuming Pleasures ».
« Je ne veux pas en parler. Je pensais que tout serait magique et que rien n’arriverait jamais. » (p. 101 du même ouvrage). La salle « Death and Violence » nous propose des portraits de … crânes, réalisés dans les années septante. « Depuis que l’on m’a tiré dessus, tout me paraît un rêve, je ne sais pas encore si je suis vivant ou mort. … Je n’y crois pas, car personne n’est plus là pour savoir que c’est arrivé. Je ne peux rien en dire, car je ne suis pas encore prêt. », déclarait-il, laissant transparaître sa peur, une peur de la perte et de l’inconnu qu’il tente d’exorciser dans ses peintures, comme ses « Electric Chair » (1963), « Tunafish Disaster » (évoquant la mort par empoisonnement), « Car Crash », « Suicide », « Guns » ou « Knives ». La mort est probablement le thème principal qui sous-tend toute l’œuvre d’Andy Warhol.
Notons encore, dans la salle « Silver Clouds », reprenant une installation originale présentée à la « Galerie Castelli », en 1966. Cette oeuvre interactive permet aux visiteurs de pousser des nuages synthétiques qui s’élèvent ainsi dans les airs. Merce Cunningham, chorégraphe, s’en servit, en 1968, comme décor flottant pour son spectacle « Rain Forest ».
Enfin, trois courts métrages sont projetés sur un grand écran : « Life » (20′), « Death » (6′) et « Beauty » (6′), nous permettant de mieux rencontrer Andy Warhol, les titres de ces trois films reprenant celui donné à cette exposition, à découvrir au plus tôt.
Si vous vous rendez pour la première fois au « BAM », dont la rénovation, répondant aux consignes extrêmement rigoureuses de contrôle d’hygrométrie et de température permettra, désormais, d’accueillir des expositions d’ampleur internationale, sachez qu’il est situé au N° 8 de la rue Neuve, à l’arrière du Théâtre et de la Grand’ Place.
Ouverte jusqu’au 19 janvier 2014, du mardi au dimanche, de 10h.00 à 18h.00, voire jusqu’à 21h.00, les jeudis 10/10, 14/11, 12/12 et 09/01. Prix d’entrée : 9€00 (tarif réduit : 6€00). Réservation  visites guidées : 065/33.55.80. Catalogue de 287 pages, avec 200 reproductions : 39€00. Pour plus d’informations sur diverses activités programmées, dont des démonstrations de sérigraphie : http://www.bam.mons.be/.
En 2014, deux expositions rentreront dans le cadre des commémorations de la 1ère guerre mondiale, et dès le 23 janvier 2015, nous pourrons découvrir « Van Gogh au Borinage, la Naissance d’un Artiste ».
Yves CALBERT 
 
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