UN FILM A VOIR: « PAS SON GENRE » DE LUCAS BELVAUX

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Révélée, en 1999, par « Rosetta », des frères Dardenne, remarquée, en 2012, dans « A perdre la Raison », de Joachim Lafosse, Emilie Dequenne est à son meilleur niveau dans « Pas son Genre », de Lucas Belvaux, réalisateur, en 2011, de « 38 Témoins », qui n’hésite pas à dire : « Emilie m’a apporté une liberté absolue de filmer comme je voulais. Elle est tellement précise, elle a une telle maîtrise d’elle, du plateau, de son métier, que tu peux tout lui demander. Elle s’adapte toujours, jamais l’inverse ».
Par ailleurs, Fabienne Bradfer, du « Soir », nous rapporte les propos de l’actrice belge concernant son compatriote réalisateur : « J’ai appris qu’un cinéaste pouvait travailler avec un entrain permanent. Lucas fédère l’équipe. Il sait où il va, il a tout de suite un regard et un point de vue. J’ai appris la rigueur, pire que chez les frères » (Dardenne, ndlr).
Jeune coiffeuse à Arras, dans le Nord, son personnage, Jennifer, aimant se produire avec ses copines dans des soirées « karaokés », lit des magazines « people » et des romans populaires. De son côté, Clément, interprété par Loïc Corbery, de la Comédie française, professeur de philosophie, à Paris, se passionne pour les écrits d’Emmanuel Kant. Affecté, contre son souhait, à Arras, il s’ennuie, loin de l’animation parisienne. Se rendant dans un salon de coiffure, il rencontre Jennifer, qui devient sa maîtresse.
Dans ce film, adapté du roman de Philippe Vilain, nous sommes confrontés à cette rencontre improbable entre un philosophe parisien méprisant et une souriante coiffeuse nordiste, entre les univers de Saint-Germain-des-Prés et des « HLM » du Nord!!!
Ces deux mondes ne sont pas fait pour se rencontrer, mais Clément, quelque peu distant, centré sur ses lectures intellectuelles et sur lui-même, se sent de mieux en mieux aux côtés de Jenifer, une fille moderne, entière, optimiste, joyeuse, bien vivante. Ainsi, elle l’entraîne à ses « karaokés », au carnaval de Dunkerque, …! Réussiront-ils à renverser les barrières sociales et culturelles?
Un films à voir, assurément, amenant tout en chacun, jeunes et moins jeunes, à s’interroger sur l’amour, les origines sociales, les différences comportementales, …
En salles, actuellement, à Bruxelles (« Actor’s Studio », « UGC-Toison d’Or ») et en Wallonie.
Yves Calbert.

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