Expositions au « Centre culturel de Chine », jusqu’au 12 Juillet

Encore trop peu connu, le « Centre culturel de Chine », à Bruxelles, nous attend jusqu’au 11 juillet, à l’occasion de ses 2 nouvelles expositions, l’une de photographies récentes de Shanghaï, au gré des saisons, et l’autre consacrée, sur 2 étages, à 6 anciens philosophes chinois (Confusius, Laozi, Mencius, Mozi, Sunzi et Zhuangzi), croqués par 5 dessinateurs-peintres contemporains.

Vernissage de l' "Incroyable Shanghaï"

Vernissage de l’ « Incroyable Shanghaï »

Au rez-de-chaussée, une quarantaine de photographies récentes de Shanghaï sous le titre de « L’incroyable Shanghaï » sont exposées, nous dévoilant les différents aspects de cette mégalopole de près de … 19 millions d’habitants, située aux abords de la rivière Huangpu, dont l’agréable climat subtropical humide attire nombre de visiteurs, venus du monde entier.

Certes, si l’on y découvre le côté particulièrement moderne de la ville (gratte-ciels à la « Manhattan », train chinois à grandes vitesses, …), ses aspects culturels (chorégraphie, musique traditionnelle, opéra chinois, …) et sportifs (automobilisme, cyclisme, …) sont également mis en valeur, … sans pour autant oublier la Vielle Ville, et son calme impérial, fort bien restituée par différents talentueux photographes, … mais si lointaine, néanmoins, de celle, si bien croquée par « Hergé » (Georges Remy/1907-1983) – à l’époque de la guerre des années ’30, entre la Chine et le Japon -,  dans son 5ème album des « Aventures de Tintin » (1936): « Le Lotus bleu »… Néanmoins, trait d’union entre les 2 expositions, entre la photographie et la peinture, cette photo, de Xuan Tan Ping, d’un cours de peinture donné au sein de la Vielle Ville (d’autres clichés étant exposés, entre autres, par la « Shangaï Photographers Associatrion »), en contraste total, en anachronisme avec la modernité de la Shanghaï du 21ème siècle! …

Dans la Vieille Ville (c) Xuan Tan Ping

Dans la Vieille Ville (c) Xuan Tan Ping

… Et de « Tintin », il est de nouveau question dans le hall du 1er étage, à l’entrée de l’ « Exposition picturale sur les anciens Philosophes chinois », Guo Defu ayant signé une oeuvre de grandes dimensions, qui voit Confusius et Zisi, son personnage de BD, rencontrer « Tintin », « Spirou » et un « Schtroumpf », une belle occasion d’illustrer les bonnes relations culturelles existant entre nos 2 pays, cette peinture étant d’ailleurs prévue comme cadeau fait par le « Centre culturel de Chine » à notre « Musée de la BD » (ex »CBBD »), qui la recevra, en son superbe bâtiment du à Victor Horta (1861-1947), à l’issue de la présente exposition temporaire, … ce Musée ayant eu le plaisir d’accueillir, en son sein,  le 14 juin, ce dessinateur-peintre et une délégation d’officiels chinois et belges.

"Confusius, Zisi et la BD belge" (Guo Defu)

« Confusius, Zisi et la BD belge » (Guo Defu)

A cette occasion, Guo Defu nous confia qu’il aurait tant aimé rencontrer Georges Remy, lui qui s’était lié d’une grande amitié avec un artiste chinois, Tchang Tchong-Jen (1907-1998) dont la fille travaille toujours pour les Editions « Moulinsart ». A noter que c’est son père qui rédigea, en mandarin, les noms des nombreuses enseignes de magasins et autres sociétés figurant dans « Le Lotus bleu », où apparaît, par ailleurs, un enfant chinois à qui « Hergé », et ce n’est nullement un hasard, donna le prénom de … « Tchang », ce denier revenant dans les cases de « Tintin au Tibet » (1960). Un bel exemple, déjà, des rapports culturels amicaux entre artistes Chinois et Belges. Assurément, le père de « Tintin » aurait aimé savoir que son personnage soit à ce point apprécié par un dessinateur-peintre chinois.

Tchang Tchong-Jen et "Hergé"

Tchang Tchong-Jen et « Hergé »

… Mais revenons au « Centre culturel de Chine », au lendemain de la visite du « Musée de la BD », à l’occasion du vernissage, le 15 juin, jour où nous retrouvons Guo Defu, son pinceau peignant d’autres « Tintin » sur sa planche de travail, au 2ème étage (cfr. la vidéo sur: http://www.youtube.com/watch?v=epJXjUxe4XI), où il expose 6 de ses peintures, 3 étant consacrées au philosophe Confusius (551-479 avant notre ère/considéré comme le 1er « éducateur » de la Chine), l’une d’elle étant d’actualité, puisqu’elle évoque le football, … sans aucun rapport avec nos « Diables rouges » ou autres équipes nationales, mais saluant plutôt le « Chuju », qui serait la 1ère forme de notre football, le souhait de Confusius, lui-même adepte du « Chuju », étant de mettre en valeur le développement complet de la personne, ce qui passe par la pratique régulière d’activités physiques.

Confusius: "En regrdant le Football Chuju" (Guo Defu)

Confusius: « En regrdant le Football Chuju » (Guo Defu)

Face à ce tableau (« En regardant le fooball Chuju ») de toutes grandes dimensions, nous en découvrons un autre, de même format, véritable oeuvre d’art, où nous découvrons Confusius, sur un éperon rocheux, avec, en fond de toile, un décor de montagnes et de nuages, ce philosophe nous offrant l’une de ses pensées, via le texte accompagnant son tableau « Confusius, Amoureux de la Nature »: « Le sage prend plaisir dans l’eau, le vertueux préférant la Montagne ». Au même étage, des 3 autres peintures, consacrées quant à elles, à Laozi (Lao Tseu/590-531 avant notre ère), nous en retiendrons une, toujours due à Guo Defu, dont l’intitulé est l’une de ses pensées: « Gouverner un grand Etat, c’est comme cuire de petits Poissons », signifiant que « pour obtenir un succès, l’on doit réaliser ce qui est approprié ».

"Confusius, Amoureux de la Nature" (Guo Defu)

« Confusius, Amoureux de la Nature » (Guo Defu)

Afin de nous conter d’autres histoires émouvantes, donnant aux visiteurs une vision plus claire et complète sur les vies respectives des philosophes concernés, un éclairage sur les futilités de leur vie de famille et des coutumes locales, 4 autres philosophes sont évoqués, au 1er étage, par 4 autres dessinateurs de BD et peintres, chacun présentant six tableaux pour chaque philosophe. Nous retiendrons particulièrement le trait d’une extrême finesse de Zhao Mingjun, illustrant  Zhuangzi (Zhuāng Zhōu/370-287 avant notre ère), notamment, un superbe tableau, « La Joie du du Poisson », avec 2 hommes sur un éperon rocheux, faisant face à une mer déchaînée, la pensée du philosophe étant: « Vous qui n’êtes pas un Poisson, vous ne pouvez pas être conscients de la joie d’un Poisson », comme quoi la perception du monde est différente pour chacun d’entre nous. Notons encore « Le Rêve du Papillon », un rêve avec éléments romantiques et pensée philosophique, illustré de forts jolis papillons, Zhuangzi ne sachant pas s’il était encore lui-même ou un papillon… Par contre, ce dont il est sûr, c’est de son détachement face à la mort, comme l’illustre « Chanter pour la Mort », avec cette pensée: « La Vie et la Mort sont naturelles, elles sont justes 2 différentes Formes de la Vie ».

Zhuangzi: "Le Rêve du Papillon" (Zhao Mingjun))

Zhuangzi: « Le Rêve du Papillon » (Zhao Mingjun)

Le philosophe Mencius (372-289 avant notre ère) est, quant à lui, illustré, en 2 formats différents, dans un style nettement plus chargé, par Li Weiding. Le 1er tableau allongé, « Déménager pour une meilleure Education », nous montre le philosophe enfant, marchant à la main de sa maman, cette dernière ayant décidé de déménager à 3 reprises, afin que son fils reçoive la meilleure éducation possible. La toile « Mencius et les Décisions d’un Pays » est commentée par une pensée du philosophe: « Les Matières civiles ne peuvent être remises ». Une autre pensée est évoquée par un autre tableau (« Mencius informant Duke Xuan »): « Une cause juste obtient un large succès quand une cause injuste n’en obtient qu’un petit », alors qu’une autre toile (« Mencius et le Traitement des Ministres et Sujets ») insiste sur le fait qu’un Empereur doit montrer le même respect pour tous.

Mencius: "Déménager pour une meilleure Education" (Li Weiding)

Mencius: « Déménager pour une meilleure Education » (Li Weiding)

Sha Jiasheng, quant à lui, illustre, d’un trait fort coloré, Mozi (Mo Di/470-391 avant notre ère/en opposition à l’intérêt envers la noblesse manifesté par son collègue philosophe que nous venons d’évoquer, certains historiens le considérant même comme étant un penseur prolétarien, dont les thèses remettraient en cause les enseignements confucianiste et taoïstes). Ainsi, dans sa toile « Mozi parlant avec des Gens ordinaires », l’artiste  dépeint l’amour universel du philosophe, riches et pauvres confondus. Dans 2 autres, il nous le montre en train d’enseigner « … à ses disciples » et « … dans ses dernières Années), sans oublier celle, intitulée « Circuits de Lecture  chargés de Lecture », où le philosophe est assis dans son chariot, roulant avec plein de livres à son bord, évoquant, ainsi, l’importance de la Culture pour tous

Mozi: "Enseigner dans ses dernières années" (c) Shao Jiasheng

Mozi: « Enseigner dans ses dernières années »
(c) Shao Jiasheng

A ses côtés, nous passons d’un philosophe opposé à la guerre à un autre, connu comme « Maître de la Guerre », à savoir, Sunzi  (Sun Tzu/544–496 avant notre ère/Général de l’Etat de Wu, sous le règne du Roi He Lu), qui écrivit: « L’Art de la Guerre », le plus ancien ouvrage connu de stratégie militaire, ce titre étant repris comme intitulé de l’une de ses peintures exposées à Bruxelles, où c’est Xin Bingyong qui a choisi de peindre son épopée, les 6 toiles étant réalisées en hauteur, dans des tons plus doux que celles du peintre précédent, dont toutes les oeuvres proposées sont, quant à elles, réalisées en longueur.

"Sunzi frappant le Tambour" (Xin Bingyong)

« Sunzi frappant le Tambour » (Xin Bingyong)

Et dans cette dernière série des 30 toiles exposées, les intitulés des peintures sont explicites: « Sunzi frappant le Tambour » (où il entraîne le personnel du Palais à obéir aux ordres tels des militaires), « Sunzi entraînant la Troupe » (en sa qualité de Général, dont les ordres devaient être respectés par tous ses soldats), « Stratégie d’Attaque soudaine de Sunzi » (ce dernier voulant que ses pairs comprennent qu’ « il convient d’avoir un plan pour surprendre l’ennemi, non préparé, par surprise »), … Nous sommes bien loin, ici, des papillons de Zhuangzi (peints par Zhao Mingjun)  ou de l’amour de la nature de Confusius (peint par Guo Defu), … mais ces 6 séries de peintures nous offrent, assurément, une intéressante approche, par la peinture, des pensées des anciens philosophes chinois, qui se succédèrent entre 590 et 287 avant notre ère… Une exposition à ne pas manquer … et l’occasion de découvrir un vaste « Centre culturel de Chine », aux activités variées, doté d’une superbe salle de spectacle, permettant la projection de films chinois sur un écran plus grand que ceux de certains cinémas de quartiers.

"Orchestre National de Shanghaï" au "Centre culturel de Chine"

« Orchestre National de Shanghaï »
au « Centre culturel de Chine »

C’est dans cette salle que l’ « Orchestre National de Shanghaï », considéré comme le plus grand orchestre moderne chinois, s’est produit les 3 et 6 juin derniers, avec « The elegant East » (« L’est élégant ») au programme, nous régalant de leurs instruments traditionnels, tels que flûtes de bambous, guqin, liugin et pipa. De même, les discours du 15 juin s’y déroulèrent, avec, se succédant au micro, le vice-directeur du « Bureau d’Information de Shanghai », Mr. Chen Jingxi, saluant le 45ème anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et la Belgique, fêté cette année, et un haut responsable de l’ « AWEX », Mr. Michel Kempeneers, qui tint à souligner l’importance de la Culture et des Arts dans les échanges entre nos 2 pays.

Pour clôturer cette sympathique soirée, un représentant de l’ « Institut Confusius », de Brugge, ainsi que Mr. Jean-Claude de la Royère, conservateur du « Musée de la BD », reçurent la 1ère édition, en français, de la « Biographie Illustrée des Grands Penseurs ».

China Calligraphie

Particulièrement actif, le « Centre culturel de Chine » nous attend ces 4, 7 et 14 juillet, entre 13h.30 et 18h., à l’occasion des « Jours de la Famille », permettant à chacun d’expérimenter différentes activités chinoises, telles que la calligraphie ou le « wushu », différents cours étant donnés toute l’année, notamment pour l’apprentissage de la langue ou du « qigong ».

En ce qui concerne la BD chinoise, rendez-vous à la « Fête de la BD », au « Parc Royal », tout au long du 1er week-end de septembre, l’exposition de 2015 ayant été, déjà, particulièrement réussie… Et, « last but not least », une toute grande exposition consacrée à la BD chinoise, est prévue, en 2018, au « Musée de la BD ». A suivre! …

Entrée libre aux 2 expositions, ouvertes du lundi au mercredi, de 09h.30 à 20h., le jeudi et le vendredi, de 09h.30 à 18h. Adresse: Rue Philippe Le Bon, 02, 1000 Bruxelles, face à la station de métro « Maelbeek » et à proximité de la gare ferroviaire « Bruxelles Schuman ». Site web: http://www.cccbrussels.be.

Yves Calbert, avec photos (c) « Centre culturel de Chine », sauf celle de Xuan Tan Ping et une, d’archives, avec « Hergé ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
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