IL Y A MÊME DES MUSULMANS (VRAIMENT) OUVERTS !

12imams

Les 12 imans du chiisme

Après un incident fin de semaine dernière devant le Parlement Européen …..

En cette époque où certains points de la planète prennent feu et flammes sous l’impulsion fanatique de l’islam chiite et/ou sunnite, où nos pays occidentaux sont confrontés – aidés en cela par les médias subsidiés et des politiciens à la recherche de voix électorales – à des tentatives sournoises d’imposer à leurs populations de souche des us et coutumes « exotiques » dont elles ne veulent point, un fait divers m’a fait découvrir qu’il y avait quand même – parmi les disciples d’Allah – quelques dizaines de millions de musulmans vraiment et sincèrement ouverts aux autres croyances. Oh, certes ! Il existe à coup sûr, au sein des grandes tendances de cette religion, des individus plus fréquentables que les adeptes du ‘Hamas, du ‘Hezbollah, d’Al Qaïda, de l’Iran des ayatollahs, des Frères musulmans, des terroristes tchétchènes, des « milices » islamistes d’opposition syriennes, des Talibans (J’en passe et des « meilleurs »… si j’ose dire !), l’ennui étant qu’ils ne font pas partie d’une majorité silencieuse mais plutôt d’une minorité réduite au silence – sous peine de gros-gros « ennuis » – par leurs imams et leurs propres coreligionnaires. Je ne vous parlerai donc pas, dans mon article, de ces pauvres gens car la passivité devant l’horreur revient à s’en rendre, dans une certaine mesure, complice. Non ! Je vais vous entretenir d’une foi comprenant quelque quinze millions de pratiquants en Turquie (dont 5.000.000 de Kurdes) et plusieurs millions d’autres de par le monde : les Alévis.

Ne cherchez pas au dictionnaire : ni le Larousse, ni le Petit Robert, n’en font mention ! Personnellement, je n’en avais jamais entendu parler et ce n’est que suite à un incident grave, ce jeudi 20 février à Bruxelles, que ma curiosité journalistique a été titillée par ces gens. Ce jour-là, en effet, de la véranda du London – excellent établissement bruxellois sis sur la place du Luxembourg où je taquine souvent la muse – je constate vers 10 heures un fort déploiement de police sur l’esplanade du Parlement européen. Périmètre bouclé, interdiction de passage : entre habitués, on s’interroge ! Opération initiée par des terroristes ? Peu probable, vu que les forces de l’ordre ne sont pas armées de mitraillettes… et, d’ailleurs, pourquoi ces assassins attaqueraient-ils un endroit où ils sont – sous couvert de masques d’O.N.G. – reçus régulièrement à bras ouverts par certains de nos élus !? Alerte à la bombe ? Non plus, car les milliers de fonctionnaires déjà en place dans leur bureau ne sont pas évacués et poursuivent leur train-train de sécateurs (budgétaires) ! Les informations commencent à filtrer et le mot « désespéré » est lancé. Serait-ce une élue démocrate-humaniste belge qui vient de s’apercevoir qu’elle ne sera pas sur les prochaines listes électorales européennes ? Impossible, la ministre de l’Intérieur – du même parti et toujours prête à se faire voir pour un peu de publicité – est absente. « Il s’agit d’un homme qui, un couteau sous la gorge, exige la présence de la presse ! » affirme soudain un nouvel arrivant. Herman Van Rompuy, dans un sursaut de charisme, alors ? Pas de Nigel Farage dans les environs, ni même de torchon en vue pour éponger le sang qui pourrait souiller le seuil du Caprice des Dieux… ce n’est donc pas le Président du Conseil. Le suicidaire – « Un Turc », apprendra-t-on ensuite ! – finira, vers midi et demi, par se trancher la carotide sans que les pandores ne pensent (Une Recommandation du Conseil de l’Europe le « conseille » pourtant !) à l’étourdir préalablement d’un choc électrique… à l’aide de leur Tyser. Evidemment, ne pouvant – vu son état – plus exprimer de vive voix ses revendications, aucun journaliste n’a saisi la coupure cependant, rassurez-vous, il est toujours – aux dernières nouvelles – en vie, bien que grièvement blessé.Atatürk

Mais, me demanderez-vous, quel est le rapport avec les Alévis ? Je ne sais si cette tentative de suicide n’était que coïncidence, ces méthodes étant contraires à leur foi – contrairement aux chiites iraniens – non-masochiste… pourtant, il me faut constater que, dès les services d’urgence partis, a débuté une manifestation (programmée dans les jours précédents) sur les lieux mêmes des faits. Organisée par la Confédération de l’Union des Alévis d’Europe, celle-ci avait pour but de protester contre les massacres que subissent les Alaouites (croyance proche de celle des Alévis… bien que différente sous de nombreux aspects) de Syrie, dans l’indifférence générale de la communauté internationale. Hypocritement présentés comme des « rebelles » par les médias subventionnés occidentaux, qui – comme lorsqu’ils soutiennent le ‘Hamas de Gaza – évitent de s’interroger sur les méthodes barbares et les « projets de société » tout aussi inhumains de ces criminels, les groupes djihadistes sèment la terreur en Syrie depuis plus de trois ans. Les populations qui ne partagent pas les idées de ces islamistes sont humiliées et martyrisées. Si les victimes de ces criminels de guerre (Nazislamistes comportant dans leurs rangs de nombreux citoyens européens, ne l’oublions pas !) sont issues de toutes les communautés ethniques, religieuses et confessionnelles du pays (y compris les populations chrétiennes que les gouvernement occidentaux considèrent également comme « os bons à jeter aux chiens »), les Alaouites sont les seuls qui n’ont aucune chance de survie une fois capturés. Ils sont en effet torturés, décapités, dépecés, fusillés et leurs femmes et leurs filles sont emportées comme butins de guerre. Cette politique d’extermination est un rêve millénaire aussi ancien que l’apparition de cette confrérie religieuse syrienne et, au 14ème siècle déjà, ce rêve a été codifié par Ibn Taymiyya – juriste de l’école religieuse hanbalite (islam sunnite) – dans une fatwa affirmant que « Verser le sang des Alaouites est agréable à Allah ». De son côté, Recep Tayyip Erdogan, Premier ministre turc (« Islamiste modéré » prétend l’Europe… comme si un « islamiste » pouvait être « modéré » !), offre un appui logistique aux groupes génocidaires actifs en Syrie, tant en permettant à ceux-ci de se servir de la Turquie comme base-arrière qu’en leur fournissant des armes par camions entiers… véhicules escortés par les services de renseignements turcs de la MIT et camouflés en cargaison d’aide humanitaire sous le label de l’organisation caritative IHH dont plusieurs administrateurs sont poursuivis en raison de leurs liens avec Al Qaïda. Son cabinet et les plus hautes autorités de l’Etat turc coordonnent directement ce trafic d’armes. Au cours de cette manifestation, les protestataires ne demandaient aucune intervention étrangère, bien au contraire ! Ils exigeaient simplement non seulement que la Turquie cesse de soutenir les djihadistes de Syrie mais aussi que la France, les Etats-Unis, le Qatar et l’Arabie saoudite fassent de même car ceux qu’ils aident, au moindre signal, pourraient commettre des massacres en territoire turc, supposé faire partie de l’OTAN.

ErdoganC’est que les Alévis ont connu bien des persécutions dans leur Histoire et craignent que, dans leur folie religieuse qui les considère comme des êtres impurs et détestables, les milieux conservateurs proches du gouvernement sunnite de l’AKP n’en déclenchent à nouveau contre eux ! Doctrine religieuse minoritaire au sein du chiisme – comme les Druzes (au Liban, en Syrie et en Israël), les Alaouites (en Syrie), les Azéris (en Azerbaïdjan, en Iran et en Russie), les Ismaéliens (en Syrie et au Yémen), les Zaydites (au Yémen) – ils représentent au sein de l’islam un courant original, gnostique et déiste, mais remarquable par son humanisme et son approbation de la laïcité (leur rempart face à la majorité sunnite). Formant une variante spécifique turque des Alaouites (Bien que certains hommes politiques d’Ankara n’hésitent pas – propagande islamiste oblige – à mettre dans un même panier Alévis et Alaouites !), ils s’en distinguent notamment en ce qu’ils s’éloignent moins de l’islam chiite traditionnel que leurs homologues arabes de Syrie (ou de la province turque méridionale d’Iskenderun). Liés jadis aux janissaires (soldats d’un corps d’élite de l’infanterie ottomane, embrigadés au 14ème-16ème siècles parmi les enfants non-musulmans enlevés aux peuples soumis et, ensuite, convertis de force à l’islam) par l’ordre derviche Bektāchïyya, dont ces militaires devaient tous être membres, on retrouve chez les Alévis une ouverture d’esprit manquant généralement ailleurs dans le monde des fidèles de Mahomet. Ainsi, d’après l’un de leurs adages, « pour pouvoir être considéré comme un musulman, un Alévi doit d’abord se convertir au judaïsme puis au christianisme »… entendez : « pour pouvoir être considéré comme un bon croyant, il faut d’abord connaître et respecter la religion des autres humains » ! La mystique à laquelle ils se rattachent s’enracine dans le rapport dialectique entre « l’apparent » et « le caché », tout est sujet d’interprétation même le texte du Coran. Il leur faut maîtriser trois choses, vecteurs par lesquels l’homme peut être entraîné à pécher : la main, la bouche et le sexe… car, comme le dit un de leurs poème :

Nous avons plongé dans l’Essence

Et fait le tour du corps humain ;

Trouvé le cours des univers

Tout entier dans le corps humain.

La Torah et les Evangiles,

Les Psaumes et le Coran,

Toutes paroles écrites

Se trouve dans le corps humain.

Je suis le miroir du monde

Puisque je suis un homme,

L’océan où la Vérité prend forme.

Puisque je suis un homme

Je peux écrire la Torah,

Je peux égrainer l’Evangile,

Percer les mystères du Coran…

Puisque je suis un homme.

Comme on le remarque, ils attachent beaucoup d’importance au corps humain mais ce n’est pas seulement cela qui les différencie de la majorité des Mahométans :

– « La connaissance est une conquête », il n’y a donc pas de Vérité révélée (La Révélation existe mais le but de chaque homme est de retourner à cette Vérité qui ne peut être contenue dans un livre « fini »… Un peu comme dans le judaïsme où la Torah écrite ne peut s’appréhender sans la Torah orale . Chez les Alévis, deux aspects sont à considérer : « l’interprétation littérale – qui se veut rationnelle, fabriquée et méthodique – et l’interprétation essentielle – ésotérique – transmise oralement du Prophète à aujourd’hui par les Imams, car l’Essence ne se transmet pas par voie intellectuelle et académique mais par teneur intentionnelle ») ;

– Ils ne se rendent pas à la Mosquée et ont leurs propres temples (les « Maisons de Cem », lieux de rassemblement où ils prient, dansent, chantent, récitent des poèmes et se recueillent) ;

– Il n’y a pas de distinction sexiste entre hommes et femmes ;

– Il existe des cérémonies mixtes avec usage ritualisé d’alcool ;

– Ils sont hostiles à un culte fait de pratiques ostentatoires ;

– En matière alimentaire, si le porc leur est autorisé, le lapin (dont la femelle a le même cycle que la femme) et le cheval (considéré autrefois comme animal utile) leur sont déconseillés (mais il n’y a pas de tabou absolu);

– Il n’existe pas d’obligation en pèlerinage et il n’y a pas d’ablutions ;

– Le pèlerinage (non obligatoire) au tombeau de Hādjdjï Wādï Bektāch se substitue à celui de La Mecque ;

– Le jeûne du mois de Ramadan est remplacé par celui du mois de Muharram (Martyre d’Hüseyin à Kerbala) et ne dure que douze jours, un pour chaque Imam qu’ils vénèrent ;

– A la place d’un clergé, ils ont des guides spirituels, descendants des douze Imams du chiisme ou de Bektāchï sar Selluk, qui ont, en plus de leurs fonctions spirituelles, des fonctions juridiques ;

– Certaines traditions chamaniques ancestrales persistent jusqu’à ce jour ;

– Chaque nouveau membre se doit obligatoirement de faire le choix d’un Musahib (Compagnon) qui est un frère juré.

Leur « philosophie » consiste à croire en un principe divin, en la vie après la mort, en la nécessité d’être justes et bons, de respecter les autres et les anciens, de ne pas voler, tuer, mentir…  Comme l’homme est le « miroir de Dieu », ils se doivent de trouver par eux-mêmes Ses signes : être travailleur, curieux, s’instruire et partager Son savoir. La vie, la mort, la maladie ? Ils sont persuadés qu’il existe un Au-delà, un Dieu unique, mais vivent libres d’obligations quant à des pratiques, dans une certaine forme de principes laïques. Pas de risques de dérive sectaire car il n’y a pas de dogme, de meneur charismatique (en raison de leur environnement hostile, la plupart des Alévis évitent de s’afficher… ce qui rend très difficile leur dénombrement), ni – contrairement à la plupart des tendances chiites et sunnites -aucune volonté de domination, d’expansion et/ou de prosélytisme !

Ce libéralisme n’avait bien sûr pas l’heur de plaire aux dirigeants ottomans qui, arabisés, considéraient cette foi comme hérétique et les massacres et exactions à l’encontre des Alévis émaillèrent l’Histoire de l’Empire de la Sublime Porte. Mais un nom terrible restera particulièrement dans toutes les mémoires de ces victimes du sunnisme : Yavuz Selim 1er le Féroce, un individu charmant qui – outre l’assassinat de ses frères et de ses neveux – fit mettre à mort au début du 16ème  siècle plus de 40.000 de leurs ancêtres. C’est d’ailleurs, entre autres, parce que – quelque six cents ans plus tard, en mai 2013 – Recep Tayyip Erdogan baptisa le futur troisième pont sur le Bosphore du nom de ce génocidaire que se déclenchèrent les sanglantes révoltes dont les Alévis furent le fer de lance. (Un gars sympa que ce Premier ministre d’un pays que l’Union européenne courtise pour l’intégrer en son sein… Il est à prévoir que dès que ce souhait sera réalisé, et pour prouver qu’il a tout compris, il fera sans doute ériger dans la capitale de l’Europe un monument à la gloire de « Enver, Talāt & Djamāl », le triumvirat des Jeunes-Turcs responsables du génocide arménien !)

L’attitude tolérante et l’attachement à la laïcité a fait des Alévis les alliés « naturels » du kémalisme et, malgré que la période où les principes édictés par Ataturk régnaient en maîtres n’ait pas été non plus de tout repos pour eux (divisés entre une aile kémaliste qui s’inquiétait de la progression de l’islam politique et des groupes plus à gauche qui liaient les persécutions contre leur foi au manque de progrès de la démocratisation, des pogromes furent déclenchés contre eux – en 1938, 1978, 1980, 1993 et 1995 – tant par des nervis d’extrême-droite que par des « fous d’Allah » sunnites), ils regrettent à présent ce temps où – contrôlé d’une main de fer par l’armée garante de la Constitution – l’islamisme imposé actuellement dans la société turque ne leur bloquait pas l’accession au système politique et la promotion sociale, ne leur imposait pas des cours (sunnites) d’éducation religieuse, des lois limitant drastiquementla consommation d’alcool, n’interdisait pas aux femmes enceintes de sortir de chez elles, ne mettait pas sur une liste noire les fonctionnaires ne fréquentant pas les mosquées…Bref, un temps où le gouvernement ne les mettait pas au banc de la société et traitait tous les citoyens turcs sur un pied d’égalité.

Que le monde serait beau et idéal si tous les gouvernements des pays musulmans adoptaient la philosophie des Alévis, que le monde serait beau si l’Union européenne – à la place de prêter une main complice à des régimes islamistes fanatiques, à des individus qui n’ont que faire des Droits de l’Homme, de la Liberté d’expression et de la Liberté de culte – imposait comme conditions sine qua non au développement de relations commerciales et diplomatiques, le respect de cette tolérance si chère aux Alévis ! Cependant, si ceux qui sont censés nous représenter préfèrent – comme actuellement – tendre la main à l’islam obscurantiste, qu’ils sachent que celle-ci risque fort d’être entachée par du sang innocent. Car cet islam-là, Messieurs, n’est pas une religion : il n’est que barbarie !

 

PHILIPPE MICHIELS


* Si je me permets de faire de l’humour à propos de ce drame, c’est que je n’ai aucune sympathie pour les chantages au suicide appuyant des revendications politiques ou autres, quelles que soient les bonnes ou les mauvaises raisons de celles-ci. Evidemment, dans le cas relaté, cette façon de faire est bien moins condamnable que de s’asperger d’essence en y boutant le feu ou de faire détonner une ceinture explosive… mais c’est aussi beaucoup plus rare au Parlement européen où, selon certaines mauvaises langues de la place, les « plaisirs des sens » et « se faire sauter » serait le quotidien de quelques secrétaires parlementaires.

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