Violations des droits humains à Hong-Kong, à Cuba et en Zambie
Jeudi, le Parlement a adopté trois résolutions sur la situation des droits humains à Hong-Kong, à Cuba et en Zambie.
La détérioration de la situation de la liberté des médias et de la liberté d’expression à Hong Kong, à la suite de la récente arrestation de la libraire Leticia Wong et de la condamnation de Lee Cheuk-yan et de Chow Hang-tung
La résolution appelle le Conseil à imposer d’urgence des sanctions aux autorités de Hong-Kong et aux fonctionnaires responsables de la répression des libertés, dans le cadre du régime mondial de sanctions de l’UE en matière de droits de l’homme.
Le Parlement dénonce plus particulièrement l’application de la loi sur la sécurité nationale, en vigueur depuis 2020, et de l’ordonnance sur la sauvegarde de la sécurité nationale, en vigueur depuis 2024 et appelle à l’abrogation de ces textes. Les députés constatent que l’application de ces deux lois a entraîné un démantèlement des libertés à Hong Kong, notamment la liberté d’expression, la liberté de la presse et la liberté de réunion et d’association pacifiques. Selon le Parlement, plus de 400 personnes ont été arrêtées et plus de 180 condamnées depuis le début du mois de juin 2026.
Les députés condamnent fermement l’arrestation en juin 2026 de la libraire Leticia Wong et la condamnation des militants Lee Cheuk-yan, Chow Hang-tung, Albert Ho, ainsi que la condamnation récente de Jimmy Lai à 20 ans de prison. Ils appellent à abandonner les charges contre eux et à la libération des prisonniers politiques. Le respect des droits humains, de la liberté de la presse et de l’état de droit doit être au cœur des relations entre l’Union et la Chine, rappellent les députés.
La résolution a été adoptée par 459 voix pour, 12 contre et 86 abstentions.
Les prisonniers politiques à Cuba, en particulier le cas de Félix Navarro et de sa fille Saylí Navarro
La résolution condamne l’intensification de la répression et les violations systémiques des droits humains perpétrées par le régime cubain contre les prisonniers politiques et leurs familles. Le texte dénonce l’absence de procès équitable dans le pays, le recours à la torture en détention, le recours systématique du régime à l’exil forcé des opposants politiques comme condition de leur libération et demande l’abrogation du code pénal répressif.
Les députés évoquent plus particulièrement les cas de Félix Navarro, 72 ans, et de sa fille Sayli Navarro, confondatrice de l’organisation Damas de Blanco, lauréate du Prix Sakharov condamnés à des peines de neuf et huit ans de prison pour s’être enquis du sort de manifestants arrêtés en 2021. Ils exigent leur libération immédiate et inconditionnelle, ainsi que celle de tous les prisonniers politiques.
En l’absence de mesures concrètes et vérifiables en faveur d’une démocratie pluraliste, ils réitèrent leur demande de suspendre immédiatement l’accord de dialogue politique et de coopération avec Cuba, ainsi que l’application de sanctions européennes contre les responsables de la répression dans le pays, en particulier Miguel Díaz-Canel.
La résolution a été adoptée par 374 voix pour, 198 contre et 19 abstentions.
La répression post-électorale en Zambie et le meurtre de Mutotwe Kafwaya
Les députés appellent les autorités zambiennes à mettre en place des enquêtes indépendantes et impartiales sur le meurtre, en août 2026, de l’opposant et ancien ministre Mutotwe Kafwaya et sur toutes les allégations de recours illégal à la force, d’arrestations arbitraires et d’intimidations dans le pays, afin que les responsables répondent de leurs actes.
Le Parlement dénonce un usage abusif des lois relatives à la sécurité nationale et du système de justice pénale et rappellent que les opérations de sécurité doivent être proportionnées et conformes à l’état de droit. Les autorités doivent garantir la liberté d’expression, la liberté de la presse et les libertés de réunion et d’association dans le pays. Tout détenu doit être informé des motifs de son arrestation et des charges retenues contre lui, avoir accès à un avocat et à un procès équitable, soutiennent les députés.
La résolution rappelle le partenariat étroit entre l’Union et la Zambie, notamment dans le cadre de la stratégie « Global Gateway » et des accords sur les matières premières. Les députés invitent l’UE et ses États membres à évoquer ces violations au plus haut niveau politique, à suivre de près la situation et les procédures judiciaires, à soutenir les organisations de la société civile, les défenseurs des droits humains et les journalistes.
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