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« Ceci n’est pas l’Europe », à Mons, jusqu’au 26 Juin

 Carricatures Affiche

« A l’heure où l’Union européenne – cette construction pacifique unique dans l’histoire – se doit d’accueillir un afflux de réfugiés  fuyant la pauvreté, la barbarie ou la guerre, , et alors qu’elle est elle-même en pleine crise identitaire, une centaine de petits dessins vont tenter de brosser une dizaine de grands desseins qui agitent le vieux continent… Révélateurs de l’imaginaire collectif, croyants ou athées, de gauche ou de droite, du Nord ou du Sud, 52 dessinateurs, venus de 29 pays du monde entier soulignent avec humour, tendresse, cruauté et parfois tout ça en même temps les aléas plus ou moins graves de ce maelstrom qu’est la construction européenne. Ils mettent aussi en garde. Mais toujours avec ironie, en utilisant un langage lié à l’enfance – le dessin – pour rappeler aux adultes que garder une part d’innocence est la plus grande preuve de maturité« , écrit Nicolas Vadot, dans son « introduction » à l’exposition temporaire « Ceci n’est pas l’Europe – 120 Caricatures d’Actualité » (catalogue, p. 8).

Proposée à notre découverte jusqu’au dimanche 26 juin, au « Mons Memorial Museum », voici une exposition à ne manquer sous aucun prétexte, présentée au sein d’un des nouveaux Musées montois, inauguré dans le cadre de « Mons 2015, Capitale européenne de la Culture ». Ainsi, avec le Suisse Patrick Chappatte, un Ecossais évoque 3 autres régions en quête d’autonomie: CatalogneCorse et Pays Basque. Nous en connaissons une autre, plus proche encore de nous!

(C) Patrick Chappatte (Suisse)

(C) Patrick Chappatte (Suisse)

Fort bien présentée, découvrons donc la « dizaine de grands desseins desseins » évoquée par Nicolas Vadot« Le Projet européen », « La Crise économique », « Une Europe allemande? », « La Crise des Réfugiés », « Les Mouvements indépendantistes », « Les Visages de l’Europhobie », « Brexit or not Brexit », « Sur les Rives du Bosphore », « Nos Voisins de l’Est » et « L’Europe vue par les autres », … des sujets, le plus souvent, d’une brûlante actualité, tels, plus particulièrement, ceux évoquant le « Brexit » ou les réfugiés, tels que ressentis par Pierre Kroll, « Plantu » (Jean Plantureux) ou Nicolas Vadot, … mais aussi par des dessinateurs inconnus chez nous, tels que ceux nous venant d’Algérie (Ali Dilem), d’Australie (Alain Moir), du Burkina Faso (Damien Glez), du Canada (André-Philippe Côté), de Chine (Xia Lichuan), de Cuba (Carlos Alejandro Chang Falco & Aristídes Hernández, ce dernier, signant « Ares », ayant remporté le « Prix de Caricature politique des Nations-Unies », en janvier 2016), des Etats-Unis (Liza Donnelly, Ed Hall & Jim Morin), d’Iran (Payam Borumand & Firoozeh Mozaffari), d’Israël (Avi Katz, Michel Kichka & Uri Fink), du Japon (Norio Yamanoi), du Mexique (Angel Boligan Corbo), de Palestine-Syrie (Hani Abbas) et de Tunisie (Nadia Khiari), sans oublier nombre de dessinateurs du continent européen, incluant la Russie (Mikhael Zlatkovsky) et la Turquie (Izel Rozental).

A la question « quel impact a aujourd’hui la caricature dans le travail de presse? », « Plantu » répond: « On constate tous les jours que le dessin fait partie de la vie des médias. Et qu’un dessin réussi donne au lecteur l’occasion de s’intéresser à l’essentiel, c’est à dire à l’écrit des journalistes. Quand un dessin interpelle un lecteur ou un internaute, il peut lui donner la possibilité de participer à un débat, car le dessin n’est pas neutre, il est une prise de position. Le dessin s’affiche comme une subjectivité, il n’a rien d’objectif, il est totalement subjectif, il est là pour proposer un débat ». Ainsi, avec notre compatriote, Pierre Kroll, sur la question des réfugiés. …

(c) Pierre Kroll (Belgique)

(c) Pierre Kroll (Belgique)

Et de poursuivre, en réponse à la question de savoir quelle actualité européenne le touche, l’inspire le plus actuellement: « C’est la montée du repli sur soi, que l’on constate en Europe, qui m’inquiète et qui fait qu’évidemment, il y a des gens qui ne supportent pas les autres. Les autres, cela peut être l’Allemagne d’Angela Merkel, ou Bruxelles… Pour d’autres, cela peut être les Grecs, qui vivent mal l’intervention des Allemands et notre vivre-ensemble entre Européens… qui s’échangent, maintenant, des noms d’oiseaux, alors qu’on oublie peut-être une chose essentielle, en Europe: si, à l’intérieur des 28 pays de l’U.E., il n’y a pas de guerre, c’est grâce  au ‘Traité de Rome’, signé en 1957″…

(c) Nicolas Vadot (Belgique)

(c) Nicolas Vadot (Belgique)

A noter que le 16 octobre 2006, ce même « Plantu » et Kofi Annan, alors Secrétaire Général des Nations Unies, réunissaient au siège de cette prestigieuse institution, à New York, 12 des plus grands dessinateurs de presse autour d’un colloque intitulé « Désapprendre l’Intolérance – Dessiner pour la Paix ». Ainsi naquit «  ‘Cartooning for Peace’, réseau international de dessinateurs de presse engagés à promouvoir une meilleure compréhension et un respect mutuel entre des populations de différentes cultures ou croyances, en utilisant le dessin de presse comme moyen d’expression d’un langage universel… (Ainsi) aujourd’hui, plus de 120 dessinateurs de 51 nationalités (sont) impliqués dans la promotion du dialogue et de la tolérance ». Rencontrez les sur leur site: http://www.cartooningforpeace.org et venez voir le travail d’une sélection d’entre eux au « Mons Memorial Museum », jusqu’au 26 juin.

Lors de l'Inauguration de l'Exposition

Lors de l’Inauguration de l’Exposition

… Et, avec le Bourgmestre de Mons, Elio Di Rupo, dans l’avant-propos du catalogue, prenons la défense de ces dessinateurs qui, parfois, par idéal, s’exposent à de violentes représailles: « De tout temps, les artistes ont témoigné de l’histoire et des grands événements. Il faut aujourd’hui  considérer les dessinateurs de presse et les caricaturistes à la fois comme des artistes et comme des combattants de la liberté. D’un geste vif et tranchant, ils peuvent déconstruire une idéologie, déboulonner une statue ou provoquer de grands rires libérateurs. C’est pourquoi ils sont parfois la cible des pires violences ».

Ouverture du mardi au dimanche, de 10 à 18 h. Prix d’entrée de l’expo temporaire: 6€ (4€ à prix réduit). Prix combiné avec le Musée: 12€ (8€ à prix réduit). Site: http://www.monsmemorialmuseum.mons.be. Catalogue broché trilingue: 24€ (Ed. « Fédération Wallonie-Bruxelles/2016/172 p.).

Yves Calbert (avec extraits du catalogue).

.

 

 

 

 

Expo temporaire:6€/4€
Ticket combiné musée + expo temporaire: 12€/8€
Tarif Dynamusée : 5€/Enfant (visite expo + Atelier) Réservation au 065/40.53.38
S’adresser à
Téléphone
065/40.53.25
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En réponse aux nombreuses crises que connaît l’Europe actuellement, les dessins de presse sont des instruments puissants pour susciter le débat et promouvoir la tolérance. L’exposition, articulée autour d’une centaine de caricatures d’actualité, invite les jeunes et moins jeunes à réfléchir sur la crise identitaire européenne. Organisée en dix chapitres, elle aborde des thématiques aussi variées que l’ascension inquiétante des mouvements extrémistes, la problématique des migrants, les conséquences de la crise économique, la recrudescence des discours populistes, ou la multiplication des replis nationalistes.

A travers l’humour, l’ironie ou l’émotion, venez découvrir les regards portés par 52 caricaturistes, provenant de 29 pays d’Europe ou d’ailleurs, sur notre société.  Avec notamment : Kroll, Vadot, Plantu, etc.

L’exposition est organisée en collaboration avec Cartooning for Peace. Initiative fondée par Plantu et Kofi Annan en 2006, l’association est un réseau international de dessinateurs de presse engagés qui combattent avec humour, pour le respect des cultures et des libertés. L’un de ses principes fondateurs consiste à passer outre les frontières, qu’elles soient géographiques ou internes à chacune et chacun d’entre nous.

«A l’heure où l’Union européenne – cette construction pacifique unique dans l’histoire – se doit d’accueillir un afflux de réfugiés fuyant la pauvreté, la barbarie ou la guerre, et alors qu’elle est elle-même en pleine crise identitaire, une centaine de petits dessins vont tenter de brosser une douzaine de grands desseins qui agitent le vieux continent.» (Nicolas Vadot- commissaire de l’exposition)
Lieu d’échanges et de débats, musée d’Histoire et de Société, le Mons Memorial Museum présentera 100 dessins de caricaturistesmajoritairement européens, mais aussi russes ou américains. Ces dessins de presse inviteront les jeunes et moins jeunes à réfléchir sur la montée des nationalismes et extrémismes en Europe.

 

À l’heure ou l’Union européenne vit de nombreuses crises, l’exposition fera découvrir à travers l’humour, l’ironie ou l’émotion, les regards portés par les caricaturistes sur notre société. Si Kroll, Vadot, ou encore Plantu restent les plus célèbres dans nos régions, des centaines de caricaturistes travaillent chaque jour pour défendre la liberté d’expression et susciter le débat.

Il y a vraiment beaucoup de choses à mettre en exergue dans cette exposition.

 

1/ Le Mons Memorial Museum

 

Le choix de ce lieu, ouvert en 2015,  ne doit rien au hasard. Au Mons Memorial Museum, les collections historiques nous rappellent que la paix et les libertés ne vont jamais de soi. Nous devons constamment défendre nos valeurs fondamentales.

 

 

2/ Les caricaturistes

 

Pas moins de 52 caricaturistes se sont exprimés sur l’Europe, selon 10 thématiques.

Il y a ceux qui nous font le plaisir d’être présents ce soir: 

 

 

  • Vadot,
  • Plantu,
  • Zlatkovsky,
  • Kroll,
  • Cécile Bertrand,
  • Marec,
  • Joep Bertrams
  • et Cristina Sampaio.

 

D’autres viennent de Chine ou de Syrie. Certains ont même dû fuir de véritables persécutions.

 

 

3/Des thématiques contemporaines

 

Quant aux thèmes abordés, ils sont terriblement contemporains.

 

Le djihadisme, le racisme, l’extrême-droite, les migrations, les indépendantismes, la crise économique… Autant de bombes potentilles, que les dessins permettent parfois de désamorcer.

 

Et puis il y a l’Europe, comme je l’ai indiqué.

 

L’Europe avec sa grandeur et ses petitesses. L’Europe telle que nous croyons la connaître… et l’Europe telle que les autres peuples la vient.

 

4/ Une exposition citoyenne

 

L’intérêt d’une telle exposition est aussi pédagogique.

 

Bien entendu, nous avons pensé aux jeunes. Les jeunes qui sont aujourd’hui bombardés d’informations et de messages de toute nature.

 

Pour eux comme pour nous tous, la distance et l’esprit critique sont essentiels.

 

C’est pourquoi, dans le cadre de cette exposition, un blog pour les jeunes a été créé.

 

L’idée est de continuer à publier de nouvelles caricatures en lien avec l’exposition.

 

Les enfants vont également pouvoir exposer leurs textes et leurs créations.

 

Il est important de permettre aux jeunes de s’exprimer, et pas seulement de comprendre ce qui se passe dans le monde d’aujourd’hui.

 

 

5/Mons

 

Le dernier élément que je veux souligner, c’est la vitalité culturelle montoise.

 

Mons a vécu en 2015 une année tout à fait exceptionnelle.

 

2,2 millions de visiteurs, de nouvelles façons de vivre la culture, une grande mobilisation des citoyens, des expositions d’envergure internationale, cinq nouveaux musées, des lieux patrimoniaux réhabilités…

 

La volonté de la Ville de Mons est poursuivre dans cette voie, qui est celle de la création et du dynamisme.

 

Nous allons donc continuer à mettre sur pied des événements et des expositions d’envergure, année après année.

 

Mesdames,

Messieurs,

 

J’en termine par quelques remerciements.

 

Ø      Le Commissaire de l’exposition, Nicolas Vadot.

Ø      Toute l’équipe de Cartooning for Peace et son Président,  Plantu. C’est évidemment grâce à l’association que l’exposition a pu réunir autant de dessinateurs de presse !

Ø      Je souhaite aussi remercier Manuela Valentino , la Conservatrice des sites Unesco de la Ville.

Ø      Les 52 dessinateurs de presse qui participent à l’expo.

Ø      L’équipe du Pôle muséal de la Ville de Mons et son responsable Xavier Roland. Ainsi que plus spécifiquement Guillaume Blondeau , Conservateur du MMM, Aline Staes et Arnaud Godart.

Ø      Toute la régie du Pôle muséal et son équipe d’ouvriers qui a fait un travail extraordinaire en réalisant elle-même tous les supports scénographiques.

Ø      Les gardiens et les agents d’accueil.

Ø      Le scénographe Martial Prévert, la graphiste Nathalie Binart et Toussaint Colombani

Ø      Le Dynamusée.

Ø      La Fédération Wallonie-Bruxelles.

Ø      Daniel Cohn-Bendit, qui nous a offert un superbe texte dans le catalogue.

Ø      Et enfin Jean Quatremer, qui a rédigé les textes du catalogue.

 

Mesdames,

Messieurs,

 

Place à présent à la découverte des œuvres.

 

Je dédie cette exposition exceptionnelle à l’équipe de Charlie Hebdo.

 

Je la dédie aussi à tous ceux qui, dans le monde, défendent la liberté à la seule force de leurs crayons.

 

Je vous remercie de votre attention.

 

 

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