« Ton joli Rouge-Gorge », au « Théâtre de Namur », jusqu’au 22 Février

 

Nous ne sommes ni à Woodstock, ni sur l’île Wight, mais bien à Namur, en présence de 4 personnages, interprétés par Gwen Berrou, Yoann Blanc, Mathylde Demarez et Adrien Desbons, traversant la salle du « Théâtre Royal », de la gauche à la droite, tout en ayant des propos des plus hilarants, avant d’effectuer le parcours inverse, et revenant une troisième fois dans la salle, pour gagner, enfin, leur… camping, installé en pleine forêt, symbolisée par une projection d’arbres à l’arrière de la scène

« Nous avons besoin de nouveaux types de récits », écrivit la philosophe américaine Donna Haraway, poursuivant : « Parce que c’est le récit qui ordonne le réel. Parce que c’est le récit qui cristallise nos représentations mentales. Parce que c’est lui qui permet d’appréhender le monde, de fabriquer la réalité en quelque sorte, en lui imprimant une forme de logique et de cohérence. En ce sens, changer le récit, c’est, potentiellement, changer la réalité. »

En résidence artistique au « Téâtre Varia », à Bruxelles, sous la direction artistique de Ludovic Barth et Mathylde Demarez, la compagnie bruxelloise « Clinic Orgasm Siciety », qui fêtera, en 2021, son vingtième anniversaire, se définit comme étant : « un lieu virtuel d’expérimentation, un laboratoire dont les chercheurs tentent de donner vie à des actes scéniques conçus comme des créatures monstrueuses et délibérément mal recousues, de pousser plus avant l’hybridation entre la performance, le théâtre et le bricolage technologique…« .

« Ton joli Rouge-Gorge » sonne comme une joyeuse farce tragico-rétro-futuriste, qui, avec son humour noir, la gravité lyrique des adolescent·e·s, l’absurde et la science-fiction, bricolée comme une uchronie des années ’80, nous fait plonger dans un bain à la fois familier et décoiffant.

Outre l’intervention régulière la voix off, d’un enfant parlant à ses parents, soulignons que des moments musicaux interviennent avec force, comme si nous étions à un Festival, type « Woodstock » ou « Ile de Wight », ces créations sonores étant dues à Antoine Delagoutte et Greg Duret, alors que, pour une fois, l’on peut assister à des phases de football, sur la scène du « Théâtre de Namur »…, où l’un des protagonistes, « Braun » (Adrien Desbons ) est un robot, supposé être asexué, … quoique… !!!

Pour la « RTBF », Christian Jade écrit : « A défaut d’histoire, il y a une proposition de conte avec un thème de base, comme un théorème. Supposons réalisée dans le futur lointain, l’actualité des transgenres étendue à l’ensemble de la société. Tout le monde est désormais homme et femme à la fois, Freud nous l’a martelé, il y a plus d’un siècle. Mais ici on est un siècle… plus tard, Jules a une perruque de femme, mais il/elle est vachement mec(que) dans les parties de foot. Tou(te)s portent des jupes et robes bariolées et des perruques multicolores, pas bêtement binaires (bleu mâle et rose femelle). Tou(te)s ont adopté l’orthographe inclusive qui neutralise les aspérités mentales du sexe biologique »

« Tous sont de ‘grands enfants’, d’éternels adolescents plutôt, censés jouer avec les codes vestimentaires et esthétiques… Dans la ‘colonie de vacances’ qu’ils forment, ils ont un point commun : ils sont tous atteints d’une maladie mystérieuse qui se caractérise par des vomissements accompagnés, au niveau du langage articulé, d’une régression machiste et homophobe comme si l’inconscient venait démentir la fable idyllique d’une paix possible hors genre… »

« … Une utopie comique dans un monde transgenre, … d’excellents acteurs réussissent une belle performance : nous faire rire (souvent) et réfléchir (un peu)… »

Pour « Le Soir »  : « Impossible de ne pas éclater de rire devant cette relecture hilarante des ressorts masculins-féminins qui conditionnent nos modes de vie aujourd’hui… » 

« … Un spectacle rétro-futuriste où la binarité des genres n’existe plus. Absurde et tordante, la pièce joue avec nos constructions sociales comme la femme à barbe jongle avec les hormones… »

Par ailleurs, le « Théâtre Royal » publie l’avis d’une spectatrice, Marie De Ridder : « Le recours à la fantaisie, à la fable est un moyen très efficace de nous renvoyer à nos propres réalités ; et l’option d’une approche ludique, insolite, et originale des questions du genre, de l’identité, de la domination porte ici pleinement ses fruits… Un spectacle foutraque, hilarant, dérangé et dégenré, malin et utile. Hautement recommandable !… »

Yoann Blanc et Gwen Berrou

Oublions donc les clichés des genres, tels le rose et le bleu, en assistant à cette « utopie comique dans un monde transgenre », à Namur, ce vendredi 21, à 20h30, et ce samedi 22, à 19h. Site  web : http://www.theatredenamur.be.

Yves Calbert. Photos : (c) Alice Piemme.

 

 

 

 

 

 

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