« Ecole de Mons, 1820-2020, deux Siècles de Vie artistique », au « BAM », jusqu’au 16/08

« Les Glaneuses de Charbon »/1895 © SABAM Belgium/2020 © Photo : « Artothèque »
Sur trois étages, une centaine d’artistes ayant été – ou étant toujours – actifs à Mons, nous sont présentés, par plus de 150 de leurs dessins, sculptures, peintures, photographies et installations exposés, près de la Grand’ Place de Mons, au« BAM » (« Beaux-Arts Mons »), jusqu’au dimanche 16 août.
Notre visite commence au 2è étage, avec une 1ère section : « Etre Artiste à Mons, au 19è Siècle », évoquant la création, à Mons, en 1781, de l’ « Académie des Beaux-Arts », et, en 1839, du « Musée des Beaux-Arts », qui, de 1841 à 1899, organisera le« Salon de Mons », tous les trois ans.
« Industria » (Antoine Bourlard/ca 1894) © SABAM Belgium/2020 © « BPS 22 »
A peine la porte d’accès au 2è étage franchie, nous sommes mis en présence d’une huile sur toile puissante d’Antoine Bourlard (1826-1899), intitulée « Industria » (ca 1894/214 x 268 cm), présentant des ouvriers héroïques entourant une imposante figure féminine, l’ensemble symbolisant la réussite économique de l’essor industriel hennuyer. Présenté au « Salon de Mons », en 1896, ce tableau décora le Palais provincial du Hainaut, dès 1897, lui-même étant devenu, en 1871, directeur de l’ « Académie de Mons », poste qu’il occupa jusqu’à son décès.
Dans une petite salle voisine, plusieurs autres oeuvres de ce peintre sont exposées, dont « L’Arâtro » (1875/200 x 350 cm), nous présentant trois attelages de vaches évoluant dans un paysage montagneux. Peinte avec force, elle contraste avec deux vues d’autres vaches, se déplaçant dans « La Campagne romaine » (1885/73 x 149 cm) ou mangeant paisiblement de l’herbe, dans « Les Plaines du Hainaut » (s.d./170 x 280 cm).


« Au Temps de nos Aïeux » (Émile Motte/1899) © SABAM Belgium/2020 © Ph. : « L’atelier de l’Imagier »
Remontons le temps, avec une huile sur bois « La Jeune Mère attentive » (s.d./32,5 x 43 cm), de Germain-Joseph Hallez (1769-1840), professeur de dessin, à l’« Ecole centrale du Département de Jemappes », jusqu’à sa suppression, en 1802, devenant, l’année suivante, jusqu’en 1839, le 1er directeur de l’« Ecole de Dessin de Mons », lui qui, âgé d’une vingtaine d’années, mit toute son énergie à sauver de la destruction la Collégiale Sainte-Waudru, au moment des troubles dûs à la Révolution française.

« La Pietà » (Anto Carte/1918) © SABAM Belgium/2020 © Photo : « L’atelier de l’Imagier »
« Le Petit Arlequin » (Anto Carte/1932) © SABAM Belgium/2020 © Photo : « Speltdoorn Studio »





De la photographie, passons à la sculpture, avec, notamment, une terre cuite, intitulée « Le Voyant » (s.d./60 x 46 x 21 cm), sculpté par Christian Leroy (1937-2007), cofondateur du groupe « Maka », ayant enseigné à Mons, à l’ « Académie des Beaux-Arts » et à l’« ESAPV » .
Si cette sculpture est dépourvue de mains, à l’opposé, notons toute l’expression présente dans celles de sa terre cuite émaillée, intitulée « La Déesse Mère » (s.d./48 x 37 x 49 cm). De même pour les mains expressives de la femme représentée dans « Grève de la Faim » (1981/70 x 100 x 70 cm), sculptée en résine époxy, due à l’une des cofondatrices du groupe « Cuesmes 68 », assistante de Christian Leroy, au sein des deux Institutions artistiques déjà citées, Paule Herla (1944-2019).
Dans une autre salle, notre regard est accroché par une impressionnante sculpture, masculine cette fois, de cette dernière,« L’Autre » (ca 1980/200 x 125 x 60), installée face à une immense oeuvre peinte de l’un des cofondateurs du groupe « Marka », ayant enseigné aux « Académies des Beaux-Arts » de Bruxelles et Charleroi, Charles Szymkowicz (°1948), intitulée « Le Monde-L’Oppression » (1973), réalisée en technique mixte sur papier marouflé sur panneau, incluant des collages…
« Le Monde-L’Oppression » (Charles Szymkowicz/1973) © Photo : D.R./« La Province »
Ainsi, en s’approchant de cette oeuvre, en bas, sur la gauche, nous décuvrons des titres de magazines, ainsi que cette phrase de Georges Duhamel (1884-1966) : « Si la civilisation n’est pas dans le coeur de l’homme et bien, elle n’est nulle part » ou encore une toute petite photo de l’attaque d’un commando palestinien, dans l’aéroport de Rome… Et si, deux « Unes » de la presse citent Pablo Picasso (1881-1973), c’est plutôt à Edvard Much (1863-1944) et à son oeuvre, peinte dans une technique totalement différente, « Le Cri » (1893) que nous pensons, les tons bleutés, nettement plus clairs, de cette toile, contrastant avec les couleurs vives de l’oeuvre maîtresse de Charles Szymkowicz.
Notons que cet artiste – qui, ayant réalisé des pochettes de disques, pour Léo Ferré (1916-1993), et des peintures murales, à Charleroi, dans la station de métro « Ouest » et l’ « Hôpital Marie-Curie » – reçut deux « Prix de l’ « Académie des Beaux-Arts de Belgique » (1970 & 1971), un « Prix Dasselborne » (1972) et deux « Prix AntoCarte » (1978 & 1980).
« Moment d’un Photoroman. Que me veux-tu ? » (M. Jamsin/ca 1977) © SABAM Bel. © Ph.: A. Breyer
Autre peintre contemporain, membre du groupe « Marka », Michel Jamsin (°1941), l’un des créateurs, en 1971, du groupe « Maka », ancien professeur de dessin à l’ « Académie des Beaux-Arts », à Mons, auteur d’une série de tableaux intitulée « Moment d’un Photoroman », « Que me veux-tu ? » (ca 1977), cette peinture cellulosique sur panneau étant exposée au « BAM ».
Descendons encore d’un étage, pour découvrir, au sous-sol, d’une dernière section, intitulée « Les Voies de l’Art contemporain à Mons », qui reflète le vent de modernisation soufflant, ces dernières années sur l’Institution académique montoise « Arts22 », née, en 2012, de la fusion de l’ « ESAPV » et du « Conservatoire ».
« La Femme au Chien » (Jean-François Octave/°1955) © SABAM Belgium/2020
Parmi les oeuvres exposées, notons « La Femme au Chien » (1985/95 x 35 cm), une acrylique peinte sur toile de jute, par Jean-François Octave (°1955). Sont, aussi, exposées des oeuvres de Philippe Bouillon (°1966), lauréat, en 1994, du « Prix de la Jeune Peinture Belge », et du Montois Pierre Liebaert (°1990), ayant reçu, en 2017, le « Prix des Arts plastiques de la Province du Hainaut ».
Ainsi se termine notre visite virtuelle, subjective quant au choix des oeuvres que nous venons de présenter, mais qui donne un apperçu de cette exposition, qui, au travers de 150 oeuvres présentées, met en valeur de nombreux artistes rattachés à l’ « Ecole de Mons », durant deux siècles, de 1820 à 2020.
Calalogue © Ed. « Snoeck »/Ph. : « La Romanesque » (Louis Buisseret/1923) © SABAM Belgium/2020
A noter que dans le catalogue, nous trouvons, outre les photographies de toutes les oeuvres exposées, un texte fort intéressant, rédigé par huit auteurs, dont le commissaire, Denis Laoureux (°1974), docteur en histoire de l’art et d’archéologie, enseignant les matières relatives à l’art moderne et contemporain, depuis 2005, à l’« Université Libre de Bruxelles », où il poursuivit ses études. Parmi 224 pages, 36 d’entre elles présentent les artistes dont les oeuvres sont exposées, alors que 3 pages résument les principales dates de la vie artistique montoise, des écoles supérieures d’art aux différents groupes qui réunirent ces artistes.
Ouverture : jusqu’au dimanche 16 août, du mardi au dimanche, de 12h à 18h. Prix d’entrée : 09€ (06€, en tarif réduit / 02€, de 6 à 18 ans inclus). Réservation obligatoire : http://www.visitmons.be ou 065/33.55.80 (de 10h à 12h & de 14h à 17h30). Catalogue : Philippe Ernotte, Michel De Reymaecker, Denis Laoureux, Noémie Petit, René Plisnier, Xavier Roland, Sophie Simon & Christophe Veys (Ed.« Snoeck »/cartonné/ 2020/224 p./35€). Site web : http://www.bam.mons.be.

Prochaine exposition temporaire : « Roy Lichtenstein-Visions multiples », du samedi 10 octobre 2020 au dimanche 07 février 2021 (dates à confirmer, vu l’éventuelle prolongation de l’actuelle exposition).
Yves Calbert.
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