LE SOMMET EUROPE-AFRIQUE D’AVRIL 2014 A BRUXELLES: UNE OCCASION A SAISIR

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Le sommet UE-Afrique se déroulera les 3 et 4 avril prochains au Juste-Lipse (Consilium), rue de la Loi à Bruxelles. L’auteur Edwige Neshama SOSSAH, conseillère politique spécialisée en stratégies et coopération au développement nous en livre les enjeux. Elle vient d’ailleurs de donner une conférence sur le sujet au Parlement Européen à Strasbourg la semaine dernière.

Voici son opinion:

La stratégie conjointe Afrique-Europe (SCAEU) adoptée à Lisbonne en 2007 était censée établir les bases et principes d’un changement de paradigme dans les relations entre l’Europe et l’Afrique basées essentiellement sur la dépendance de l’aide et le credo du libre-échange depuis l’Accord de Cotonou signé en 2000. Sept ans après l’adoption de la SCAEU et à l’aune d’un nouveau Sommet Europe-Afrique, les parties s’accordent à reconnaître que le partenariat  purement technique et bureaucratique n’a pas permis la réalisation de ces objectifs.

Du côté européen, 2014 représente la dernière année de mandat de la Commission européenne actuelle sous la présidence de Barroso. Il est clair que pour cette dernière année et dans un contexte de crise économique, politique et sociale majeure la Commission européenne ne considèrent pas l’Afrique comme une priorité. Or, elle doit impérativement repenser ses relations avec l’Afrique sur des bases de gagnant-gagnant. En effet, l’urgence d’un aggiornamento de l’approche européenne du partenariat avec l’Afrique tenant compte des préoccupations majeures de transformation économique et sociale du continent est un impératif !

En l’absence d’un message  politique conséquent de l’Afrique, l’Union européenne se contentera d’un sommet spectacle se limitant à affirmer le poids historique des relations entre l’Europe et l’Afrique.  Les africains doivent savoir ce qu’ils veulent.  L’Europe ne peut pas se substituer à eux indéfiniment. Il est temps que l’Afrique se réveille et qu’elle fasse des propositions. L’Europe attend en effet cette nouvelle attitude la part des africains. C’est la raison pour laquelle le livre d’Edwige Neshama Sossah, intitulé Stratégies gagnantes de coopération Afrique aux éditions Neshama & Vanda exhorte les africains  à concevoir et mettre en œuvre des « stratégies de développement fondées sur leurs aspirations, possibilités et non sur des idées reçues en matière de développement ». « Les africains ne devraient pas attendre que tout vienne de l’extérieur. C’est à eux-mêmes de concevoir leurs stratégies qu’ils peuvent discuter avec leurs partenaires européens sur des bases non plus imposées, mais voulues, concertées et choisies ».

Le Sommet Afrique-Europe de 2014 est donc une fenêtre d’opportunité pour l’Europe de repenser son partenariat et son agenda pour le continent africain.  Car si l’Afrique doit  émettre des propositions, l’Europe a cette possibilité d’entamer ce travail de prospection et de réflexion, faute de quoi cette rencontre sera non seulement une occasion perdue mais plombera encore ses relations avec l’Afrique pour de nombreuses années. Or, tel ne doit pas être l’objectif.

L’agenda africain est dominé par le souci de maintenir la croissance économique positive de plus de 5%. Je considère que l’Afrique doit mettre la priorité sur le commerce et non plus sur l’aide. La dynamique n’est plus celle de l’asymétrie subie mais d’un partenariat égalitaire entre acteurs.

Le Sommet Afrique-Union européenne devrait être l’occasion d’ouvrir le véritable débat politique.

Il appartient aujourd’hui à la partie africaine de montrer leur unité et leur volonté politique de renégocier les bases structurelles  et politiques d’un partenariat renouvelé avec l’Europe.

L’Europe ne le fera pas à sa place !

Selon Edwige Neshama Sossah « le salut de l’Afrique ne viendra pas de l’extérieur mais d’elle-même ; c’est-à-dire de sa capacité à se surpasser mais surtout à s’unir pour l’intérêt du continent. Si l’Europe s’est construite c’est parce que chaque Etat qui la compose a compris l’impérieuse nécessité de s’unir autour de projets communs, de projets fédérateurs. L’intérêt national a cédé la place à l’intérêt supranational. »

Et tout comme Victor Hugo a eu une vision européenne dans son discours relatif à la paix, cette Europe qui est l’une des utopies rares qui se soit réalisée, il appartient à l’Afrique de se projeter en 2063 comme l’a fait Madame Zuma et de croire dur comme fer qu’il y a des utopies à l’instar de  l’Europe qui sont réalisables.

Edwige Neshama SOSSAH

couvertureface

Le livre « Stratégies gagnantes de coopération Afrique-Europe aux éditions Neshama&Vanda est disponible à la librairie FILIGRANES, Avenue des Arts 39-40 à 1040 Bruxelles et à la librairie SCHUMAN BOOK SHOP 1992, Rue Froissart 143 à 1040 Bruxelles.

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