« Europalia »: Istanbul-Antwerpen, au Museum aan de Schelde #vlaanderen #culture

ANTWERPEN

A Antwerpen, au 3ème étage du « Museum aan de Stroom » (« MAS »), jusqu’au 24 janvier, l’Escaut rejoint le Bosphore et sa « Corne d’Or », à l’initiative de la 25ème édition d’ « Europalia », qui y présente « Deux Ports. Deux Villes », constituant, pour nous, la scénographie la mieux réussie de ses différentes expositions consacrées à la Turquie.

Accueillis par une étonnante projection à 360°, où, une un panorama de l’actuel port d’Istanbul, porte de l’Orient, se fond, sous le même angle de prises de vues, avec ce même port, filmé en noir-et-blanc, à l’époque des 3 mâts. Passant une seconde porte d’entrée, nous découvrons un buste en grès du dieu Scaldis (début du 17ème siècle), nous introduisant bien dans cette mise en parallèle entre l’Escaut et le Bosphore, entre Antwerpen et Istanbul, un port que nous retrouvons sur 4 grands écrans, dévoilant la ville et l’activité portuaire, vus du ciel, en 2015 (Emre Dörter & Elif Simge Fettahoglu).

Istanbul Europalia

« Là où l’eau et la terre se touchent, les cultures se rencontrent. Les ports ne sont pas seulement des lieux où les gens font le commerce de marchandises. On y accède à d’autres mondes, on y échange des idées, on va de découverte en découverte ».

A nouveau, de la Tour de Galata, retour dans le passé, avec un panorama, sur papier, réalisé à la fin du 19ème siècle, suivi d’une évocation de l’ « exposition flottante », qui, en 1926, à une époque où la télévision n’existait pas encore, voulait présenter, à bord du « Kara Deniz », une Turquie moderne, de port en port, se rendant à Barcelone, Copenhague, Liverpool, Londres, Naples, Stockholm, …, sans oublier Antwerpen, bien sûr, le 1er Président de la République de Turquie (1923-1938), Mustafa Kemale Atatürk (1881-1938), étant monté à bord, lors d’une escale, comme un petit film en témoigne.

Ponts sur le Bosphore et souterrains sous l’Escaut sont évoqués, de même que les ferries turcs, qui, à une certaine époque constituait la seule possibilité de se rendre de la rive européenne à la rive asiatique d’Istanbul. Contraste entre l’ancien et l’actuel, de peintures de bateaux sur un coffre de voyage ou d’autres panneaux en bois, nous passons à de nombreuses installations audio-visuelles de jeunes artistes contemporains (leurs noms sont inscrits entre parenthèses).

Ainsi, 49 téléviseurs positionnés dans un carré de 7 x 7 télévisions ou un grand écran où nous voyons des bateaux du 21ème siècle progresser devant un arrière plan fixe de la fin du 19ème siècle (Emre Dörter). De projections de films familiaux turcs, réalisés en 8 m/m et Super 8, entre 1965 et 1985 (Volkan Kisiltunç), nous passons à une colonne, provenant de l’ « Exposition mondiale » d’Antwerpen (1930), présentant d’anciennes photos d’Istambul. Etonnant face à face, également, nous proposant, sur 2 écrans, disposés en vis-à-vis, des portraits filmés de 10″ chacun, d’une part, d’Istamboulotes, et, d’autre part, d’Anversois, femmes et hommes des 2 villes étant rassemblés selon différents thèmes, de la grâce souriante de ces dames aux biceps tendus d’adeptes tatoués de la musculation, en passant par l’opposition des coiffes religieuses des communautés musulmane, de là-bas, et juive, d’ici (Emre Dörter).

Notons la présence d’une oeuvre intense, qui, sur toute sa longueur, nous raconte l’histoire du port de Galata de l’époque où les Génois et les Vénitiens se le disputaient jusqu’à nos jour, utilisant nombre de mini-écrans placés sur une vue panoramique (« Pattu »). Côté audio, nous sommes baignés par des paysages sonores urbains des alentours du Bosphore (Cigdem Borucu Erdogan). Mais des créations de ces jeunes artistes turcs d’aujourd’hui, remontons le temps jusqu’au néolithique, 8.000 ans avant notre ère, avec des objets (bol, jarre, …) qui viennent d’être découverts, lors de fouilles effectuées, avant d’aménager une ligne de métro, dans l’ancien port de Yenikapi, en fonction du 4ème au 11ème siècle, amenant les historiens turcs à reconsidérer les origines de la présence humaine à Istanbul. Egalement exposés pour la 1ère fois à l’étranger, une petite dizaine d’Amphores byzantines (5ème-9ème siècles), des lampes à huile, en terre cuite et en bronze, des pièces de monnaie, une encre en … marbre, différents objets en terre cuite de la Grêce antique (575-550 avant notre ère), …

En vis-à-vis, les témoignages de 2 épaves de bateaux, découvertes à Doel, en 2000. Et sous des affiches de la « Red Star Line » qui opérait à Antwerpen, et du centenaire (1883-1983) de l’ « Orient Express », une imposante chaîne de 18 maillons, qui faisait partie d’un dispositif byzantin (15ème siècle) de défense du port d’Istanbul. Face à elle, l’illustration d’un ouvrage, imprimé à Nurenberg, en 1493, dévoilant le positionnement de ces chaînes à l’entrée du port.

Idée originale, à la sortie de l’exposition, un mini-hall où sont exposées des centaines de cartes postales, envoyées d’Istanbul à Antwerpen, témoignant de la relation qu’ « Europalia » a souhaité créer entre ces « Deux Ports. Deux Villes ».

Notons qu’au « Dépôt » (2ème étage), nous trouvons une sélection de vêtements et d’objets usuels provenant d’Anatolie mettant en valeur les traditions de ce pays géographiquement situé sur 2 continents, de la circoncision aux fêtes de mariage, en passant par le théâtre d’ombres. Enfin, sur l’entrée de la terrasse (10ème étage), d’où nous profitons d’un imprenable panorama sur la ville et son port, nous découvrons un panneau publicitaire lumineux, avec une mention faisant références aux nombreux restos à « pitas » présents à Antwerpen: « Dunya Döner », oeuvre de Serra Tansel (°1989), une artiste turque accueillie en résidence d’artistes par l’organisme artistique anversois « AIR ».

… Et si c’est la ère fois que vous vous rendez au « MAS », ne manquez pas de découvrir, également, les collections permanentes du musée, avec, notamment, « La Vie et la Mort », présentant d’abord, dans une superbe scénographie, « Les Hommes et les Dieux », avec le culte des morts dans l’Egypte des Pharaons; les cultes africains des ancêtres; les rituels en Mélanésie, en Indonésie et au Japon; l’hindouisme; le bouddhisme; ainsi que les religions judaïque, musulmane et chrétiennes. L’Amérique latine n’ayant pas été évoquée, au 7ème étage, nous la retrouvons au 8ème étage, sous l’intitulé « L’Inframonde et le Supramonde », avec une vidéo nous présentant le rituel des morts au Mexique, des objets liés au chamanisme et, « last but not least », l’extraordinaire collection précolombienne de Paul et Dora Janssens-Mas, autrefois présente aux « Musées d’Art et d’Histoire » du « Cinquantenaire ».

Dans les halls de chaque étage et en utilisant les escalators, nous ne pouvons manquer de voir les émouvantes photographies monumentales de l’exposition « Exode. Fuir la Guerre », consacrée à l’exode de plus d’un million de Belges, dès le 04 août 1914. Sept thèmes nous sont proposés, de la 1ère aide d’urgence au retour dans un pays dévasté, en passant par la vie en exil, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas. Ainsi découvre-t-on, à Richmond, des commerces belges, aux enseignes francophones: « Comptoir belge d’Alimentation », « Epicerie liégeoise », « Librairie belge », … A la fin de ce parcours de mémoire, le propos d’un boucher belge de Krombeke nous rapprochent de ce début du 21ème siècle: « Nous n’avons rien pour des réfugiés, c’est pour les gens de chez nous », tout comme les images d’une vidéo nous montrant des Belges marchant par milliers sur la route de l’exil…

Ouverture du mardi au dimanche, de 10h. à 18h. Prix d’entrée, incluant l’accès aux collections permanentes: 10€ (8€: étudiants 12 – 25 ans, + 65 ans &  membres d’un groupe de min. 12 pers.; 0€: – 12 ans & accompagnateurs personnes à mobilité réduite). Catalogue broché trilingue (anglais, néerlandais & français: 25€). Expo « Exode. Fuir la Guerre » et panorama: gratuits.

Yves Calbert.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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