Rubis, Grenat, Onys, « Rouges & Noirs », à Namur. #namur #art #culture

Après le succès rencontré avec son exposition: « Regards sur le bleu. – Turquoise, Saphir, Lapis et autres Minéraux bleus dans l’ Art et l’ Archéologie », en 2011, le « Musée provincial des Arts anciens » (« TreM.a »), sis au installé, depuis 1964, dans l’hôtel particulier (XVIIIème siècle) du Baron de Gaiffier d’ Hestroy (1806-1882), nous attend à Namur, jusqu’au 12 septembre, avec une nouvelle expo consacrée aux pierres précieuses: « Rouges & Noirs – Rubis, Grenat, Onyx, Obsidienne et autres Minéraux dans l’ Art  et l’ Archéologie ».

Lisons ce qu’écrit Michel Pastoureau sur « le rouge et le noir », si chers à « Stendhal » (Henry Beyle/1783-1842): « Le rouge est la 1ère couleur qui fut maîtrisée, … c’est le sang de la terre devenu celui des hommes. Mais c’est aussi le feu, à la fois créateur et destructeur; D’où une symbolique toujours ambivalente qui peut exprimer aussi bien la vie, l’amour ou la charité que la violence ou la mort. Le rouge est à la fois la couleur des dieux, des rois et des guerriers et celle du diable et de l’enfer… Autrefois masculin, fortement lié au pouvoir et à la guerre, le rouge est progressivement devenu u

couleur féminine, symbole d’amour et de plaisir »…

« Le noir incarne à la fois la couleur des origines du monde et celle de la mort et du néant. Partout les ténèbres ont précédé  la lumière, et la vie a pu prendre forme. D’où une double symbolique qui accompagne le noir tout au long de son histoire dans la plupart des sociétés: le noir est matriciel et créateur d’un côté et mortifère de l’autre… au coeur du Moyen-Age chrétien, … le noir vestimentaire est associé aux vertus de l’humilité, de la tempérance, de la dignité et de la justice. Le noir est la couleur de la Réforme. Aujourd’hui, le noir vestimentaire renvoie à l’élégance, au luxe et à la modernité. Mais le noir reste aujourd’hui un des attributs de la misère, de la vieillesse et de la mort ».

Mais revenons à la rue de Fer où,les échafaudages ayant enfin disparu, nous pouvons, désormais, admirer les stucs de la façade (1768) longeant le trottoir, récemment restaurés et classés « Patrimoine exceptionnel de Wallonie ». Passant le porche, nous trouvons, directement à main droite, l’accueil des salles d’expositions temporaires.
65001 masque     Au 1er étage, accessible aux personnes à mobilité réduite, nous pénétrons au sein du monde fascinant des pierres précieuses  rouges et noires, avec ses bijoux, accessoires, objets utilitaires ou de luxe illustrant le pouvoir symbolique de chacune d’entre elles mais aussi nombre d’ usages particuliers à travers les époques et les continents.

Ainsi, dans les deux premières vitrines, nous retrouvons des pendeloques en hématite remontant au néolithique, pierre noire provenant, ici, de l’ Hesbaye,  et des amulettes en cornaline, pierre rouge encrant dans la réalité présente, datant du Nouvel Empire égyptien (1500 à 1000 avant notre ère).

Prisé à l’époque romaine, le jais fut délaissé jusqu’au XIXème siècle, époque où il revient à la mode, une vitrine nous dévoilant des objets de deuil de l’époque, tels sur des bijoux ou  sur un éventail.

A quelques mètres de là, nous remontons le temps, gagnant le Mexique, avec une pointe de flèche en jaspe rouge, un collier avec pendentif anthropomorphe, un vase à anse et une coupe (250 avant notre ère- 250 après) et d’ autres objets mettant l’ obsidienne en valeur.

De l’Amérique latine nous passons à l’Asie, avec une boîte à compartiments de la dynastie Ming (1368-1644), un scarabée en obsidienne et jaspe, un petit crocodile en cornaline (Nouvel Empire), objets en laque et bâton de cinabre (pigment rouge vermillon) du XXIème siècle (Shangaï) pour sceaux d’identification graphique, objets en laque, sans oublier des netsukes japonais (1600-1868).).

Retour en Europe, avec la superbe couronne reliquaire des Saintes Epines, constituée de 8 plaques en or, incrustées d’ émeraude et de rubis (1206) et un autel portatif en porphyre rouge, ivoire et argent (XIIème siècle).

Musée.Diocésain

Que de beautés, encore, avec le corail, décorant plusieurs hochets en argent (XVIIIème siècle), ornés de clochettes et servant de bâton de dentition et de sifflet, ou ornant délicatement une ombrelle en lin, rendant hommage à la fine dentelle de Bruxelles (1849). Du corail encore pour un joli collier (1852-1870) ou pour décorer un peigne diadème pomponne en vermeil (1815, année de la défaite de Napoléon, à Waterloo).

Du rouge, revenons au noir, avec un corsage en soie damassée, orné de jais (1902), un « tesbih », du Yemen (chapelet islamique du XVIIIème ou XIXème siècle) et une tête de méduse en marbre noir de Belgique (XXIème siècle).

N’oublions pas les prestigieuses vitrines présentées par la joaillerie Van Cleef et Arpels, de la Place Vendôme, à Paris, fondée en 1906. Que d’émerveillement, Mesdames! Mais, comme le disait si bien le conservateur en chef, Jacques Toussaint, lors de la visite de presse: « Messieurs, vous pouvez accompagner vos dames sans crainte, ici, rien n’est à vendre »!

Admirons donc paisiblement une châtelaine d’inspiration chinoise, en émail, platine et or jaune, avec perles et diamants (1924); un flacon à parfum « oiseau de paradis », en laque rouge, émail, jadéite, platine, or jaune et diamants (1924); un nécessaire « au dragon », en émail, jade, or jaune et diamants (1923); un étui à cigarettes, en émail rouge et noir, verre et or jaune (1926); un poudrier, en émail noir, or jaune et diamants (1923); une minaudière, en laque noire, rubis, or jaune et diamants (1938); …; …; …

Notons enfin la présence de sculptures d’artistes contemporains, tels Ado Chale, Léo Copers, Vincent Dellacherie, Richard Flament, Raffaello Galiotto, Georg Hüter et Mireille Liénard, qui, à l’image des artisans du passé, rivalisent d’imagination et de savoir-faire pour exprimer dans la pierre la variété des significations, utilisant le rouge du feu ou de la beauté et le noir du deuil et de la fertilité.

Ouverture du mardi au dimanche, de 10h. à 18h. Prix d’entrée, incluant l’accès aux collections permanentes, dont le réputé « Trésor d’ Oignies »: 5€ (2h.50: étudiants, seniors & membres de groupes d’ adultes; 1€50: élèves de groupes scolaires; 0€: – de 12 ans). Catalogue, rédigé sous la direction de Jacques Toussaint, conservateur en chef & directeur du « Service des Musées en Province de Namur »: 35€ (Ed. Lasan/376 p./29,7 sur 21 cm/2015). DVD: 10€. Site: musee.arts.anciens@province.namur.be.

Yves Calbert.

 

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