Impressions en immersion dans la Foire musulmane.
Pour sa troisième édition, organisée du 7 au 10 novembre 2014 à Tour & Taxis, la Foire Musulmane de Bruxelles a accueilli plus de 20.000 visiteurs, à la plus grande satisfaction des organisateurs.Notre journaliste Richard Blin était sur place pour sentir l’atmosphère de ce salon un peu particulier
Il est vrais que pendant mes visites, dans les allées de cette foire, je n’ai rien à déclarer de très original ! Mais quand même, je vais y revenir plus tard… Pour certain ils seront heureux d’apprendre qu’il va y avoir une prochaine édition (et pourquoi pas !) et pour d’autres ils seront au regret d’apprendre cette nouvelle annoncée enfin du communiqué de de presse pour la clôture de la foire:
« Ligue des Musulmans de Belgique (LMB) et la société GEDIS sont fières de pouvoir annoncer la tenue d’une quatrième édition à l’automne 2015. »
Le vendredi 7 novembre lors de ma première visite, en immersion (sans m’être déclaré journaliste à l’entrée), je n’ai pas ressenti de sollicitude particulière à mon égard comme je l’ai remarqué en fin d’enquête, le dimanche après midi. Le vendredi je me sentais même à vrais dire isolé ! Barrière de langue, de culture ou de religion ? Non. Le porte parole de la foire, lors de notre entretien le dimanche, Mr Karim CHEMLAL me dit que ce n’est juste une impression car c’était le premier jour, l’installation. Pourquoi pas !
Le second jour, le samedi, oh malheur, beaucoup de monde, beaucoup trop ! Impossible de se faire un chemin toujours en « sous marin » et seul dans la foule. Je suis plus qu’observé que sollicité par les visiteurs à 90 % nord-africains, étrange sensation ! Je ne reste pas long temps et je ne peux me vanter d’être venu.
On me confirme (par le staff de la foire au service presse)le dimanche lors de ma venu, cette fois en officiel, comme reporter avec mon badge au tour du coup soigneusement prêté par le team, que M. Tariq RAMADAN es venu le samedi et qu’il y a eu un pic d’affluence de plus de 5000 personnes a moins. Tout s’explique !
Mais pourquoi quand je parle de M. Tariq RAMADAN au porte parole du salon, en lui soulignant que M. Tariq RAMADAN est le petit fils du fondateur des frères Musulmans, Hassan El-Banna, l’embarras le gagne ? Ce n’est pas le seul. Même question sur d’autres stands de la foire, et les visages se figent, les langues ne communiquent pas sur ce point ! On me reproche même de vouloir en parler !
Mr Karim CHEMLAL porte parole de la foire me demande même pourquoi vouloir revenir sur la paternité ou les ascendances familiale de cette personne et non uniquement de parler de cette personne comme orateur ! Moi j’aimerais savoir pourquoi M. Tariq RAMADAN n’est pas cité dans le communiqué de presse de la clôture de la foire alors que tout le monde me confirme que sa venue a entraîné une affluence particulièrement dense ?
Nous avons en communiqué uniquement ceci :
« Plusieurs pics d’affluence ont été constatés au cours du weekend, notamment lors des débats de samedi et dimanche, ainsi que lors du concert de Maher Zain dans la soirée de samedi. »
Serait-il délicat de parler de M. Tariq RAMADAN ? Le débat reste ouvert car une autre polémique a bien vu le jour.
Pourquoi cette polémique et pourquoi cette foire peu poser problème selons certains ?
Nous n’allons pas revenir sur le climat instable dans certain pays arabes. Les mesures politiques actuelles ou les fais divers relayés par les media confirme la tension, le mot reste faible dans certains coins du globe.
Nous ne pouvons pas nier l’actualité. Peut-être les journalistes en font-ils trop ! Je vous pose la question, il y a-t-il vraiment un problème de cohabitation entre communautés ? Les pouvoirs publics ne savent ils pas gérer l’insertion, voire l’intégration ou l’assimilation ? Lors des élections certains partis politique récupèrent-ils la phobie de certains, une maladie croissante ?
Il faut avouer qu’il règne une certaine crainte de l’étranger, de l’inconnu. De la population et des visiteurs de la Foire Musulmane faut il avoir peur ?
Une foire, justement, c’est un espace de rencontre et de découverte. Les organisateurs et le porte parole Karim CHEMLAL insiste sur ce point afin de laisser libre chacun de se forger son point de vue sur l’Islam mais aussi sur nos idées reçues ; idem pour la venu de M.Tarek AL-SUWAIDAN les organisateurs de la foire voulaient ouvrir le débat, comme dans une démocratie me dit-on.
Mais maintenant le porte parole ne peut s’exprimer librement sur l’interdiction de la venu de M.Tareq AL-SUWAIDAN, suite à l’interdiction édictée par le bourgmestre de Bruxelles, M. Yvan MAYEUR, le porte parole de la foire se sent muselé.
Mais alors pourquoi cette polémique ?
Le porte parole de la société GEODIS, organisatrice du salon, me confirme qu’ils n’étaient pas au courant des dérapages de leur invité ! Et même qu’ils ont obtenu le visa d’entrée de M. Tareq AL-SUWAIDAN et que suite à l’annonce de sa venue, la polémique à commencer à naître dans leses médias ! Les autorités ont dès lors en compagnie de Yvan MAYEUR, bourgmestre de Bruxelles, retiré le visa d’entrée de M. Tareq Al-SUWAIDAN. Là je constateun paradoxe au niveau des administrations et un manque de relais des media.
On nous assure aussi qu’il n’a jamais été intentionnel de faire un buzz ou un coup médiatique avec la venu de ce personnage décrit par le journal Le Soir comme un « prédicateur antisémite » », qui malgré tout, s’est excusé par un communiqué officiel de la Foire ainsi que sur sa propre page Facebook.
J’aimerais finir cet article avec , deux réflexions.
La première : « L’Islam c’est la paix », j’invite les gens à mieux s’informer, à se constituer eux même leurs points de vue.
Mon deuxième point sera celui là : (méditer sur les écrits ci dessous de Morvan Lebesque)
« Le breton est il ma langue maternelle non ! Je suis né à Nantes ou on ne le parle pas … Suis-je même breton ? Vraiment je le crois. Mais de « pure race » qu’en sais-je et qu’importe ? Séparatiste ? Autonomiste ? Régionaliste ? Oui et non ; différent. Mais alors vous ne comprenez plus. Qu’appelons-nous être breton ? Et d abord pourquoi l’être ?
Français d’état civil, je suis nommé français, j’assume à chaque instant ma situation de français : mon appartenance a la Bretagne n’est en revanche qu’une qualité facultative que je puis parfaitement renier où méconnaître. Je l’ai d ailleurs fait. J’ai longtemps ignoré que j’étais breton… Français sans problème, il me faut donc vivre la Bretagne en surplus ou pour mieux dire en conscience : si je perds cette conscience la Bretagne cesse. La Bretagne n’a pas de papier. Elle n’existe que dans la mesure où à chaque génération des hommes se reconnaissent bretons. A cette heure des enfants naissent en Bretagne. Seront-ils bretons ? Nul ne le sait. Chacun, l’âge venu, LA DÉCOUVERTE OU L IGNORANCE … »
Extrait de « COMMENT PEUT-ON ETRE BRETON ? » Livre de l’écrivain Nantais Morvan Lebesque sous titré « essai sur la démocratie française » et publié aux éditions du Seuil en 1970
Comme pour qu’un Breton affirme son identité en France, comment le musulman de Belgique peut-il vivre sa foi et affirmer son appartenance au sein même de la capitale de l’Europe ? Nos autorités ont-elles depuis l’arrivée de leurs premiers coreligionnaires dans les années 60 fait suffisamment pour le bien-être et l’émancipation des populations de souche arabo-musulmane ou reste-t-il encore beaucoup à faire ou au contraire en a-t-on déjà trop fait ? Où la limite se place-t-elle ?Le débat reste ouvert…
Reportage, texte & photos Richard Blin.


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