Hommage à la cinéaste bruxelloise Chantal Akerman. #cinema #bruxelles

Un an et demi après le décès de sa maman, notre cinéaste, mondialement reconnue, Chantal Akerman, née à Bruxelles, le 06 juin 1950, est décédée à Paris, ce 05 octobre 2015, à l’âge de 65 ans, laissant derrière elle près de 50 réalisations particulièrement variées, allant du documentaire à la fiction. Elle sera inhumée à Paris.

Ce 06 octobre, à 18h.30, au « FIFF », à Namur, hasard de la programmation, « I don’t belong anywhere, le Cinéma de Chantal Akerman » (Marianne Lambert/Bel./2015/67′), le 5ème titre de la « Collection des Cinéastes d’Aujourd’hui » était justement présenté à l’ « Eldo 5 ». … Que d’émotion! …

Deux heures plus tard,  à l’ « Eldo 1 », en ouverture du Gala de la « Fédération Wallonie-Bruxelles » et de la « RTBF », après la projection de la bande annonce de ce documentaire, notre Ministre régionale de la Culture, Joëlle Milquet, tint, en ces mots, à lui rendre un vibrant hommage: « Le cinéma belge est en deuil. Notre cinéma devient orphelin d’une de ses plus grandes dames. Hommage à cette femme hors du commun, … l’une de nos réalisatrices les plus connues à l’étranger, … authentique patrimoine d’excellence dans l’histoire du cinéma mondial. … Ayant été étudiante à l’ « INSAS », … elle est éblouie, en 1965, par « Pierrot le Fou », de Jean-Luc Godard (qui lui avait fait dire, au « Centre Pompidou »: « Godard m’a donné de l’énergie et les formalistes m’ont libérée », ndlr), elle réalise son 1er court-métrage, « Saute ma Ville » (13’/1968/ndlr), … son nomadisme devient sa marque de fabrique, … (même si) elle aimait revendiquer sa belgitude. … En constante prise de risques, plasticienne à ses heures, elle expose, en ce moment, à la « Biennale de Venise » (« All the World’s Futures », installation de vidéos, jusqu’au 22 novembre, ndlr). … Chantal Akerman, libre, intemporelle, en mouvement, …, a bouleversé nos coeurs ».

"All the World's Futures" à la "Biennale de Venise"

« All the World’s Futures » à la « Biennale de Venise »

Jean-Paul Philippot, Administrateur général de la « RTBF » prit ensuite la parole, signalant que « La Trois » avait bouleversé son programme, ce soir là, afin de diffuser 2 de ses films. Mais revenons à la réalisatrice qui partie à New York, s’intéressa au cinéma expérimental américain et à ses réalisateurs, sur lesquels elle écrivit: « Ils m’ont ouvert les yeux sur beaucoup de choses: les rapports entre un film et son propre corps, le temps comme la chose essentielle d’un film, le temps et l’énergie. C’est en regardant leurs films que j’ai trouvé le courage de tenter autre chose ».

Akerman Un Divan à New-York

Imprégnée de la vie new-yorkaise, elle réalise l’une de ses comédies les plus connues: « Un Divan à New York » (Fra.-Bel./1996/105′), mettant en scène une danseuse française (Juliette Binoche) avec un psychanaliste américain, son dernier film, « No Home Movie » (Fra./2015/112′) nous ramenant dans un appartement de sa ville natale, Bruxelles, pour un émouvant documentaire sur sa relation avec sa maman, survivante d’Auschwitz, au passé poignant et à l’anxiété chronique, source d’inspiration pour sa fille.

De cette ultime réalisation, retour à sa 1ère oeuvre, « Saute ma Ville », un court-métrage pré-punk, tourné en noir-et-blanc, exprimant de manière explosive son besoin vital de liberté, qui fut soutenu par André Delvaux (1926-2002), dont le décès fut annoncé, au « Casino » de Namur, durant la réception suivant la projection du « Gala de la Communauté française » du « FIFF », un Festival qui, tourné vers le futur, restera à jamais marqué par les décès de deux de nos plus talentueux réalisateurs.

Akerman portrait Venise

Quant à lui, le « Festival du Film de Gand » programme, le 16 octobre, la projection, en avant-première mondiale, de la version restaurée du film dramatique phare de cette réalisatrice d’avant-garde: « Jeanne Dielman, 23 Quai du Commerce, 1080 Bruxelles » (Bel.-Fra./1976/201′).

Notons encore que le « New York Times » parle d’elle comme « L’une des Clés artistiques du 20ème siècle ». Plus près de nous, le directeur de la « Cinémathèque française » Serge Toubiana a salué « une femme de passion« , qui a « exploré toutes les facettes du cinéma – pas seulement l’avant-garde – avec énergie, de façon intrépide, avec boulimie et candeur » et « avec un courage incroyable, un peu au point d’y laisser sa peau« . Pour son producteur, Patrick Quinet: « C’était une énorme cinéaste qui, par sa singularité, a révolutionné quelques pans du cinéma international. C’est quelqu’un d’extraordinaire dans son parcours, puisqu’elle a fait du documentaire, de la fiction, de la comédie musicale, des comédies ou des films plus austères ». Mais laissons, pour ultime hommage, ces mots de l’écrivain Olivier Steiner: « Chan­tal, je l’adorais. Elle était folle, bien sûr. Folle géniale. »

Yves Calbert.

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s