« Sexisme pépouze, quand l’Art répond à la Haine des Femmes », jusqu’au 29 Mars, & « Prendre sa Place », du 11 au 13 Mars, au « Delta », à Namur

© Collectif « Montée de Sève » © Affiche : « Delta »

** Exposition « Sexisme pépouze, quand l’Art répond à la Haine des Femmes » :

Présentée pour la première fois en Wallonie, imaginée par l’autrice & journaliste bruxelloise Myriam Leroy (°1982), présentée par le collectif« Montée de Sève », dans la salle « 7e ciel » du « Delta », à Namur, l’exposition « Sexisme pépouze, quand l’Art répond à la Haine des Femmes », nous propose des oeuvres d’une quinzaine d’artistes féminines, qui explorent la réalité du cyberharcèlement sexiste, à partir de messages de haine, dont elles ont été victimes.

Myriam Leroy

Myriam Leroy © Photo : Romain Garcin

Définition de « pépouze » : tranquille, peinard, décomplexé.

Diplômée en journalisme, à l’ « UCL », y ayant enseigné l’écriture de presse, ayant reçu, en 2023 – pour ses qualités d’éminente écrivaineréalisatrice, ainsi que son engagement contre les violences faites aux femmes -, les insignes de « Chevalier de la Légion d’Honneur », &, ayant été décorée, en 2024, de« L’Ordre de la Pléiade » pour sa contribution aux « Lettres francophones », Myriam Leroy a anonymisé les échanges d’un groupe « Facebook », auquel elle a eu accès ainsi qu’aux 4.300 messages, publiés en 50 jours, par des complotistes et des extrémistes de droite, dont les messages la ciblaient, ainsi que d’autres femmes.

© Annabella Nezri 

Reconnaissante d’avoir été reconnue comme « Chevalier de la Légion d’Honneur », elle s’exprima au micro : « J’ai une pensée pour toutes celles & ceux qui mènent des combats similaires, qui se battent tous les jours pour un peu de lumière, ou simplement un peu de public, un peu d’argent, un peu d’écho pour leurs idées, un peu de succès pour leurs combats. »

Dans le communiqué de presse, nous lisons : « A priori, ces individus n’ont aucun point commun : ni génération (ils ont entre 40 et 65 ans), ni activité, ni idéologie politique officielle. Ce qui les tient ensemble, c’est une cause : la lutte contre ce qu’ils appellent le « néo-féminisme » et ses soi-disant dérives, qu’il semblerait que Myriam Leroy incarne à leurs yeux. Au fil de leurs discussions se dessine quelque chose de l’ordre de la théorie du complot : les femmes, vénales, mauvaises, idiotes et incompétentes, occuperaient indûment une place qui serait logiquement dévolue à ces hommes. »

« L’autrice a anonymisé leurs échanges et les a transmis (au départ/ndlr) à une douzaine d’artistes dont elle estime le travail. Des femmes mais aussi des hommes cisgenre, car, à titre personnel, elle croit qu’il est temps que des hommes endossent une forme de parole collective sur les violences sexistes. Il ne s’agit pas de s’approprier une parole ou une expérience, mais de porter, avec elles, le fardeau. »

Aux artistes ayant exposé lors d’une première édition, à Bruxelles, en 2024, de cette exposition, se sont ajoutés, sur la base d’un appel à participation, en vue de sa présentation au « Delta », quelques artistes de la Province de Namur.

A l’origine de cette expo, en mars 2024, une membre repentie d’un groupe secret français « Facebook », « La Jupiler League du LOL », envoia leurs conversations à Myriam Leroy, ce groupe portant un nom en référence à une vaste affaire française de harcèlement, connue sous le nom de « La Ligue du LOL », une des plaignante de cette sombre affaire, Capucine Piot ayant déclaré  : « À force de lire des saletés sur moi partout sur les réseaux, j’ai été convaincue que je ne valais rien »

De fait, en Belgique comme en France, il s’agit bien d’harcèlement, via les réseaux !

Ainsi, n’hésitons pas, au « Delta », à feuilleter l’édition, mise en vente (10€), sous le titre « Honte à Elle »,d’un ancien agenda de Sandrine MorganteLiège/1986). Page après page, au jour de 2021 où elle reçut cet harcèlement, elle en a retranscrit les mots. Au-delà des raisons qui auraient provoqué cette déferlante de messages haineux, ce qui frappe est le fond sexiste et la volonté de faire taire la voix d’une femme qui a eu tort de se mettre trop en avant et de se prononcer sur un sujet important.

Pour assimiler et présenter ces messages, Sandrine Morgante a choisi cet objet ordinaire qu’est un bête agenda, pour évoquer la banalité de la violence verbale envers les femmes. Dispersés, au fils des jours, les propos moralisateurs, moqueries et violentes agressions nous sautent à la vue. Ils rappellent que la vie d’une femme est semée d’embûches écrites à l’avance. « Il n’empêche, il reste des espaces libres où l’on peut riposter et réécrire notre condition« , écrit-elle.

Cheveux naturels brodés sur une chemise © Elyse Galiano © Photo : « Delta

De son côté, Elyse Galiano, réalisatrice de décors, notamment pour le « Théâtre royal de la Monnaie », expose une chemise blanche, sur laquelle elle a brodé des cheveux naturels, recouvrant la mention : « C’était le bon temps du sexisme pépouze ».

Aux artistes ayant exposé lors d’une première édition de cette exposition se sont ajoutés, sur la base d’un appel à participation, en vue de sa présentation au « Delta », quelques artistes de la Province de Namur.

Entre autres, l’artiste plasticien namurois Xavier Mossoux, qui nous propose une installation détournant des objets familiers, les cartes postales, présentées sur un tourniquet, dont le mouvement lent et rotatif évoque la répétition des violences faites aux femmes, leur banalisation quotidienne, la lenteur des procédures et ce sentiment de tourner en rond face à ce qui ne change pas.

Les autres artistes – Clémence Didion, Romain Garcin, Stephan Goldrajch, Flora Hubot, Justin Lalieux, Maurine Larcher, Garance Mor, Lucie Poumay, Pauline Reyre, Loïs Soleil & Serge Van Kerck, ainsi que les designeuses du livre, Jeanne Champenois-Masset, Roxane Daguet, Angeline Guzman, Sarah Juin, Lola Roy-Cassayre, Tanz & Dunya Savilovainterprètent ces messages à travers la bande-dessinée, la broderie, la peinture, la poésie, la reliure, la sculpture, …, ces œuvres conversant pour faire éclore une exposition poignante, qui fait l’effet d’un exutoire face au désœuvrement moral, qui transpire de ces messages.

Les yeux rouges par Leroy

« Les Yeux rouges » © Myriam Leroy/ »Editions Seuil »

Mais revenons à Myriam Leroy, lauréate, en 2021, de la « Bourse de la Création » de la Fédération Wallonie-Bruxelles, en signalant que sa première pièce de théâtre, « Cherche L’amour » lui a valu, en 2017, le « Prix de la meilleure Autrice », aux « Prix de la Critique ». Autrice de plusieurs livres, dont, en 2019, « Les Yeux rouges », le récit d’un harcèlement (« Editions Seuil »/192 pages/conseillé dès 16 ans), elle a, par ailleurs, réalisé, avec Florence Hainaut, en 2021, un documentaire dénonçant la violence particulière et le cyberharcèlement dont les femmes sont victimes, sur internet :

*** « Sale Pute » (Belgique-France/2021/57′).

#salepute

« Sale Pute » (Myriam Leroy & Florence Hainaut)

Synopsis : « Loin d’être un phénomène isolé, le cyberharcèlement touche en majorité les femmes. Une enquête édifiante sur ce déferlement de haine virtuelle, aux conséquences bien réelles. un récit international, à la fois intime et politique, qui dresse un état des lieux alarmant de la misogynie. … »

Ce documentaire sera projeté, exclusivement pour les écoles, au « Delta », durant un événement organisé par le collectif « Montée de Sève », en collaboration avec l’asbl « Tapage Studio »du mercredi 11 jusqu’au vendredi 13 mars :

** Evénement féministe pluridisciplinaire : « Festival Montée de Sève – Prendre sa Place » :

« Festival Montée de Sève – Prendre sa Place » © Collectif « Montée de Sève » © Affiche : « Delta »

Au programme :

  • Ateliers : « Explorations intimes », « Ecriture », « Broderie contemporaines » & « Djing ».
  • Conférence : « Prendre sa Place dans l’Intime ».
  • « Masterclass » : « Auto Défense féministe ».
  • Table ronde : « La Place des Femmes dans la Musique ».
Aucune description de photo disponible.

© « Montée de Sève »

Informations : montee.de.seve@gmail.com. Sites web : https://www.ledelta.be/.

Yves Calbert.


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