La Chronique de Piet Bull: TROUS DE MÉMOIRE ! #humour #media

Piet Bull - 2

C’est trop injuste ! Je viens de me faire gronder par mon maître pour avoir fait un petit trou dans le jardin afin d’y enterrer mon nonos. Pourtant, dans ma belle ville Capitale de l’Europe, j’ai bien observé le comportement des humains qui, eux non plus, n’arrêtent pas de creuser partout. Pire ! Ils entourent leur ouvrage de voyantes barrières jaunes et bleues, y font un bruit infernal, mettent parfois maintes semaines avant de le reboucher et plusieurs autres encore pour dégager la chaussée ou le trottoir. Ma promenade quotidienne – où s’égrènent tous les vingt mètres des indications « Piétons, traversez ! » – s’apparente donc souvent, d’un trottoir à l’autre, au parcours d’un saint-bernard ayant trop abusé du tonnelet qu’il porte en sautoir. Quand exceptionnellement, ma maîtresse délaissant son véhicule pour ne pas tomber « dans le panneau des routes barrées”, j’emprunte ce qu’elle nomme les “transpire en commun », nous ignorons toujours où nous devrons descendre, le bus étant couramment détourné par les terroristes du terrassement, plus efficaces que les hijackers d’antan.

Ma copine Pinambour, une vieille taupe tuberculeuse qui a eu son heure de gloire en 40 45, prétend que l’habitude vient de la Grande Guerre : les Belges y auraient creusé des tranchées et – voyant le succès de l’opération – depuis ne s’arrêtent plus. Elle ajoute, sardonique, « ‘Faudrait peut-être leur signaler que la bataille est finie ?! » A mon humble avis, la taupe Pinambour n’a pas les yeux en face des trous car un observateur attentif notera que le processus diffère de la franche inondation des plaines de l’Yser. Il commence par une sape hydraulique insidieuse qui surprend bientôt par un brusque effondrement du sol. Pour le boucher – C’est logique ! – on appelle « la compagnie des os » qui est en cheville avec la commune. Ses hommes arrivent, examinent le terrain, clôturent les lieux et, sous prétexte que les eaux sont basses, disparaissent plusieurs jours durant. Evidemment, la déperdition du liquide continue et, à leur retour, ils retrouvent un remake de Mai 68 : leurs « barricades » avec « Sous les pavés, la plage ! » Alors, ils se mettent à piocher un peu partout cherchant où diable peut être cette bon dieu de fuite… pendant que les commerçant du lieu se lamentent sur celle de leurs clients. Enfin, entre plusieurs petits creux qu’ils s’en vont régulièrement combler, ils trouvent la cause de l’écoulement, y placent un joint de moindre qualité que celui qu’ils ont fumé entre deux coups de pelle et s’en vont tout en se doutant qu’ils seront rappelés d’urgence deux mois plus tard.

D’après Mimi – mon amie la petite souris qui a fait son trou dans le fromage de la politique belge (« Un peu de tout ! ») – il paraîtrait que cette façon d’augmenter les coûts et de retarder l’heure H aux frais des contribuables – sans que les doléances de ceux-ci ne soient prises en compte par les autorités – tient d’ailleurs du miracle, le miracle de Cana (bis ?) où l’eau se métamorphosa en vin… ou, plus exactement, en « pots-de-vin », rétrocédés (dans certaines communes) à un homme naturellement appelé « lèche-vin des travaux ». Cela semble confirmé par le cri du cœur d’un ancien bourgmestre des marais – lieux sur lesquels a été bâti Bruxelles – qui, convaincu d’avoir touché 10% sur des travaux, s’était exclamé jadis naïvement « Mais… tout le monde le fait ! »

S’étonner après cela que la Région de l’Iris se transforme en Emmenthal (Le vrai Gruyère n’a pas de trous !) par l’action conjuguée des compagnies d’électricité, de gaz, de réasphaltage… n’est pas de mon ressort. Je ne suis qu’un cabot, après tout et je ne paie pas d’impôts ! Mais qu’on ne vienne pas me reprocher d’imiter les pouvoirs publics en faisant un petit espace de rien du tout dans mon jardin, na !

Chien de la ville de Manneken Pis ou même d’ailleurs, si tu vois passer sous tes fenêtres une caravane de véhicules aux conducteurs décontractés, n’aboie pas et jappe plutôt de contentement: les travaux de voirie ne commenceront peut-être pas devant chez toi en ce jour !

Piet BULL

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