Strebelle à Namur la Belle.

Le Bruxellois Strebelle à Namur la Belle…

Ce jeudi 03 juillet, le Bourgmestre de Namur, Maxime Prévot, ayant la culture dans ses attributions, ouvrait, à la « Galerie du Beffroi », l’exposition consacrée à Olivier Strebelle (né à Uccle, en 1927), soulignant, au micro, ce « moment d’exception » de rencontre entre les Namurois et ce brillant sculpteur qui, à 87 ans, confia qu’il avait encore des projets en Corée du Sud, aux Etats-Unis et au Quatar!!! …

Strebelle

Dans le même temps, Maxime Prévot inaugurait la 12ème édition de « Sculptures dans la Ville », Olivier Strebelle exposant 11 de ses oeuvres en bronze dans le « Vieux Namur », toutes réalisées entre 1980 et 2000. Ainsi, sur la Place du Théâtre, nous pouvons découvrir « De Part et d’Autre II » (1999), une sculpture de 4m de haut, « créature fantastique et molle s’abandonnant à l’attraction terrestre sur son socle de pierre, partie intégrante de l’oeuvre »; ou encore, au pied du Beffroi, « Sur un grand Pied V » (1996), haute de 3m60, où « la sculpture tente de quitter son socle, de gagner son autonomie »; sans oublier, Place de l’Ange, « Sur une Pierre II » (190 x 280 x 135/1987), « travail autour de la femme intégrée dans la nature, la sculpture épousant les formes du socle, faisant corps avec lui, (pour nous offrir un authentique) hymne à la beauté »!


Mais quel lien particulier lie, depuis plus de 50 ans, Olivier Strebelle à la Ville de Namur??? … La réponse se trouve au pied du Pont des Ardennes, côté centre-ville, sous la forme de la présence permanente du « Cheval Bayard », un bronze incrusté de céramiques, de 12m50 de long sur 5m de haut, dont il conçu la réalisation à l’âge de … 25 ans, seulement!

chevalbayardEt là se situe l’erreur de nombre d’autochtones! Non, ce « Cheval Bayard » ne fut pas racheté par la Ville de Namur à l’ « Expo ’58 ». Tout au contraire, c’est l’architecte du Pont des Ardennes, Roger Bastin, qui souhaita qu’une sculpture d’envergure vienne souligner la longueur de cet ouvrage moderne qui, comme le rappela Bourgmestre, fut, à l’époque, le plus long pont au monde en une seule arche. … Et, à Bruxelles, la « Société de l’Expo ’58 » accepta de sponsoriser l’édification de cette sculpture dédiée aux « 4 Fils Aymont » et à leur monture – qui, selon une légende du folklore mosan, franchirent la Meuse en un bond de cheval par-dessus la Meuse -, pour autant que la Ville de Namur accepte qu’elle soit d’abord exposée sur le site de l’exposition universelle. C’est ainsi que le « Cheval Bayard » fut admiré sur le plateau du Heysel avant de l’être, comme aujourd’hui encore, à proximité du confluent de la Sambre et de la Meuse.


Quelle consécration pour cet artiste qui débute, à 15 ans, ses études à « La Cambre » (« Ecole Nationale Supérieure d’Architecture et des Arts Décoratifs », à Bruxelles), pour se former à la sculpture et à a céramique. En 1949, à 22 ans, avec Alechinsky, Dotremont, Olyff et Reinhoud, il fonde, dans la capitale belge, les « Ateliers du Marais », centre du mouvement « COBRA ».


Membre de l’ « Académie royale de Belgique », depuis 1987, il enseigne dans nombre d’universités et écoles supérieures, dès 1953, à l’ « Académie des Beaux-Arts » d’Antwerpen, puis à l’ « Université de la Colombie britanique », à Vancouver (Canada), avant d’être Professeur aux Etats-Unis, dès 1968 (Colorado, Géorgie, Iowa, Minnesota, Pennsylvanie et Wisconsin).

Lauréat du « Grand-Prix de Rome » de sculpture, en 1954, il expose sur la Place Vendôme, à Paris, en 2001, avant de se retrouver, en 2003, à Reims, pour son expo « Strebelle au Domaine Pommery », et d’être présent, par une oeuvre magistrale, « L’Allée des Athlètes » (106 m de longueur, 20 m de hauteur et 23 m de largeur, en acier inoxydable) pour les « Jeux Olympiques » de Pékin, en 2008, sans oublier ses impressionnantes sculptures à Moscou (« L’Enlèvement d’ Europe »), Atlanta (« Les  Lions »), Kortrijk (« La Vague »), Bruxelles (« Confluences », 36 m de hauteur, au Parlement européen), Zaventem (« Flight in Mind », à l’aéroport national), …, ainsi que celles réalisées pour les casinos de Blankenberge et d’Oostende.

Au pied du Beffroi, "Sur un grand Pied V" (1996)

Au pied du Beffroi, « Sur un grand Pied V » (1996)


« Individualiste, obstiné et téméraire, Olivier Strebelle a, dans sa vie comme dans son oeuvre, cultivé le risque comme ingrédient indispensable » (Philippe Dasnoy).

Mais revenons à l’exposition namuroise, qui, par de nombreuses photographies, nous emmène « d’un Bayard à l’autre », nous apprenant que quatre sculptures, moins grandes et quelque peu différentes, du « Cheval Bayard », furent réalisées par Olivier Strebelle, avant d’en arriver au modèle définitif.


En outre, nous découvrons, par ces photos, la réalisation des éléments, moulés par toute une équipe de sculpteurs, dans un grand hall muséal, au Cinquantenaire. Coulés en bronze et assemblé, en trois mois, à Haarlem, ils donnent sa forme aux 12 tonnes du « Cheval Bayard », qui quitte alors les Pays-Bas pour la Belgique, à bord d’une péniche. Durant son périple sur la Meuse, comme en témoigne une photographie en noir-et-blanc, Olivier Strebelle et son équipe mettent une dernière main à l’ouvrage, incrustant des céramiques multicolores témoignant de l’origine folklorique du thème. Et c’est de nuit, à la veille de l’ouverture de l’ « Expo ’58 », que l’oeuvre fut installée au Heysel, le « Grand Prix de l’Exposition universelle » étant bientôt décerné à son auteur, avant de venir s’installer définitivement sur une rive de la Meuse, à Namur.

Une Meuse qui, à l’occasion du 150ème anniversaire de la Belgique, en 1980, accueille un cortège de péniches, à raison d’une par Province. Celle de Namur mettant le « Cheval Bayard » à l’honneur. Surprenantes photos couleurs exposées, nous montrant cette représentation originale de l’oeuvre, nettement plus légère et rétractile, afin de pouvoir passer sous les ponts, constituée de panneaux de toiles en dacron tendus sur une structure en acier. A découvrir, à la « Galerie du Beffroi », jusqu’au 24 août, où sont également exposés des « Bayards » dorés, nettement plus petits quant à eux, qui sont remis, chaque année, début octobre, aux lauréats du « F.I.F.F. » (« Festival International du Film Francophone » de Namur).

A noter que Maxime Prévot tient également à souligner le travail qu’il demanda à de jeunes Namurois, anciens étudiants de la « Haute Ecole Albert Jacquart », ayant fondé, en 2009, le « Studio B71 », spécialisé en application interactive de réalité augmentée. Ainsi, avec notre « smartphone » ou notre tablette, nous téléchargeons l’application et scannons la face verso du dépliant reçu à l’accueil. La sculpture qu’elle soit à Namur, Moscou ou Pékin, se retrouve en trois dimensions, se détachant de son illustration! Impressionnant, assurément!


Entrée libre à la « Galerie du Beffroi », du mardi au samedi, de 11h.00 à 18h.00, le dimanche, de 12h.00 à 18h.00, où un dépliant vous est offert à l’accueil, présentant, carte à l’appui, le parcours urbain, accessible 24h.00 sur 24, sept jours sur sept. Pour plus de renseignements : http://www.ville.namur.be et http://www.olivierstrebelle.com.


Yves Calbert.


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