TITANIC: The artifact exhibition
40 tonnes de pommes-de-terre, 35 tonnes de viande, 4 tonnes 1/2 de sucre, 40000 oeufs, 1650 litres de crême glacée, 20000 bouteilles de bière, 1350 de vin, 3000 tasses à thé, 2000 salières, 800 bottes d’asperges, …, prévus pour servir 66000 repas, ce sont les étonnantes quantités de vivres (prévus pour servir 66000 repas) que transportait le « Titanic » (269 m de long, 28 de large, 46329 tonnes), lorsqu’il quitta le port de Southampton (U.K.), le 10 avril 1912, à destination de New York (U.S.A.), via le port français de Cherbourg.
C’est ce que nous révèle, entre autres, la très intéressante exposition « Titanic : The Artifact Exhibition », toujours présente au « Palais 2 », sur le site de « Brussels Expo », au Heysel, jusqu’au 30 novembre, véritable hommage aux 1523 personnes décédées, tous leurs noms figurant, avec ceux des 705 survivants, sur deux pages du catalogue, ainsi que sur le « mur du souvenir » de l’avant-dernière salle.
Dans cette même salle, des objets redonnent vie à leurs 6 propriétaires. Ainsi, parmi eux, Adolphe Saalfeld, 47 ans, parfumeur de Manchester, nous revient grâce à quelques-unes des 62 fioles retrouvées, sur 65 emportées à bord, certaines d’entres elles dégageant encore des effluves de leur agréables parfums, lors de leur découverte, sur le lit de l’ Océan Atlantique.
Edgar Samuel Andrew, 17 ans, un Britannique né en Argentine écrivait à un ami, Josey Cowen : « … je vais embarquer sur le plus grand bateau à vapeur du monde, mais je n’en suis pas particulièrement fier, à l’heure actuelle, je préférerais que le Titanic se trouve au fond de l’océan »… Et c’est bien là, fort malheureusement, que l’on retrouva sa valise et ses 70 livres; ses cartes postales d’Argentine et de Londres étant exposées dans cette même salle, où figurent, également, les objets retrouvés de 4 autres passagers disparus, de même que la photo de Millvina Dean (U.K.), née le 2 février 2012, deux mois 1/2 avant le drame, et décédée le 31 mai 2009. Elle était la dernière survivante du « Titanic ».
Dès l’entrée, dans un décor de valises, nous apprenons, sur un montage vidéo, que deux compatriotes, Anna de Becker, 36 ans, et Guillaume de Messemaeckers, 37 ans, se rendent à New York, à bord de ce navire, réputé comme insubmersible, car suite au divorce de l’un deux, la loi de l’époque les empêchaient de se remarier en Belgique, malgré 15 ans de vie commune. Sans le savoir à ce moment, deux passagers eurent la chance d’être refusés à bord, sur intervention du service sanitaire, ce qu’illustre une photo projetée sur un mur. Entamée avec les passagers Belges, qui étaient 27 à bord, dont 2 membres d’équipage, l’exposition leur consacre sa dernière salle, nous informant que seulement 7 d’entre eux survécurent, arrivant à New York, débarquant du navire « Carpathia », avec tous les autres rescapés, le 18 avril 1912. Nous y apprenons aussi que le Bourgmestre de Denderhoutem avait annulé la kermesse annuelle, en 1912, suite à l’annonce du décès de 10 de ses concitoyens. Après diffusion du nom des disparus, il constata qu’en fait une seule personne était portée disparue. Par ailleurs, dans un premier temps, les journaux américains titraient : « Tous sauvés », prétendant, à tort, que les passagers avaient pu monter à bord d’un autre navire!
Le 29 avril 2012, le Bourgmestre de Liège évoquait, dans son discours, la disparition d’un de ses jeunes administrés, Georges Krins, 23 ans, en ces termes : « Dans cette nuit tragique, nuit de terreurs et d’angoisses où la plupart ne pensaient qu’à eux-mêmes, les huit musiciens de l’orchestre, obéissant à une sublime inspiration, reprirent leurs places et ne cessèrent de jouer jusqu’à l’instant où le Titanic s’abîma dans les profondeurs de la mer. Un tel acte honore hautement ceux qui l’ont accompli « . Cette fin héroïque est fort bien rendue par une séquence du film « Titanic » (James Cameron/USA/ 194’/ 1997), avec Léonardo Di Caprio. Mais le 1er film relatant ce naufrage, un court métrage, « Saved from the Titanic » (Etienne Arnaud/USA/10’/1912) fut tourné en noir-et-blanc, par les studios « Eclair », avec Dorothy Winifred Gibson, authentique passagère du « Titanic », qu’elle pu quitter à bord du canot N° 7.
Au sein des différentes salles de l’exposition, nous découvrons, outre des portraits de passagers, de nombreux objets authentiques, parmi les 5500 répertoriés, ayant résisté à l’usure du temps, à la très forte pression de l’eau, au manque d’oxygène et de lumière, avant, enfin, d’être récupérés au cours de sept expéditions scientifiques, entre 1987 et 2010, l’épave du « Titanic » n’ayant été localisée qu’en 1985, après 73 ans passés au fond de l’ Océan Atlantique, par 3650 m de profondeur, à 41°46′ N. et 50°14′ O. Parmi eux, de la valise en cuir de la 2ème salle au costume masculin de l’ avant-dernière salle, notons : lampe de pont, thermomètre de moteur, compas de navigation, jumelles, porte d’un coffre-fort, supports métalliques d’un banc, toque de pâtissier (de William Edward Hine), bouton de col (18 carats), chaîne en or jaune (14 carats), porte-monnaie en mailles d’or de type égyptien, poudrier, produits de toilette en céramique, nouveau rasoir de sécurité à lames jettables « Gillette », pipe, blague à tabac, crachoir du fumoir, évier, marmite de cuisine, carafes d’eau en différentes qualités de verre (selon la classe à laquelle elles sont destinées), bouteilles de champagne et « Grand Marnier », verres à « Sherry », boîte à épices en cristal, chocolatière en argent, …, sans oublier une quarantaine de plats à gratin, en argile réfractaire, qui, leur armoire ayant disparu, furent préservés dans le sable. A noter que la vaisselle pouvant être utilisée à bord d’autres navires, aucune pièce ne porte la mention « Titanic », mais bien celle de son armateur, la « White Star Line ».
Pour mieux nous replonger dans l’ambiance du « Titanic » – dont le nom provient de « titans », divinités de la mythologie grecque -, différents décors sont présentés, comme celles de deux cabines, nous montrant toute la différence entre le grand confort de la 1ère classe et les deux lits superposés, placés sous la tuyauterie bien visible, de la 3ème, … qui proposait 2 baignoires pour … 710 passagers!!! … Bien sûr, le tarif des billets marque davantage encore ce contraste : de 40 USD (600€, en 2014) en 3ème à 2500 USD en 1ère (750 cabines équipée d’une baignoire), deux suites étant disponibles à 4500 USD (75000€) l’unité!!! … A ces deux deniers prix, l’on pu, plus facilement, avoir accès aux canots de sauvetage, ce qui se ressent cruellement au nombre des victimes et survivants dans chaque classe : en 1ère 125 personnes décédées pour 199 sauvées, en 2ème, 116 pour 168, et en 3ème, … 529 pour 181. Quant à l’équipage, dont certains avaient passé leurs nuits dans des dortoirs de … 50 lits, sur 910 employés, … 701 furent portés disparus!!! …
« C’était une nuit sans lune et je n’avais jamais vu les étoiles briller avec autant d’éclat. … Elles jetaient autant de feux que des diamants » (Jack Thayer)… Quelle bien jolie description en totale opposition avec le drame qui se prépare à 400 miles nautiques au Sud de Terre Neuve, Canada! … « Iceberg droit devant », 3 sons de cloche, entend-on, en provenance du « nid de pie » (poste d’observation)! … Trop tard, à une vitesse de 21 noeuds, malgré un virage désespéré à gauche effectué sur l’ordre du 1er officier William Murdoch, à 23h.40, le choc est inéluctable, 800 m étant nécessaire pour pouvoir arrêter le « Titanic »! … Six brèches dans la coque sur 91m40 de longueur! … Panique sur le pont, d’autant plus qu’ il n’y a que 1178 places à bord des canots de sauvetage pour … 2228 passagers! … Pire, 2 canots sur 20 (alors que 32 étaient prévus à l’origine) ne peuvent être mis à l’eau : 136 places de perdues! … Et dans l’agitation, les 4 premiers canots partent en étant loin d’être remplis! … « Les femmes et les enfants d’abord » crient les officiers! …
Il se dit, cependant, qu’ Ida Straus, 63 ans, choisit de rester avec son mari Isidor, 67 ans, des grands magasins « Macy’s » de Broadway, lui disant : « Nous vivons ensemble depuis tant d’années.Où que tu ailles, j’irai ». De même, Benjamin Guggenheim, 46 ans, richissime Américain, ayant permis à sa maîtresse française, la chanteuse Léontine Aubart, de prendre place à bord d’un canot, avant de s’asseoir dans un salon, en compagnie de son valet, Victor Giglio, aurait déclaré : « Nous avons passé nos plus beaux habits et sommes prêts à mourir en gentlemen ».
Le 15 avril, à 2h.20, toute trace du « Titanic » avait disparu, avec 1523 passagers et membres de l’équipage à son bord! Comme l’écrivit Jack Foster, philosophe irlandais : « Nous sommes tous des passagers du Titanic ».
L’exposition est ouverte du mercredi au lundi, de 10h. à 18h., sauf le jeudi, jusque 21h. Prix d’entrée : 15€90 (de 5 à 11 ans : 12€90, jusqu’à 4 ans inclus : gratuité, 2 adultes + 2 enfants : 50€00). Ces prix incluent la vision d’un court métrage réalisé pour le « National Geographic Channel » (versions en français et en anglais, avec sous-tires en néerlandais) et un audio-guide (tous les commentaires ayant deux versions, celle prévue pour les enfants, utilisant le tutoiement et mettant en scène des comédiens dont les voix restituent le vécu à bord du « Titanic », l’un d’eux s’écriant, avec enthousiasme : « ce n’est plus un bateau, c’est une ville flottante »). En outre, dans la 1ère salle vous pouvez, gracieusement, vous photographiez comme si vous étiez à bord du « Titanic ». A la sortie, vous pouvez acquérir le catalogue broché, richement illustré (56 p.), pour 18€. Un CD reprenant la musique originale du duo « Sans Soucis », composée pour l’exposition, est également disponible.
Un regret néanmoins, l’aspect davantage commercial que social, de petites affiches défraîchies étant proposées à 4€ pièce, aucun prix réduit n’étant prévu pour les seniors, ni pour les « art. 27 », ni même pour certains journalistes détenteurs d’une carte professionnelle de presse. Sachez aussi que, contrairement à la gratuité dans les Musées, tout dépôt au vestiaire coûte 2€.


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