« Comme ça, tu sais», film de 2′, le Handicap sous un Angle singulier, en Octobre, à Huy et à Moustier, en Novembre, à Liège

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« Comme ça, tu sais » (Cédric Génard & Jean-Philippe Thiriart)

Sélectionné, en 2022, notamment, pour trois Festivals en Inde, à Goa, Kerala et Pune, un en France, au 12è « Nikon Film Festival », et un au Royaume-Uni, à la « First-Time Filmmaker Session », ainsi qu’au sein de la section « Balance ton Short ! », du 12è « Tournai Ramdam Festival, le Festival du Film qui dérange », un court-métrage de qualité est à découvrir, le vendredi 21 octobre, à 09h15, à Huy, au « Centre culturel », dans le cadre du Festival « Les Enfants terribles » ; le samedi 22 octobre, à 19h30, à Moustier-sur-Sambre, au « Centre culturel Gabrielle Bernard », dans le cadre du 34e « Festival du Cinéma belge » ; ainsi qu’au sein d’une séance de courts-métrages, le lundi 28 novembre, à 14h, à Liège, au « Sauvenière », dans le cadre du 4è « Festival du Film sauvage » :

*** « Comme ça, tu sais » (‘Now You Know’, en version anglaise/Cédric Guénard Jean-Philippe Thiriart/Bel./ 2021/02′/film lauréat, en 2021, du « Prix du Public ‘Fais ton Court’ « , au « TEFF » (« The Extraordinary Film Festival », à Namur, ainsi qu’en 2022, du « Bronze Award », dans la catégorie « Meilleur Court-Métrage promouvant l’Inclusion », aux « One Earth Awards », en Inde.

« Comme ça tu sais » (Cédric Guénard & Jean-Philippe Thiriart)

Synopsis : « Une belle chambre d’hôtel. Parfait pour une évasion à deux. Elle a une nouvelle importante à lui annoncer. Il veut, il doit alors, à son tour, lui dire quelque chose de capital … »

« Comme ça, tu sais » (Cédric Guénard & Jean-Philippe Thiriart)

Avis de trois membres de l’ « UCC » (« Union de la Critique de Cinéma ») :

– par Charles Declercq, pour « Cinécure » : « Les réalisateur ont fait fort avec ‘Comme ça, tu sais’, car ce film dure exactement 2 minutes et dit, exprime de nombreuses choses durant son déroulement avec des dialogues affutés au couteau, sans en faire trop et sans trop en dire, ce qui contraint aussi le critique à n’en rien dire de trop, au risque de ‘spoiler’ ce qui fait tout l’intérêt, la force et la puissance du film. Ajoutons que la musique, composée par Clément Grumberg (ingénieur du son, monteur son, mixeur et compositeur de la bande son) pour ce film, ajoute une dimension supplémentaire, en aidant à passer du rêve éveillé au potentiel cauchemar. »

« Bien plus, Jean-Philippe Thiriart et Cédric Guénard réalisent un véritable tour de force en donnant à voir dix-neuf années de vie en cent-vingt secondes. Ils sont aidés en cela par leurs interprètes principaux Jeanne Abraham et Pierre Olivier, ainsi que par trois rôles que l’on ne peut qualifier de petits, car ils ont toute leur importance dans la dynamique d’un récit empli de fulgurances. A voir absolument ! »

– par Véronique Chartier & François Sabeau, pour « Ecran et Toile » : « Si le métrage est aussi réussi, c’est parce que les réalisateurs parviennent à retranscrire notre peur d’exister mais aussi notre difficulté à communiquer. Intelligent, le film est aussi visuellement très réussi, puisque l’univers se nourrit de techniques narratives audacieuses comme le recours au flash forward en tant que cristallisation de nos projections et de nos peurs. Et comme un soin tout particulier a été apporté au son, on se dit que les réalisateurs ont tout compris tant sur le plan du fond que de la forme ! Un film qui fait réfléchir et qui questionne mais aussi un film qui est beau à voir, tout simplement ! »

« Comme ça tu sais » (Cédric Guénard & Jean-Philippe Thiriart)

Autre critique :

– par Bertrand Gevart, pour « Cinergie » : « Abordant les frontières parfois poreuses entre le handicap d’une personne et ce qui semble constituer sa personnalité, avec ‘Comme ça, tu sais’, les réalisateurs Cédric Guénard et Jean-Philippe Thiriart ont définitivement choisi de travailler l’handicap sous un angle singulier, l’articulant avec la liberté, et évitent l’écueil d’un drame primaire. »

Jean-Philippe Thiriart

L’un des deux réalisateurs, Jean-Philippe Thiriart, nous confie : « En 2021, nous avons découvert le concours ‘Fais ton court !’, lancé par le ‘The Extraordinary Film Festival’ (‘TEFF’), festival international de films sur la thématique du handicap et de la différence organisé, tous les deux ans, à Namur, par l’asbl ‘Extra & Ordinary People’ (‘EOP’). »

« Réalisé dans ce cadre, notre film devait être tourné avec un smartphone, une tablette ou une mini caméra portable. Nous avons choisi de travailler avec un téléphone portable : un ‘iPhone 12 Pro Max’. En outre, lors du tournage, nous avons utilisé l’application ‘FiLMiC Pro’. »

« Ayant inscrit ‘Comme ça, tu sais’ au 6è ‘TEFF’, en novembre 2021, ce fut sa première projection publique. »

« A noter que parmi les interprètes, Jeanne Abraham sera bientôt au casting de la nouvelle série de la ‘RTBF’, ‘Trentenaires’, réalisée par Joachim Weissmann, dans lequel elle interprète un des rôles principaux. Quant à Pierre Olivier, il obtint le premier rôle dans ‘Nous quatre’ (Bel./2015/100′), de Stéphane Hénocque, pour lequel il fut nommé, en 2016, pour le ‘Magritte du meilleur Espoir masculin’. Il sera bientôt à l’affiche de ‘Eau forte’, de Just Philippot. De son côté, Elsa Houben est l’interprête du rôle féminin principal du film ‘Le Coeur noir des Forêts’ (Fra.Bel./(2021/107′), de Serge Mirzabekiantz. lauréat du ‘Prix du Public’, dans la catégorie ‘Compétition Nationale’, au ‘Brussels International Film Festival’. Enfin, côté technique, soulignons la présence de  Jean-François Metz, qui fut le chef opérateur du court-métrage ‘Le Cri du Homard’ (Fra.-Bel./2012/30′), de Nicolas Guiot, film lauréat, en 2013, du ‘César du meilleur Court-Métrage’ et du ‘Magritte du meilleur Court-Métrage’. » 

« Comme ça tu sais » (Cédric Guénard & Jean-Philippe Thiriart)

Organisé le 07 juillet 2022, à l’ « Université Saint-Louis », à Bruxelles, la conférence « Alter » fut introduite par un discours d’Isabelle Hachez et Nicolas Marquis.

Extrait : « ‘Comme ça, tu sais’ nous est tombé entre les mains le 28 avril dernier, grâce à une connaissance commune. C’est l’histoire d’une rencontre qui s’est vite transformée en évidence, au point de faire l’ouverture de cette conférence. Une évidence car, en deux minutes, ce court-métrage positionne à 180 degrés la thématique qui nous
réunit, ces 7 et 8 juillet, pour le 10e anniversaire de la Conférence ‘Alter’ : repenser l’institution et la
désinstitutionalisation à partir du handicap. »

« Repenser l’institution et la désinstitutionalisation à partir du handicap. Le handicap qui, ici, n’est précisément pas une
évidence : il ne saute pas d’emblée aux yeux, et pour cause : il relève de ces handicaps dits invisibles, des troubles
qui, pour partie en tout cas, tombent sous le champ d’application de la Convention relative aux droits des personnes handicapées. Un handicap qui est mis en scène dans l’intimité d’une chambre où se jouent l’amour et la vie, à travers l’annonce d’un événement important. Un événement qui, en l’espèce, génère son tsunami d’émotions. Celui-ci propulse Matthieu et sa compagne à la croisée de ce qui fut et de ce qui pourrait être, de la promesse ou de la
condamnation, de la différence et de la commune humanité. »

« En somme, ‘Comme ça tu sais’ met en scène une question très difficile, la responsabilité d’être là, d’être quelqu’un pour autrui, en particulier quand il est parfois déjà difficile de répondre de soi-même à l’égard des attendus sociaux en termes d’autonomie. Les attendus sociaux : voilà bien une des manifestations institutionnelles de ce court-métrage. Tout comme la famille, cette institution dont on sait le potentiel émancipateur, mais aussi les contraintes, voire les violences qui peuvent y régner, à l’écart de la société. Peut-être y voyons nous une façon d’interroger la frontière entre la conception médicale et une approche sociale du handicap. »

« Derrière toutes ces formes d’institutions auxquelles on peut penser, c’est en réalité surtout l’idée de désinstitutionalisation que dit ce court-métrage. L’histoire d’une vie de couple parmi d’autres, banale quelque part,
parce que ‘normale’, que l’on imagine s’écrire dans un lieu de vie ordinaire, choisi par ses protagonistes. Et tout
cela pose la question : qu’y a-t-il finalement de vraiment ‘différent’ dans la configuration qui se joue ici sous
nos yeux ? À partir de quel moment cette différence prend-elle, doit-elle prendre, le nom de handicap ? Et d’ailleurs,
cette différence est-elle encore un handicap si elle est ‘sue’ (
‘Comme ça, tu sais’), si elle est prise en compte,
si un environnement est aménagé autour de cette différence, par exemple par un proche aimant ? »

« … Puissions-nous, ici rassemblés, contribuer à faire bouger les lignes en matière de handicap et de désinstitutionalisation. Ce sont nos vœux les plus chers. Comme ça, vous savez… et, sur ce clin d’œil à ‘Comme ça, tu sais’, nous déclarons ouverte la Conférence ‘Alter’ »

Bannière LET22
© « Les Enfants terribles
Festival du cinéma belge de Moustier
© « Festival du Cinéma belge »

A nous de découvrir ce court-métrage, en soulignant le fait qu’à Moustier-sur-Sambre, le samedi 22, à 19h30, dans le cadre du 34e « Festival du Cinéma belge », « Comme ça, tu sais » sera projeté avant :

*** « Tori et Lokita » (Jean-Pierre & Luc Dardenne/Bel.-Fra./2022/88’/film lauréat, en 2022, du « Prix spécial du 75è Festival de Cannes »)

Une belle occasion de découvrir deux films particulièrement humanistes.

Yves Calbert.







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