« Fluide », à Thuin, jusqu’au 20/09 #wallonie #art #culture

En dialogue avec son passé médiéval, son beffroi, ses ruelles, ses « jardins suspendus », Thuin, perle du Val de Sambre, ville partenaire de « Mons 2015 », nous propose, jusqu’au 20/09, avec la complicité du « BPS22 » (« Musée d’Art de la Province du Hainaut »), un parcours artistique contemporain particulièrement intéressant.

Créé en 2006, par le « Centre culturel de Thuin-Haute Sambre », il suscite émotion, curiosité et réflexion, en parcourant rues, places, églises, bois du « Grand bon Dieu », ravel, …, marquant le territoire de son empreinte significative, réenchantant la ville par le biais de l’art et de la culture. Cette année, par leurs oeuvres particulièrement diversifiées, 18 artistes français et belges abordent, en 13 lieux, la notion d’espace public, les traditions populaires et le folklore thudinien (site: www.fluide-thuin.be).

Fluide F1 2

Ainsi, lors de l’inauguration de ce parcours d’art actuel, pour peu, l’on se croyait sur un circuit de « F1 », Christophe Terlinden (°1969), avec son oeuvre « Jour de Fête », ayant placé, sur le viaduc, huit mâts porteurs de ces drapeaux à damier propres aux courses automobiles. Au fil du temps ces 8 drapeaux deviennent les pavillons d’une navire, un drapeau européen original, …

Pour « Fluide », avec « Migration temporaire », Stephan Vee (°1970) déploie une centaine de pigeons ramiers sur la façade d’une maison. Si ces oiseaux en résine, recouverts d’une peinture aéronautique, ne roucoulent point, ni n’excrètent, leur nombre, leur parfaite similitude et l’orientation de leur corps, tous vers une même direction, les rendent menaçants, eux qui sont devenus, dans la réalité, un fléau urbain.

Fluide Stephan-VEE-Migration-temporaire

Sur une autre façade, celle de l’église N.-D. des Carmes, Sara Conti (°1971) a posé « Messiah », sa peinture, ode à la femme et à la féminité, d’une Vierge en majesté, représentée sous la forme d’une « Matriochka » enceinte, aux seins voluptueux, ré-envisageant ainsi l’avènement du Messie.

A l’opposé, dans une chapelle, Michael Dans (°1971) a placé « La Vierge des Pauvres », une madone à genoux, abattue et suppliante, semblant demander l’aumône aux passants. Cette sculpture en bois peint, qui peut déranger, questionne notre rapport à la mort, la solitude, la désolation.

fluide vierge

Originalité toujours, dans la matière, cette fois, avec un retour au viaduc de Thuin,  en … couques de Dinant, cette fois, du à Adrien Tirtiaux (°1980), « Le Béton dans l’Art », … du matériau-phare de la modernité, audace du génie civil wallon, à une spécialité du terroir, qui, ici, ne peut être consommée.

A quelques mètres de là, dans une cour intérieure, « Gardiens du Fleuve », de Daniel Fauville (°1953), le vétéran des artistes exposant à Thuin, qui nous propose ses embarcations échouées, invitation au voyage, à une rêverie au bord de l’eau. Réalisées en fonte, elles témoignent de la sueur des hommes travaillant le métal en fusion dans les hauts-fourneaux de la région.

Autre création ayant trait à la batellerie, l’évasion et les voyages, « Thuinderdome », exposée dans le quartier du Rivage, en bord de Sambre, oeuvre d’un duo d’artistes, Thibaut Blondiau (°1973) et Jérôme André (°1972), qui nous proposent un voilier, réalisé avec des matériaux de réemploi, les voiles étant, en fait, des pare-brises de voitures, des autocollants en vinyle évoquant discothèques et autres boîtes de nuit thudiniennes.

Grâce à une carte éditée et distribuée gratuitement par l’ « Office de Tourisme de Thuin », nous pouvons tracer notre propre chemin, (re)découvrir la ville, y semer du sens et faire interagir les oeuvres entre elles, découvrant, également, les oeuvres d’ Olivier Cornil, John Cornu, Jérôme Considérant, Djos Janssens, Olivier Kosta-Thefaine, Sophie Langohr, Christine Mawet, Ludovic Mennesson, Xavier Rijs, Jonathan Sullam, Philémon Vanorlé et Arnaud Verley.

En route, donc, pour une balade « Fluide », riche en sensations et découvertes, grâce à cette seconde édition, la 3ème étant programmée pour 2017, « Fluide » devenant, désormais, une biennale d’arts de la rue, nombre d’oeuvres pérennes pouvant faire de Thuin, d’ici quelques années, un musée d’art contemporain à ciel ouvert.

Yves Calbert.

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s