11 juillet: la fête de la Flandre du Parlement Flamand
En ce 11 juillet, toutes les personnalités politiques flamandes se retrouvaient à l’Hôtel de Ville de Bruxelles, afin de fêter la Flandre, Bart De Wever se présentant avec un retard certain, attirant sur lui l’attention des équipes de télévisions, alors que Jan Peumans s’exprimait déjà au micro, après une agréable intervention musicale de deux charmantes violonistes.
Après quelques mots de bienvenue en français, allemand et anglais, le Président du Parlement flamand rappela que la Flandre fut, il y a cent ans, le champ de bataille de l’Europe et du monde, ce qui justifie qu’il ait reçu des dizaines d’Ambassadeurs durant la législature écoulée, tous étant invités, ce vendredi, à partager avec les élus flamands la fête de la Communauté flamande. « Inscrire la Flandre sur la carte internationale, constitue un défi », souligna-t-il!
Souhaitant la bienvenue aux nouveaux élus, Jean Peumans entame le volet communautaire, rappelant les nouvelles compétences acquises par la Flandre, depuis ce 1er juillet 2014. Au Gouvernement flamand en formation à concrétiser ces nouvelles compétences (allocations familiales, chômage, bonus logement, législation sur les loyers), malgré le manque actuel de ressources financières, « véritable talon d’Achille de cette sixième réforme de l’Etat ».
A la Flandre d’exercer ses nouvelles compétences en évitant de voir la pauvreté s’accroître, toute société qui se respecte se devant de lutter activement contre cet authentique fléau social, l’emploi demeurant le principal levier d’action dans la lutte contre la pauvreté.
Et Jean Peumans de s’interroger sur le rôle que le Parlement flamand peut jouer dans les choix que l’Autorité flamande sera tenue de prendre. Une certitude, selon lui, « pour concrétiser ses nouvelles compétences, la Flandre doit se montrer ambitieuse ».
Dans son second thème abordé dans son discours, il il revient sur la « Grande Guerre » et l’idée de paix, abordant le thème d’une Flandre internationale, regrettant qu’après la signature du Traité de Versailles, l’Europe ait continué d’être en proie à des conflits armés, ne pouvant éviter la « très destructrice seconde guerre mondiale ». Et d’ajouter que, « le slogan « plus jamais de guerre » n’a pas, non plus, été entendu ailleurs dans le monde », le mot « ypérite » – nom donné au « gaz moutarde » utilisé pour la première fois à Ieper (Ypres), sur la ligne de front de l’Yser, durant le premier conflit mondial, dont nous célébrons le centenaire – venant d’être à nouveau utilisé, bien loin de la Flandre, … en Syrie.
Mais le Président du Parlement flamand de souligner, sans oublier l’horreur et l’absurdité de cette « Grande Guerre », que cette dernière fut « un catalyseur dans la lutte pour l’émancipation flamande », celle-ci devant se poursuivre « afin d’aboutir à une plus grande autonomie flamande ». Mais, désormais, « la Flandre est devenue une nation, avec ses propres compétences, ressources, Parlement et Gouvernement ».
Il ajoute, néanmoins, que « la Communauté flamande ne vit pas sur une île, isolée de tout », se devant d’être consciente du monde qui l’entoure et de réfléchir à la sécurité, à la paix, chez nous et hors de nos frontières. Ainsi, selon Jean Peulmans, en Europe, « les Régions véhiculent davantage une image de paix que les Etats-nations ». Et de citer l’Ecosse s’opposant à la présence de sous-marins nucléaires dans leurs ports, soulignant le « projet de paix » que constitue l’Administration régionale de l’Irlande du Nord.
Se posant la question de savoir si l’idée de paix est davantage incarnée par les Régions parce celles-ci ont acquis récemment leur autonomie, il tient à insister sur le fait qu’en Flandre, l’on ne peut pas se « limiter à à la commémoration des « Flanders Fields » pour promouvoir l’idée de la paix ». « Nous devons avant tout affronter le présent et l’avenir, en Flandre et au-delà », ajoute-t-il.
Il évoque, enfin, les zones de « post-conflits », où « la Flandre peut partager son expertise en matière des droits de l’homme et contribuer à la mise en place de structures politiques représentatives, … pouvant développer de nouvelles capacités dans le domaine de la réconciliation, du traitement des traumatismes ou de la négociation ».
Et Jean Peumans de souhaiter que le Flandre puisse se réinventer, continuant à croître, pas seulement par le biais des nouvelles compétences acquises, mais également « comme un acteur pertinent dans le monde, non seulement en tant que champ de bataille, mais aussi en raison de son engagement fondamental au service de la paix et de la sécurité ».
En conclusion, il appelle le Parlement flamand à réfléchir à ses tâches essentielles, osant « se remettre en question et développer une réflexion hors des sentiers battus », souhaitant « à ceux qui tiennent le gouvernail du Gouvernement flamand de procéder à un exercice similaire » et espérant que l’on aboutisse « à un accord gouvernemental, reflétant l’image d’une Flandre économe, mais chaleureuse, répondant aux nécessités et aux besoins réels des Flamands ».
… Nul doute que les invités – dont Elio Di Rupo, 1er Ministre en affaires courantes; Jean-Charles Luperto, Président du Parlement de la « Fédération Wallonie-Bruxelles »; Charles Piqué, nouveau Président du Parlement bruxellois; Maxime Prévot, Député-Bourgmestre de la Capitale wallonne; … – auront apprécié ce discours qui, évoquant, certes, des champs de batailles, se voulait serein, loin de tout esprit communautaire belliqueux, prônant la paix, tout en souhaitant connaître une Flandre ambitieuse, mais chaleureuse, ne délaissant pas les plus vulnérables.

Vous devez être connecté pour poster un commentaire.