« Cornelis Corte. Un Graveur hollandais à la Conquête de l’Italie », au « TreM.a », à Namur, jusqu’au 13 Septembre

© Province de Namur

Cet été, à Namur, le « TreM.a » (« Musée provincial des Arts anciens du Namurois ») nous invite, jusqu’au dimanche 13 septembre, à plonger dans l’univers captivant d’un virtuose de la gravure au XVIe siècle, grâce à son exposition temporaire : « Cornelis Cort. Un Graveur hollandais à la Conquête de l’Italie », alors que, jusqu’au dimanche 16 aoûtau “Palais Royal”le “TreM.a” présentait son exposition « Louise d’Orléans, devenir Reine » , qui fut proposée, en 2024-2025,au « Musée Condé du Château de Chantilly » (une collaboration internationale exemplaire entre ce musée, ainsi que le service des musées & du patrimoine culturel de la Province de Namur), sous le titre : « Louise d’Orléans, première Reine des Belges. Un Destin romantique »

Mais revenons à Namur, où nous glissons nos pas dans ceux de l’artiste néerlandais Cornelis Cort (Cornelio Fiammingo, en Italie/1533-1578) & embarquons pour un voyage qui nous portera d’Hoorn, aux Pays-Bas, sa ville de naissance, à Rome, en passant par Antwerpen, Florence & Venise. Admirons, jusque dans leurs plus minutieux détails, les oeuvres de celui qui fut célébré comme le plus grand graveur de sa génération, tant au Nord qu’au Sud des Alpes. De fait, si Cornelis Cort s’imposa sur la scène artistique anversoise, c’est, avant tout, en Italie qu’il déploya une activité remarquable, transposant dans le cuivre, avec une maîtrise inégalée, les créations des plus grands maîtres de la Haute Renaissance, parmi lesquels « Giulio Romano » (Giulio di Pietro di Filippo de Gianuzzi/vers 1492/1499-1546), « Le Titien » (Tiziano Vecellio/vers1488/1490-1576) ou encore Maarten van Heemskerck/1498-1574).

« Autoportrait » (Cornelis Cort) © « TreM.a »

À travers l’oeuvre emblématique de Cornelis Cort, appréhendons plus largement le rôle décisif joué à l’époque par la gravure dans la diffusion des images à l’échelle européenne, véritable révolution iconique, sans équivalent jusqu’à l’invention de la photographie plusieurs siècles plus tard. 

Première à Namur, ce sont plus d’une cinquantaine d’œuvres du Maître qui sont exposées : des gravures –  issues du fonds d’estampes du « Musée Wittert » (« Musée d’art de l’Université de Liège ») – , des imprimés, mais aussi l’un des rares dessins conservés de l’artiste. Une exposition monographique d’une telle envergure est sans précédent, depuis 1994, au « Museum Boijmans van Beuningen », à Rotterdam.

C’est à Antwerpen, dans l’atelier « Aux Quatre Vents », de Jérôme Cock et Volcxken Diericx, plaque tournante de l’édition d’estampes, que Cornelis Cort fit ses premières armes.

Gravure de Cornelis Cort © « TreM.a »

Dans cette même ville, il rencontra Dominique Lampson, un humaniste brugeois, avec lequel il collabora au « Pictorum aliquot celebrium Germaniae inferioris effigies », une galerie gravée des plus illustres peintres des anciens Pays-Bas. Infatigable passeur, Dominique Lampson offrit à Cornelis Cort l’accès aux réputés milieux artistiques italiens.

Séjournant une première fois, en 1565-1566, à Venise, Cornelis Cort collabora avec « Le Titien », ayant gravé plusieurs de ses célèbres compositions. C’est ainsi, sous son burin, que la peinture du maître vénitien trouva un équivalent graphique d’une remarquable subtilité.

Ensuite, de 1566 à 1569, il se rendit à Rome, y fréquentant Girolamo Muziano (vers 1532-1592), Federico Zuccaro (vers 1540-1609) & autres peintres renommés, ces artistes romains lui confiant leurs oeuvres les plus ambitieuses, conscients que son burin pourra restituer toute leur complexité plastique.

Lors de la visite de presse, Gaylen Vankan, conservateur en chef du « TreM.a », insista sur le fait qu’aucun graveur contemporain à Cornelis Cort ne put exploiter, avec une telle virtuosité, les ressources expressives de son burin, cet artiste ayant pu donner aux nuages toute leur légèreté, aux chairs leur densité sensuelle, aux moindres détails leur infinie précision, aux perspectives leur équilibre parfait.

« Allégorie de la Géométrie (Cornelis Cort/1565) © « TreM.a »

Nouvelle étape de son parcours italien, Florence l’accueillit, en 1569-1570, confirmant, désormais, la reconnaissance dont il jouissait. Invité par Cosme de Médicis (1389-1464), Cornelis Cort réalisa un imposant arbre généalogique de la dynastie des Médicis, avant de consacrer plusieurs estampes aux chefs-d’œuvre sculptés que Michel-Ange  (Michelangelo di Lodovico Buonarroti Simoni/1475-1564) sculpta dans la « Sagrestia Nuova » de la basilique  San Lorenzo.

De retour à Rome, Cornelis Cort poursuivit son activité, faisant de son atelier de la Via di Ripetta un lieu de rencontre privilégié pour les artistes, installés en Italie, originaires d’Allemagne & des anciens Pays-Bas.

La présente exposition nous démontre que Cornelis Cort ne fut jamais un simple copiste. De fait, il a pu adapter les œuvres du « Titien » & d’autres artistes, les repensant, les adaptant au langage spécifique de la gravure, chacune de ses estampes bénéficiant ainsi d’une authentique autonomie artistique.

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© Province de Namur

Ouverture : jusqu’au dimanche 13 septembre, du mardi au dimanche, de 10h à 18h. Prix d’entrée (incluant les collections permanentes) : 08€ (4€, dès 65 ans, pour les étudiants & pour les membres d’un groupe / 0€, pour les moins de 12 ans, les « Art. 27 », les détenteurs du « MuseumPassMusées », les écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles & pour tous, le dimanche 06, ainsi que le samedi 12 septembre. Adresse : rue de Fer, 24 (à 5′, à pied, de la gare de Namur). Contacts : 081/77.67.54 & musee.arts.anciens@province.namur.be. Site web : https://www.museedesartsanciens.be/.

*** Conférence :

* le jeudi 10 septembre : « Exalter la musique par la gravure. L’allégorie de la musique de Cornelis Cort, d’après Frans Floris », par Anne Godard (réservations obligatoires). Prix d’accès : 5€.

*** Atelier de gravure sur mousse, pour enfants, de 4 à 7 ans :

* le mercredi 02 septembre, de 14h à 16h, atelier incluant la visite de l’exposition. Accès libre (réservations obligatoires).

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© Province de Namur

*** Finissage :

* le samedi 12 septembre, de 10h à 18h, avec des visites théâtralisées, des ateliers de gravures, des grimages, un concert,Accès libre.

*** Collections permanentes :

Profitant de notre visite de la présente expositionl’occasion nous est offertesans supplément de prix d’entrée, de (re)découvrir les collections du « TreM.a », présentées au sein de l’ « Hôtel de Maître de Gaiffier d’Hestroy », édifié au XVIIIè siècle, abritant, depuis 1964, les collections permanentes de ce « Musée des Arts anciens du Namurois »l’ensemble de ce musée provincial devant atteindre, après de futurs travaux, la superficie de 3.750 m².

 Saint Jean-Baptiste, c’est l’homme barbu à la tunique rouge que l’on voit au premier plan, bénissant une assistance animale. Dans ce bestiaire, on peut reconnaître un ours, un cerf, une biche, un chat, un renard, un loup, un tigre, une licorne, des oiseaux, lézards et salamandres.  Le (très) fin observateur remarquera aussi  qu’un serpent et deux lapins semblent l’écouter avec plus d’intérêt que les autres.  Enfin, l’étude à la loupe de l’oeuvre révèle que, sur une branche de l’arbre fendu,  jouent deux singes, eux par contre totalement insouciants  à la bénédiction de Jean le baptiseur.

Tableau d’Henri Bles, acquis en 2023 © Prov. de Namur © Ph. : Pierre Wiame/« L’Avenir »

Ce serait l’occasion de (re)voir les oeuvres du peintre bouvignois Henri Bles (1510-1550), ainsi que le « Trésor d’Oignies », ayant été présenté, à Paris, au sein du« Musée de Cluny-Musée national du Moyen-Âge »à l’occasion, pour la première fois, de la sortie de nos frontières, pour l’exposition parisienne « Merveilleux Trésor d’Oignies : Eclats du XIIIe  Siècle », ce « Trésor » étant reconnu, depuis 1978, comme l’une des « Sept Merveilles de Belgique »une grande partie des pièces d’orfèvrerie ayant été inscrites, en 2010, sur la liste des biens, classés comme « Trésor de la Fédération Wallonie-Bruxelles ».

« Croix-reliquaire de la Sainte-Croix », du « Trésor d’Oignies », exposée, en 2026, au « Louvre-Lens » (expo « Par delà les mille-et-une Nuits-Histoire des Orientalismes ») © Prov. de Namur

Yves Calbert.

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