100000 visiteurs pour Chagall. #bruxelles #art #culture

 

Ouverte depuis le 28/02, l´exposition « Chagall » (« Musees royaux des Beaux-Arts de Belgique »),organisee en partenariat avec le « Palazzoreale » de Milan, accueillait, ce 03/06, ses 100.000eme et 101.000eme visiteurs, venus de Pologne, MadamePatrycja Turek-Kwiecinska, et sa fille,Franciszka. Afin que vous puissiezdecouvrir ou revoir cette exceptionnelleretrospective – presentant plus de 200 de ses oeuvres,realisees des 1908 -, celle-ci sera ouverte en nocturnes, jusqu´a 21h., a l´occasion de ses 4 derniers jours, du jeudi 25 au dimanche 28 juin.

De salles en salles, nous suivons l´evolution artistique de Marc Chagall, ne en 1887, a Vitebsk, en actuelle Bielorussie, au sein d´une famille de juifs hassidiques, naturalise francais en 1937 et decede en 1985, a St.-Paul-de-Vence. Ainsi, la 1ere thematique couvre ses debuts artistiques de 1908 a 1914, de ses etudes dans l´atelier de Bakst, a St.-Petersbourg, a sa decouverte de l´ « avant-garde », a Paris. Avec « Moi et le Village » commence la construction du repertoire d´images qui sera bientot la base de l´oeuvre poetique de l´artiste: les creatures volantes, les animaux, un monde fantastique construit sur l´ímaginaire populaire dont il est a la fois l´expression et l´interprete.
A cette epoque, il ecrit:
« Dieu, toi qui te dissimules dqns les nuages,
Ou derriere la maison du cordonnier,
Fais que se revele mom âme,
Ame douloureuse de gamin balbutiant.
Montre-moi mon chemin.
Je ne voudrais pas etre pareil a tous les autres;

Je veux voir un monde nouveau »…

« Moi et le Village » (1912/©Chagall®SABAM 2015)

Fiance a Bella Rosenfeld, il retourne en Russie, pour l´epouser en 2015. Dans ses peintures, le visage de Bella predomine. Apparaissent egalement des couples d´amoureux, sa famille et sa maison natale. Il signe ses 1ers portraits de Juifs et, dans « Le Juif rouge », des caracteres hebraiques apparaissent. Une petite salle met en valeur son travail, en 1919-1920, pour 2 scenes moscovites: le « Théâtre satirique revolutionnaire » – ou, a l´attention du dramaturge russe Nicolas Gogol (1809-1852) et sa piece « Le Revizor », il cree un decor scenique inovateur – et le « Theatre national d´Art juif » – pour lequel il concoit 4 panneaux muraux allegorisant le theatre, la musique, la danse et la litterature. Interesse par la mise en scene et le jeu des acteurs, il lui arrive de realiser des costumes de scenes, creant, parfois, des decors irrealistes, hyperboliques, a partir de cercles, demi-cercles, triangles et rectangles.

En 1920, il se renda Berlin, rejoint par sa femme,Bella, et leur fille Ida. Age d´à peine 30 ans, il rédige « Ma Vie », son autobiographie, avant de revenir a Paris, en 1923. La recherche d´une nouvelleidentite, personnelle et artistique lui inspire des paysages radieux,baignesdúnelumiere transparente. Des éléments tires du vocabulaire surréaliste apparaissent, dememe que desfenetres, lien entre l´interieur et l´exterieur. A la gouache, avecspontaneite etlegerete, il illustre les « Fables »redigées par La Fontaine. Des ledebut desannees ´30, les couleurs s´assombrissent, les ombres augmentent et l´on  voit surgir pour la 1ere fois les effigies du Christ et de la Madone, a cote de celle du juif errant et durabin cherchant asauver les rouleaux de la Torah,prelude a son exil aux Etats-Unis, fin 1940, les Nazis qualifiant son oeuvre d´ « Artdegenere ».

Dans ses peintures apparaissent des crucifixions, le Christ portant le Talit des Juifs. « Je me considere comme l´un des enfants du peuple juif que des ennemis inhumains poussaient dans des fours crematoires et des chambres a gaz », ecrit-il. Mais l´art le sauve du desespoir et, des 1942, il travaille, a Mexico, aux decors et aux dessins des costumes d´ « Aleko », pour le futur « American Dance Theatre », la musique etant de Piotr Ilitch Tchaikovski (1840-1893), « Les Tziganes », poeme d´ Alexandre Pouchkine (1799-1837) etant l´argument de cette choregraphie de Leonide Massine (1896-1979). En 1945, il fait de meme pour l´ « Oiseau de Feu » d´ Igor Stravinsky (1882-1971). Bella decedant en 1944, il epouse Valentina Brodsky en 1952, dans le Midi de la France, ou ils se sont installes. Trouvant, a ses cotes, une nouvelle veine creatrice, il agremente ses oeuvres de bouquets de fleurs (« Quand je me suis trouve a Nice, ou je návais jamais ete, je me suis senti dans le royaume des fleurs. C´etait pour moi une nature nouvelle qui
m´enchantait, …, m´emerveillait et me fascinait »…), avant, dans les annees ´60, de realiser des vitraux (pour la cathedrale de Metz et une synagogue de Jerusalem), des peintures murales, des tapisseries et des mosaiques.
« La Promenade » (1917-1918/©Chagall®SABAM 2015)
Pour l´inauguration du « Metropolitan Opera », au « Lincoln Center », a New York, en 1966, il utilise, egalement, la technique du collage, se servant de cartons decoupes, encolles, puis peints, ainsi que de morceaux d´etoffe. C´est d´ailleurs avec plusieurs de ses collages que nous terminons la visite d´une exposition que tout amateur d´art se doit d´avoir visite, les oeuvres exposees provenant de plus de 20 musees, dont « The Metropolitan Museum of Art » (New-York), « The National Gallery of Art » (Washington), le « State Russian Museum » (St.-Petersbourg), le « Tate Museum » (London), le « Centre Pompidou » (Paris), ainsi que d´autres musees des pays deja cites, du Canada, d˝Espagne, d´Italie, du Japon, du Liechtenstein et de Suisse. Ne manquons donc pas cette exceptionnelle occasion d´aller a la rencontre de l´impressionnante oeuvre de Chagall.
Ouverture du mardi au vendredi, de 10h. a 17h., samedi et dimanche, de 11h. a 18h., du jeudi 25 au dimanche 28, jusqu´a 21h. Prix d´entree, incluant un audioguide (disponible pour adultes ou pour enfants): 14€50 (17€50, le w.-e.); seniors: 12€50 (15€50, le w.-e.); jeunes, moins valides (et un accompagnateur par personne), enseignants: 7€50 (8€50, le w.-e); jusqu´a 5 ans inclus: 0€; offre famille (2 adultes et 2 jeunes de 6 a 25 ans inclus: 32€ (40€, le w.-e.). Site et « musee numerique »: www.expo-chagall.be.

Catalogue: 39€ au Musee (44€95 en librairie/Ed. Giunti-Fonds Mercator/352 p./28×30 cm/304 illustrations/2015). Prochaine exposition: « 2050, une breve Histoire de l’Avenir », des le 10 septembre 2015.

Yves Calbert

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