4 & 5 Avril: La Métamorphose de Mons #art #culture
Voici venu le printemps et avec lui la métamorphose de Mons, qui, le même jour, nous offre 6 nouveaux lieux de culture, 5 musées et 1 « maison de l’écoute » (salle de concert), répondant au joli nom d’ « Arsonic ».
A cette occasion, vraiment exceptionnelle, l’entrée en ces six lieux est totalement gratuite! L’occasion rêvée de nous rendre à Mons, d’autant que ce dimanche, 1er dimanche du mois, nous bénéficions également de la gratuité pour visiter les expositions « Van Gogh au Borinage » (« BAM »), « Hollywood au Pied du Terril » et « Mons Superstar » (« Anciens Abattoirs »), à Mons, ainsi que « La Maison Van Gogh », à Cuesmes. Cependant pour le « BAM », vu l’immense succès rencontré par l’expo consacrée à Van Gogh, il convient de réserver une tranche horaire de visite, en téléphonant au 065/39.59.39, à la permanence de « Visit Mons », sise sur la Grand Place, entre l’ Hôtel de Ville et le « Théâtre Royal ».
– « Beffroi »: réouverture au public du seul beffroi baroque belge (1661), … après une fort longue rénovation, une salle d’exposition annexe étant ouverte depuis 2011. Le nouvel ascenseur nous permet d’accéder à un superbe panorama. Par temps clair, vision jusqu’au plan incliné de Ronquières. Stats: 87 m de hauteur, 365 marches, près de 460000 briques et 49 cloches (dont 10 du XVIIème siècle). Ecran tactile (6 milliards de pixels) permettant de « zoomer » sur tout lieu, proche ou lointain, montrant des vues anciennes de lieux choisis, et faisant réapparaître des lieux disparus, tels le « Château comtal ». Reconnu comme « Patrimoine mondial de l’UNESCO » depuis 1999, le beffroi est superbement mis en valeur la nuit tombée, grâce à un superbe éclairage, inauguré lors de la fête d’ouverture de « Mons 2015 ». Budget: 6.270.204€, dont 1.384.764€ à charge de la Ville, pour les travaux d’aménagement, et 537.730€, dont 107.546€, à charge de la Ville, pour la scénographie. Site: www.beffroi.mons.be.
– « Musée du Doudou » (ce denier étant reconnu par l’ « UNESCO » depuis 2005): dans le « Jardin du Mayeur, derrière l’ Hôtel de Ville, sis au sein de l’ancien « Mont de Piété » montois. Stats: 748 m2 d’espace muséal réparti sur 3 étages, un ascenseur nous emmenant au 3ème étage pour entamer la visite. Nombreux écrans vidéos, témoignages via l’audio-guide, armes, coiffes et autres objets, mais surtout deux ambiances sur grands écrans semi-circulaires, celle de la montée du char d’or et celle du combat du dragon, avec, pour terminer, l’évocation d’autres mythes, tels le minotaure crétois, « Zorro » ou « Batman ». Budget: 4.150.061€, dont 458.35€ à charge de la Ville. Site: www.museedudoudou.mons.be… Et n’oublions pas, à 50 m de l’ entrée du musée: « La Chaumière », une installation urbaine reprenant, en 3 dimensions, l’ oeuvre éponyme, peinte par Van Gogh (1885). Passez la porte et, toujours présenté en 3D, découvrez une présentation originale d’ un autre tableau: « Les Mangeurs de Pommes-de-Terre » (1885). Tant le musée que « La Chaumière » sont à voir en famille.
– « Artothèque »: près de la Collégiale, au sein de la chapelle d’un ancien couvent d’Ursulines, leurs logements et l’école ayant été détruits par les bombardements de seconde guerre mondiale. Chapelle rachetée à un … marchand de meubles. Ce lieu, sorte de réserve des musées locaux, permet, désormais, aux Montois de s’approprier leur patrimoine. Stats: 1 atelier de restauration, 1 espace de numérisation et 1000 m2 de réserves non accessibles au public. A terme, 50.000 objets des collections muséales montoises y seront entreposées, 1500 étant présentés dans une salle ouverte à tous (380 m2), chacun pouvant, aussi, compulser, sur place, les nombreux ouvrages du « centre de documentation » (150 m2). Budget: 10.813.873€, dont 1.432.058€ à charge de la Ville. Site: www.artotheque.mons.be.
– « MMM » (« Mons Memorial Museum »): quel contraste avec l’ancien (petit) « Musée d’Histoire militaire » montois (situé, à l’époque, dans la rue de Houdain). Enfin, sur le site agrandi de « La Machine à Eau », la Ville de Mons présente un musée qui n’a rien à envier aux actuelles expositions consacrées à la « grande guerre », à Bruxelles (« Cinquantenaire ») et à Liège (« Guillemins » et « Musée de la Vie wallonne »), avec, ici, une histoire plus large, puisque étant aussi consacré à la seconde guerre mondiale, ces deux conflits ayant particulièrement marqué la capitale du Hainaut. Sur 1200 m2, 5000 objets nous sont merveilleusement présentés, avec l’appui des techniques muséales du XXIème siècle. Outre 4 écrans vidéos montrant fort bien la progression des troupes allemandes, puis leur recul, tant en ’14-’18 qu’en ’40-’45, notons une jolie collection de tambours et, dans une petite salle, la projection, en 3D (sans lunettes spéciales), d’un court-métrage noir-et-blanc évoquant la légende des « anges de la bataille de Mons » (en août 1914, le corps expéditionnaire britannique aurait été aidé par des vision d’une force surnaturelle leur ayant permis de repousser les Allemands, pourtant bien plus nombreux). Stats: 3000 m d’espace total, dont 350 m2 pour les expositions temporaires, 1 salle de conférences, 1 de projections, 2 de médiations, 1 cafétéria et 1 boutique. Budget: 7.089.228€ pour l’architecture et le gros oeuvre + 2.933.826€ pour la scénographie, la « Région wallonne » intervenant pour 3.348.894€ d’une part et 2.347.061€ d’autre part, toutes ces sommes incluant la TVA. A noter, du 13 juin au 27 septembre, une première exposition temporaire: « Un Numéro, un Destin: au Service de Napoléon ». Site: www.monsmemorialmuseum.mons.be.
– « Silex’s »: continuons notre remontée dans le temps, jusqu’à il y a 6000 ans d’ici, à l’époque où, à Spiennes, des hommes ont commencé, là où ne se trouvait qu’une forêt, à creuser le sol sur 100 ha. Après s’être contenté s de recueillir du silex dans de simples fosses, le demande devenant plus importante de par le développement de l’agriculture, de l’élevage et de la chasse, ces mineurs, parmi les plus anciens de l’humanité, descendirent jusqu’à 10 m à la verticale afin de remonter des blocs de silex, si précieux pour réaliser les premières haches de bûcherons, des marteaux, poignards, pointes de flèches, … Durant plus de 2000 ans d’exploitation (de 4350 avant notre ère jusqu’à 2300 après J.-C., au début de l’ âge du bronze), un millier de puits furent ainsi creusés, les outils ou armes fabriquées sur place se retrouvant utilisés dans des villages néolithiques situés dans un rayon de 50 à 150 km, parfois même jusqu’à 500 km de là, voire davantage. Au lieu-dit « Camp-à-Cayaux », à 16 m de profondeur, d’étroites galeries de 80 cm de hauteur, longues de 2 à 5 m furent creusées afin d’ extraire d’imposantes dalles de silex pouvant atteindre plusieurs centaines de kilos… Ce n’est qu’en 1867, à l’occasion de la création de la ligne de chemin de fer Mons – Chimay, que ces minières furent découvertes. Reconnues par l’ « UNESCO » en 2000, les minières de Spiennes sont valorisées depuis 2007. En parfait respect du site, n’étant donc pas chauffé, un espace muséal circulaire de 800 m2 nous est offert. Outre 300 m2 d’exposition (blocs de silex, outils divers, ligne du temps, schémas explicatifs, photographies et une fort intéressante vidéo nous montrant la fabrication et le polissage d’une lame, à partir d’un bloc de silex, à l’aide d’un marteau en pierre et d’un percuteur en bois de cerf) entourant une zone de fouilles archéologiques, nous trouvons un espace pour des activités éducatives et un autre où, sur grand écran, grâce à une plaque tactile, nous pouvons visiter virtuellement le puit présent au sein de l’espace muséal. Par ailleurs, sur réservation préalable, 12 personnes au maximum (à partir de 12 ans et en ne dépassant pas un total général de 5500 visiteurs) peuvent descendre à la verticale, à 10 m de profondeur, afin de découvrir, réellement, une minière néolithique. Une expérience impressionnante, assurément! Budget: 3.308.994€, dont 330.899€ à charge de la Ville. Site: www.silexs.mons.be.
… Retour au XXIème siècle, abandonnant les 5 musées, avec l’ « Arsonic », une toute nouvelle salle de concert, havre de paix dans la frénésie du quotidien, invitant tout en chacun à l’écoute profonde de musiques, de sons, de mots, … lieu d’accueil, de partage et de création, aux confins de l’élan poétique et du cheminement spirituel. Vivons donc le son dans cette étonnante « maison de l’écoute ». Le concepteur et architecte, Etienne Holoffe, écrit: « Si la salle de concert (4000 m3, 10m70 de hauteur, 250 places, plateau d’une capacité de 80 personnes, ndlr) est équipée de lames en bois de peuplier, c’est pour en sublimer l’ acoustique. Sa carcasse de béton ressemblait à une cathédrale brutaliste extrêmement sonore; le bois s’ est imposé comme une évidence en réponse quasi archaïque au besoin de ce nouvel environnement dédié aux musiques les plus fines. Les instruments à cordes appelaient naturellement ce matériau… L’ architecture n’est pas un simple univers géométrique, c’est un monde sensible où les lieux et les hommes s’expriment et dialoguent »…
Lors de l’inauguration du lieu, ce jeudi 02 avril, Jean Paul Dessy, directeur artistique, nous disait: « Vous vous trouvez dans un stradivarius, … toutes les musiques, accessibles à tous, sont les bienvenues, à condition que nous soyons à l’écoute, que nous écoutions l’ être, … cet approfondissement musical constitue une invitation à se connecter à soi-même, à nous retrouver nous-mêmes, à retrouver les autres »… Ce lieu « magique » comprend, également, un « Passades Rumeurs », destiné à accueillir des expositions temporaires, une « Salle d’ Emerveillement sonore », prévue pour les enfants, une autre de répétition, et, « last but not least », la « Chapelle du Silence » (4m50 sur 5m60, 12m60 de hauteur, capacité: 20 personnes) et sa « Rumeur », une sphère qui diffuse des musiques et des sons dédiés à la méditation, à l’écoute la plus fine.
Quelle destinée pour ce lieu pensé par le Ministère de la Guerre (1835), qui fut une caserne militaire (1842), un service de pompes funèbres (1896) et une caserne de pompiers (1947-2003), … avant d’accueillir ce week-end des 4 et 5 avril 2015, toute une programmation gratuite commençant, ce samedi, par un éveil musical des 0 à 3 ans (10h.30 à 11h.30), pour se terminer par un concert-poésie de Xavier Flament: « La Musique et le Mystère » (17h. à 18h.). Ce dimanche, 1ère programmation: les « Amis de Mozart » (12h. à 13h.), pour se clôturer avec « The Rocking Chair », une chorale pop-rock de … seniors (16h. à 17h.) et la « Chorale St.-Paul » (17h. à 18h.). Site: http://www.musiquesnouvelles.com.
Au total, ce sont près de 10.000 nouveaux m2 de surfaces d’expositions, de musées, de concerts ou de jauges qui viennent de s’ouvrir à Mons, « Capitale européenne de la Culture », sans oublier que nous pouvons découvrir, dès ce week-end et jusqu’à la fin de l’été, 15 nouvelles installations urbaines (rivière de livres, menhirs de briques, paresseux de laine paraissant vivants, graffs bluffants, …), sachant que le « Mundaneum » (www.mundameum.org), considéré comme le « google de papier », reconnu par l’ « UNESCO » en 2014, sera à nouveau accessible au public dès le 12 juin. Une date à ne pas oublier!
Soulignant l’important effort architectural réalisé en vue de l’ouverture de ces 6 nouveaux lieux de culture, écoutons encore ce qui fut dit, ce 02 avril, à l’ « Arsonic », par Rudy Demotte, Ministre-Président de la Communauté française: « L’ architecture est porteuse d’identité, … elle joue un rôle important dans la dynamique urbaine », et, citant Gustave Serrurier-Bovy (1858-1910), d’ajouter: « Il faut croire en l’avenir et travailler pour lui »… Quant à Paul Magnette, Ministre-Président de la Wallonie, il souligna, à juste titre: « La culture est l’un des leviers du redressement économique… Il convient de s’approprier son histoire pour se projeter dan l’avenir »… S’adressant aux autorités montoises, René Colin, Ministre régional du Tourisme, évoquant « un moment historique pour la Ville, la Province et la Région », termina son intervention par ses mots: « Votre audace était incroyable et cette belle réussite est d’abord votre mérite ». Déjà Elio Di Rupo, Ministre d’Etat et Bourgmestre de Mons, avait tenu à insister sur « cette sextuple naissance menée avec énergie par le Collège de la Ville, offrant une profonde rénovation de l’ exceptionnel patrimoine montois » (pas moins de 4 reconnaissances au titre de « Patrimoine mondial de l’ UNESCO », ndlr), saluant l’intervention efficace des fonds européens et ajoutant: « ce qui compte c’est la décennie devant nous »…
…Mais ce qui compte, avant tout, pour le public, ce week-end des 4 & 5 avril, c’est la métamorphose montoise de ce week-end qui, outre l’entrée gratuite (9€ par personne & par musée, dès ce mardi 7 avril, sauf l’ « Artothèque », à 6€ par pesonne) dans six nouveaux lieux de culture et, ce 1er dimanche du mois, pour toutes les expositions (www.polemuseal.mons.be), nous offre diverses activités festives, telle une parade artistique autour de la Grand’ Place (avec « Cledat et Petit Pierre », ainsi que le cortège carnavalesque de « La Comparsa du Carosse »), ce samedi, et un grand jeu de piste, au départ de cette même Grand’ Place, ce dimanche (de 10h. à 17h.). Site général: www.mons2015.eu.
Alors plus d’hésitation, … « En avril, je vais à Mons! Et toi »?


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