Du « Grand Jacques » à « Ernest et Célestine », jusqu’au 27/09/2015 #bruxelles #art #culture

Au « Musée de la Ville de Bruxelles », aussi dénommé « Maison du Roi », face à l’Hôtel de ville, se tient, jusqu’au 27 septembre, une bien séduisante exposition, « Bruxelles », consacrée au travail de l’illustratrice Bruxelloise Martine Martin (1928-2000), également connue sous le pseudonyme de « Gabrielle Vincent ».

Si nul ne peut oublier l’extraordinaire succès du dessin animé « Ernest et Célestine » (Stéphane Aubier, Vincent Patar & Benjamin Renner/Be.-Fr.-Lu./2012/80′), nominé aux « Oscars » (2014), « César » du meilleur Film d’Animation (2013) et lauréat de 3 « Magritte du Cinéma », du meilleur film, du meilleur réalisateur & du meilleur son (2014), il ne faut pas perdre de vue que ces 2 sympathiques personnages sont nés, en 1981, de la plume de « Gabrielle Vincent », Martine Martin pour l’état civil, 26 livres relatant le quotidien de cet ours paisible, papa au coeur d’or, et de cette espiègle souris, au caractère bien trempé, ayant été édités chez « Duculot-Casterman », que ce soit « Ernest & Célestine au Cirque » (format 18×25/1988), « … au Musée » (21×19,5/1985), « … au Jour le Jour » (18×18/1992), « La Fanfare » (18×18/1999), « La Chambre de Joséphine »/20,5×24,6/1987), … « La Naissance de Célestine » (15×21/1987), …

"Musiciens des Rues" © "Fondation Monique Martin

« Musiciens des Rues » © « Fondation Monique Martin »

… Et si de nombreuses aquarelles originales, publiées dans différents ouvrages, sont exposées, sous une vitrine, l’on retrouve aussi, un « storyboard », des carnets de croquis, des tests de mise en couleurs et autres brouillons, parfois sur papier quadrillé, au crayon ou au stylo à bille… Et, pour peu, l’on ressentirait la présence de l’artiste, sa petite table de bureau, ses crayons, ses pinceaux, ses tubes de couleurs, sa veste, ses chaussures, …, étant présentés devant quelques-unes de ses planches originales.

Mais Martine Martin ne se limite pas à cet ours, à qui elle a offert les traits de celui qui l’a initiée au travail en noir-et-blanc, le peintre anversois, Jos de Smedt, décédé en 1966 (« toutes les couleurs se retrouvent dans le noir-et blanc », disait-il), ni a cette souris, inspirée d’elle-même. Ainsi, pour réaliser ses 1ères oeuves, elle prit Bruxelles comme thème, d’où l’intitulé de cette fort belle exposition.

Ainsi, côte à côte, nous retrouvons quelques anciennes cartes postales des différentes communes de Bruxelles-Capitale et ses peintures les reproduisant fidèlement, sans oublier ses croquis en noir-et-blancs, notamment des habitants des Marolles. Du cirque, alors installé sur la Place Flagey, elle croque les clowns et les chevaux.

"Grand' Place" © "Fondation Monique Marin"

« Grand’ Place » © « Fondation Monique Marin »

« Martine a une curiosité balzacienne pour le spectacle de la vie… Elle a le regard perçant et implacable de Lautrec… Mais elle révèle une inépuisable tendresse pour les enfants qu’elle dessine sans arrêt et de mille façons » (Casole/ »Le Soir »/1960).

Dans son « Carnet personnel » n° 1, elle écrit, en 1975: « J’ai compris que je me suis écartée depuis longtemps de ce qui me passionnait uniquement avant: les gens. Les visages, les yeux, les mains, … Présence saisissante. Intensité des regards… Je dessinais la vie »…

Aussi, elle s’attache au monde culturel bruxellois et réalise, au pastel et à la sanguine, de superbes portraits de Jacques Brel, 24 étant publiés par « Duculot-Casterman », en 1989, avec une préface signée par France Brel, l’une de ses 3 filles: « Monique Martin résiste avec talent à l’agressivité de notre époque. Elle a pris le temps et le plaisir d’écouter mille fois les chansons de Jacque Brel. Elle m’a confié que chaque trait des ses illustrations correspond à une nouvelle écoute… A travers chaque dessin, on retrouve les expressions devenues célèbres de l’homme de scène et de l’homme privé… Merci à Monique Martin de nous offrir, par son talent, une nouvelle chanson « sans paroles » de Jacques Brel… Etre d’émotion et de sensibilité, elle nous livre ses images, comme Jacques Brel nous livre sa poésie ».

Plusieurs de ces portraits de grands formats sont exposés, de même, qu’en formats plus réduits, des illustrations de chansons du chanteur-compositeur bruxellois. De fait, qui mieux qu’elle aurait pu dessiner, au crayon noir, sépia & lavis: « Les Vieux » (« Duculot-Casterman »/21x 19,5/ 1989), où l’on retrouve:

« La pendule d’argent
Qui ronronne au salon,
Qui dit oui, qui dit non,
Qui dit: « Je vous attends »…

Leurs gestes ont trop de rides,
Leur monde est trop petit,
Du lit а la fenêtre,
Puis du lit au fauteuil,
Et puis du lit au lit » … (1963/©Jacques Brel)

Bruxelles Brel

 

« Je dessine, je dessine sans arrêt, en écoutant Brel … Pas un trait, pas un coup de pinceau sans l’écouter, lui… Qu’y a-t-il en lui qui provoque en nous une telle émotion? Pouvez-vous me le dire? Qui est Brel? En transposant ses mots en dessins, j’essaye de comprendre… J’écoute la chanson en vous écrivant. Vous la connaissez bien sûr. Je cherche mes mots pour en parler. Mais ai-je un autre moyen de m’exprimer que celui des traits, des ombres et des lumières »? …, écrivait-elle à un ami.

Aussi, « Duculot-Casterman », en 1993, publia un autre ouvrage de l’illustratrice bruxelloise, dont on retrouve plusieurs originaux (au crayon & lavis en noir-et-blanc) au sein de l’exposition du « Musée de la Ville de Bruxelles: « Moi, je t’offrirai des Perles de Pluie », reprenant ses illustrations de 3 autres chansons de Brel: « Jef », « Orly » & « Ne me quitte pas »).

« En quelques traits sobres, affûtés, affinés, sans équivoque, l’artiste fixe la douleur, exprime la solitude, révèle l’épuisement… Monique Martin dessine comme elle parle… Ces croquis d’assises sont le résultat d’une exigence sans faille, d’un regard sans concession, d’une tendresse sans restriction » (André Gyselinx/préfaxe « Au Palais »/ »Duculot-Casterman »/1994), … ses traits que nous retrouvons au sein de la présente expo, notamment au sein de sa section consacrée aux 20 années qu’elle consacra à vivre, jour après jour, dans différentes salles du Palais de Justice de Bruxelles, au contact des avocats, des juges & des prévenus.

Exposition ouverte du mardi au dimanche, de 10 à 17h., le jeudi jusque 20h. Prix d’entrée: 5€, incluant la visite des collections permanentes du Musée, dont, au même étage, la collection des nombreux vêtements offerts à notre « Manneken-Pis ». Accès au Musée, hors exposition: 4€. Jusqu’à 6 ans: 0€. Gratuité, également, pour les moins de 18 ans, le week-end. « Article 27 »: 1€. Site: www.fondation-monique-martin.be.

… Et si vous apprécier le coup de crayon de Martine Martin, ne manquez pas de vous rendre, aussi, à l’ « Espace Wallonie », pour visiter leur exposition: « Ernest et Célestine, quand les Livres s’animent ». Ouverture du lundi au vendredi, de 11h. à 18h., et le samedi, de 13h. à 18h. Entrée gratuite pour tous!

A noter, que le 27 septembre, dernière journée d’ouverture des 2 expositions, à 15h., le long métrage «  »Ernest et Célestine » sera, une nouvelle fois, projeté sur grand écran, au Ciné « Galeries », sis « Galerie de la Reine ».

Yves Calbert.

 

 

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