« Art nouveau versus Art déco ? 1850 – 1950 : un siècle en 31 sièges », au « Musée Horta », jusqu’au 10 Janvier 2027

© « Musée Horta » © Illustration : Chaise « Lido »/Locarno (Battista & Gino Giudici/vers 1935)/
Acier tubulaire galvanisé et toile imperméable © Photo : Antoine Grenez
Jusqu’au dimanche 10 janvier 2027, le « Musée Horta » nous présente son exposition temporaire « Art nouveau versus Art Déco ? 1850–1950 : un siècle en 31 sièges », ces sièges ayant été conçus par de grands architectes et designers, de Victor Horta (1861-1947) & Henry van de Velde (1863-1957) à Le Corbusier (Charles-Édouard Jeanneret/1887-1965) & Marcel Breuer (1902-1981), tous ont été confrontés à la même question : comment
réinventer l’art d’habiter son temps ? Cette exposition nous propose une lecture inédite d’un siècle de transformations du design & de l’architecture dans le monde occidental.

Divers sièges © Photo : Thomas Lancz
Souvent présentés comme opposés, l’ « Art nouveau » & l’ « Art déco » sont mis, ici, en dialogue, à travers le siège, objet emblématique de l’architecture intérieure, qui devient le fil conducteur du parcours et révèle les continuités entre générations de créateurs. En parallèle, des étudiants en design industriel de l’ « ENSAV-La Cambre » (« École Nationale Supérieure des Arts Visuels ») s’invitent dans la maison-atelier de Victor Horta, en nous présentant leurs créations de prototypes d’assises pour les visiteurs. L’un d’entre eux sera sélectionné pour rejoindre, durablement, le parcours de la visite du « Musée Horta ».

Bois d’acajou, d’érable & textile (Paul Hankar/1893) © « Grand Curtius »/Liège
Le siège est à la fois l’objet le plus ordinaire et l’un des plus complexes à concevoir. Il doit être solide, confortable, fonctionnel. Mais il est, aussi, porteur d’idées, d’innovations & de symboles, chaque génération de créateurs y projetant sa vision du monde.

Fauteuil pour le « Cercle anglais » de l’Hôtel de Ville de Prague (Josef Chochol/1910-1911) © « The Museum of Decorative Arts »/Prague © Photo: Gabriel Urbánek
En réunissant 31 sièges exceptionnels, cette exposition est une première, à plus d’un titre, nous proposant une lecture originale de l‘histoire du design, de l’architecture & des arts décoratifs, entre 1850 et 1950. À travers eux, nous comprenons que les styles ne se succèdent jamais de manière linéaire : ils dialoguent, se croisent et se répondent.

Fauteuil pour le palais des Beaux Arts/Bruxxelle/1926 © Photo : Fabien Sebo
À la fin du XIXe siècle, les pionniers de l’ « Art nouveau » rompent avec les modèles hérités du passé. La structure devient visible, les lignes se libèrent, les formes végétales envahissent le mobilier. Moment de transition, dans les années 1910, où les créateurs hésitent entre tradition & innovation.

Chaise pour le salon de thé de Miss Catherine Cranston, à Glasgow (Charles Rennie Mackintosh /vers 1898) © « Musée d’Orsay » © Photo : Jean Schormans
Puis surgissent les multiples visages de la modernité : géométries raffinées de l’ « Art déco », radicalité du modernisme, fascination pour la machine, démocratisation du mobilier industriel. Enfin, à partir des années 1930, une nouvelle attention au confort, à l’ergonomie & aux formes organiques annonce déjà le design contemporain.

Fauteuil pour le « Salon des Artistes Décorateurs »/Paris (Jacques-Emile Ruhlmann/1932) © « Musée des Années Trente »/Boulogne-Billancourt © Photo : Philippe Fuzeau
La révolution industrielle transforme profondément le mobilier. Métal tubulaire, bois courbé, contreplaqué moulé : les innovations techniques ouvrent des possibilités inédites et favorisent l’accès du plus grand nombre au design. Face à l’industrialisation, certains créateurs redécouvrent les savoir-faire populaires et l’artisanat. Simplicité, authenticité et matériaux naturels deviennent les moteurs d’un renouveau esthétique.

Chaise à dossier haut (Koloman Moser/vers 1903)
© « Galerie bei der Albertina »/Vienne © Photo : Karen Zetter
Des fleurs sculptées d’Émile Gallé (1861-1942) aux motifs stylisés de l’ « Art déco« , la nature constitue
une source d’inspiration inépuisable. Entre observation et imagination, les créateurs la réinventent sans cesse.

Chaise pour l’ « Hôtel Granville »/Ramsgate (Edward Welby Pugin/1870) © « Musée d’Orsay »/Paris © Photo : René-Gabriel Ojeda
À travers ces pièces parfois spectaculaires, parfois étonnamment simples, nous découvrons un siècle de mutations. Les sièges deviennent les témoins privilégiés des grandes transformations qui traversent la société : industrialisation, modernité, fascination pour la nature, innovations techniques ou encore ouverture au monde. Bien plus qu’une exposition de mobilier, ce parcours invite à comprendre comment les artistes et architectes ont imaginé de nouvelles façons de vivre.

Chaise pour le « Salon des Artistes Décorateurs »/Paris (Jacques-Emile Ruhlmann/1932) © « Musée des Années Trente »/Boulogne-Billancourt © Photo : Philippe Fuzeau
Le Japon, le Moyen-Orient, ou encore les traditions occidentales nourrissent de nouvelles expressions artistiques. Les influences circulent et façonnent un langage esthétique de plus en plus international. Au fil du parcours, une évidence s’impose : derrière chaque siège se cache une manière d’habiter le monde.

Fauteuil (Le Corbusier/1915) © Photo : Fabien Sebo
La présente exposition, de portée internationale, est l’occasion d’inscrire le « Musée Horta » dans un réseau & des relais encore inédits (liste non exhaustive) : « Association Maison blanche », « Musée des Arts décoratifs », à Paris, « Musée d’Orsay », « The Museum of Decorative Arts », à Prague,« Musée des Années Trente », à Boulogne-Billancourt, & le « Vitra Design Museum », à Weil am Rhein.

Fauteuil sans pieds, pour la plage/vers 1950 © « Eames Office, LLC »/2026
*** Restauration du « Musée Horta » :
Bien sûr, tout passage par les N° 23, 25 & 27 de la rue Américaine, devrait nous inciter à (re)découvrir toutes les richesses du « Musée Horta », figurant sur la liste du « patrimoine mondial de l’UNESCO ».

Bienvenue dans la maison de Victor Horta © Photo : Fabien Sebo

Toute la lumière de la spectaculaire cage d’escalier © Photo : « Musée Horta »
La volonté du musée étant de préserver de manière exemplaire l’intégrité architecturale et artistique de la maison- atelier de Victor Horta, un vaste programme de restaurations, de restitutions & de transformations, représentant un investissement global de 800 000 euros, a été entrepris, ce chantier d’envergure s’inscrivant dans une vision stratégique à long terme, qui dépasse la seule logique d’entretien, ce devant de réinventer l’expérience des visites.

Un éclairage raffiné © Photo : « Musée Horta »
En novembre 2026, l’ensemble de ce premier programme de restauration devrait être terminé, une seconde étape, en 2029, prévoyant l’ouverture du jardin aux visiteurs et le réaménagement de l’atelier de Victor Horta.

© Photo : « Musée Horta »
Les façades, côté rue et côté jardin, font l’objet de restaurations approfondies, visant à répondre à des urgences
structurelles, liées à l’état des châssis, aux risques d’infiltration et à la corrosion des ferronneries, tout en restituant les teintes, matières & finitions historiques, grâce à des études stratigraphiques et à des techniques traditionnelles.

© Photo : Fabien Sebo
*** « Maison Horta », atelier & annexe :

Une touche d’orientalisme © Photo : Fabien Sebo
Au N° 25 de la rue Américaine, la « Maison Horta » nous accueille, construite en 1900, par Jules Brunfaut (1852-1942), elle nous offre des espaces et les décors soigneusement restaurés & restitués, depuis 1969. Les meubles & objets venus d’ailleurs évoquent fidèlement l’esthétique de l’époque.

L’ancêtre du micro-onde © Photo : Fabien Sebo
En 1898, Victor Horta acheta deux parcelles pour y bâtir sa maison et son atelier, achevés en 1901. Dès l’entrée, un hall élégant et un parloir nous accueillent. A l’étage, les vastes espaces de réception s’organisent autour d’une spectaculaire cage d’escalier, inondée d’une lumière filtrée par les verres d’un lanterneau. Ici, l’intimité familiale donne le ton : un boudoir, un salon de famille et des chambres accueillent Victor Horta, sa femme, sa fille et les amis de passage. Les domestiques se logent sous les toits.

© Photo : Fabien Sebo
Déambuler, dans les espaces intérieurs, c’est se laisser aller à une vraie promenade architecturale. Les bois précieux, les vitraux, l’usage du métal et les couleurs automnales forment une harmonie tout en contraste. Ornements, meubles intégrés et décors, inspirés par une nature toujours en mouvement, apportent à cet intérieur une tonalité singulière, comme un refuge propice à la contemplation.

© Photo : Fabien Sebo
Au N° 23, les anciens bureaux & ateliers évoluent, aujourd’hui, vers des espaces didactiques dédiés à la compréhension de l’œuvre de Victor Horta. L’atelier est conçu pour répondre aux besoins de la création architecturale. Du rez-de-chaussée, initialement dédié à l’administration, nous montons au fumoir, un espace de réception pour les clients. A côté, le bureau de Victor Horta s’ouvre sur le jardin. Baigné de lumière, le deuxième étage accueillait les dessinateurs, chargés de donner forme aux idées et aux détails imaginés par Victor Horta. En sous-sol, un atelier de sculpture permettait de concrétiser les dessins en volumes.

© Photo : Fabien Sebo
Quelques détails décoratifs égaient aussi cet univers de travail, différents espaces permettant, à présent, de comprendre le fonctionnement de cet atelier, de découvrir l’histoire de la restauration du lieu, de s’initier plus globalement à l’œuvre, à la vie et au parcours de l’architecte.

© Photo : Fabien Sebo
Au N° 27, un espace moderne nous attend, déchargeant les deux bâtiments historiques. Transformée en 2016, cette annexe est reliée à la maison-atelier. En y ayant déménagé les services de vente, de gestion & de recherche, elle épargne la maison-atelier et libère de nombreux espaces historiques à la visite.

© Photo : Fabien Se
Outre la découverte, jusqu’au dimanche 10 janvier 2027, de l’exposition temporaire « Art nouveau versus Art déco ? 1850 – 1950 : un siècle en 31 sièges », nous recommandons, bien sûr, la visite du « Musée Horta ».

© Photo : Fabien Sebo
*** Infos pratiques :

Maison et Atelier de Victor Horta © Photo : « Musée Horta »
Ouverture : jusqu’au dimanche 10 janvier 2027, de 14h à 17h30, du mardi au vendredi, de 11h à 17h30, le samedi & le dimanche (dernières entrées à 17h). Fermetures : mardi 21 juillet, samedi 15 août, dimanche 01 novembre, mercredi 11 novembre, vendredi 25 décembre 2026 & 01 janvier 2027. Prix d’entrée : gratuité pour l’exposition / pour le Musée : 14€ (6€, de 18 à 29 ans & pour les demandeurs d’emploi / 3€50, de 6 à 17 ans & pour les détenteurs d’une carte européenne du handicap / 1€50, pour les « Art. 27 » / 0€, pour les moins de 6 ans & pour tous, les premiers dimanches du mois). Adresse : rue Américaine, 27, 1060 Saint-Gilles. Contacts : 02/543.04.90 & info@hortamuseum.be. Site web : www.hortamuseum.be.
Yves Calbert.
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