« L’Art d’Hergé, Hergé et l’Art » (« Gallimard »-« Moulinsart »). #bruxelles #culture

C’est autour d’un « petit french » (1/3 de gin et 2/3 de « Noilly Prat »), en 1965, dans le cadre d’une Galerie d’Art de l’Avenue Louise, que Pierre Sterckx (1936-2015) fit la connaissance de Georges Remy (1907-1983), plus connu sous le nom d’ « Hergé », dessinateur-scénariste de « Tintin au Pays des Soviets », apparu, en 1929, dans l’hebdomadaire « Le petit Vingtième » (1928-1940). A la demande de ce dernier, Pierre Sterckx, enseignant en « Histoire de l’Art », à « St.-Luc », lui prodigua quelques cours particuliers, pour lesquels il n’accepta pas d’être rétribué. Une profonde amitié se développa, ne prenant fin qu’au décès de Georges Remy.
Pierre Sterckx et le héros d' "Hergé"

Pierre Sterckx et les héros d’ « Hergé »

Dans sa préface de  » L’Art d’Hergé, Hergé et l’Art », publié le 1er octobre 2015, 4 mois après sa mort, Pierre Sterckx écrit: « Je dédie cet ouvrage à l’homme que j’ai beaucoup estimé, admiré, aimé et dont l’oeuvre géniale n’a jamais cessé d’enchanter mon esprit » (p. 7). Il poursuit, dans son introduction: « La caractéristique principale d’une oeuvre d’art est de donner de l’infini (du présent perpétuel) à partir d’un produit daté et localisé. Tintin est infini » (p. 9).
Pour l’auteur – qui, pour l’aider dans son travail, a eu accès aux archives du « Musée Hergé », à Louvain-la-Neuve -, comme pour tous les « Tintinophiles », cela ne se discute donc pas, « Hergé » est un artiste, d’où la 1ère partie du titre de sa monographie: « L’Art d’Hergé »… Et son art est à ce point reconnu que Pierre Sterckx écrit: « Du marché spécialisé de la bande dessinée, les planches et dessins d’Hergé sont passés dans le marché mondial de l’art … (ainsi) le dessin original de la couverture de « L’Etoile mystérieuse », réalisé en 1942 et vendu 2.500.000€, le 2 février 2015, à la « BRAFA », à Bruxelles » (p.229).
… Et comment ne pas penser au titre de son ultime album, resté inachevé, des aventures de « Tintin »: « Tintin et l’Aph Art », dont plusieurs crayonnés sont repris dans l’ouvrage, fort bien illustré, de Pierre Sterckx (1979/p. 84, 98 à 103). … Sans oublier sa rencontre avec Andy Warhol (1928-1987), qui réalisa 4 portraits de notre compatriote, en 1977, 3 d’entre eux étant la propriété des « Studios Hergé » (p. 227), ni ses propres peintures, peu connues (1960 à 1964/p. 192 à 195), révélant toute son évolution picturale depuis ses croquis de mode (1932/p.36-37) ou ses dessins publicitaires (1927, p.21).
Avec Andy Warhol

Georges Remy et Andy Warhol

Dans son bureau, « Hergé » possédait une reproduction d’ « Intérieur hollandais » (1928), de Johan Miro (1893-1983). L’auteur met ce tableau en relation avec une case de « Tintin au Tibet » (1958), lorsque « Tintin » se réveillant de son cauchemar s’écrie « Tchang »… Il écrit: « Hergé, à de tels moments, montre l’amplitude de son art. Il s’approche d’une sorte de folie que seuls les grands peintres ont osé projeter à partir du chaos » (p. 208-209).
Outre le fait qu’ « Hergé » collectionnait des oeuvres de Fontana, Poliakoff ou Lichtenstein, Pierre Sterckx évoque également « Monsieur Ingres » (1780-1867): « Ingres disait qu’il fallait introduire dans le trait « le nerf et la rage ». C’est ben ainsi qu’Hergé vivait ses esquisses au crayon. Elles sont le feu qui sous-tend la froideur de la mise au net. Sans elles, Tintin serait figé, mort né » (p. 206).
… Mais dans cet ouvrage de luxe, « Tintin » est plus vivant que jamais, l’auteur mettant en relation crayonnés, agrandissements de cases, pages complètes en noir-et-blanc et en couleurs, accordant, notamment, une grande importance au « Lotus bleu » (1936/p. 50 à 53, 107, 110, 140, 162-163, 176-177, 200-201), qu’il décrit comme étant le « Premier chef d’oeuvre incontestable d’Hergé et l’un des sommets de la bande dessine mondiale ». « Il y aura un avant et un après Le Lotus »…, ajoute-t-il (p. 89).
"Le Lotus bleu" (c) Moulinsart

« Le Lotus bleu » (c) Moulinsart

Cet ouvrage, lui-même, peut être considéré comme un livre d’art, tant ces illustrations mettent en valeur « L’Art d’Hergé, Hergé et l’Art », des larmes de son héros, dans « Tintin au Tibet » (1960/p. 79) à la colère du « Capitaine Haddock », dans « Le Crabe aux Pinces d’Or » (1941/p. 118), en passant par la tempête de sable de « Tintin au Pays de l’Or Noir » (1950/p.70), sans oublier le « dzinnng » de « Bianca Castafiore », dans « Le Sceptre d’Ottokar » (1939/p. 183) ou la bataille entre « Milou » et un perroquet, dans « Tintin au Congo » (1946/p. 152). A l’approche de Noël, assurément, une excellente idée de cadeau, non pas uniquement pour les « Tintinophiles » ou simples lecteurs de bandes dessinées, mais aussi pour tous les amateurs du beau dessin et de la belle peinture.
« L’Art d’Hergé, Hergé et l’Art » (Pierre Sterckx/ »Gallimard »-« Moulinsart »/240 p./235 x 285 mm/cartonné/2015).
Yves Calbert,
avec extraits rédigés par Pierre Sterckx.

 

 

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