« Rumba », au « Théâtre de Namur », du 21 au 24 Janvier

Après « Laïka » (2017) & « Pueblo » (2020), « Rumba »  met un point final à la « trilogie de la périphérie », aussi appelée  » trilogie des pauvres diables« , consacrée aux petites gens, aux sans-voix, à qui ils redonnent la parole à travers un théâtre épuré et une narration pleine de tendresse. S’y croisent des personnages vivant en marge mais partageant le même asphalte, la même condition humaine.

Ce spectacle est dû à l’auteur italien Asciano Celestini Rome/1972), diplômé du « Conservatoire de Liège », bénéficiant, en Italie, d’une large reconnaissance littéraire, les textes de ses spectacles étant publiés comme romans par les « Editions Einaudi ».

L’engagement civique et politique de cet auteur l’a amené à multiplier les activités, ayant, notamment, réalisé ou soutenu plusieurs documentaires, écrit un album de chansons, rédigé des textes courts, pour la télévision, ayant, aussi, réalisé un film adapté de son roman « La Pecora nera » (« La Brebis galeuse »/Italie/2010/93′/film lauréat, en 2010, du « Prix spécial du Jury », au « Festival du Film italien », à Annecy).

David Murgia, dans « Rumba » (Asciano Celestini )

Sur scène, nous pourrons applaudir la prestation du comédien belge David MurgiaVerviers/1988), frère cadet du metteur en scène Fabrice MurgiaVerviers/1988), diplômé du « Conservatoire de Liège » & . Directeur, de 2016 à 2021, du « Théâtre national Wallonie-Bruxelles », lauréat, en 2014, d’un « Lion d’Argent » à la « Biennale de Venise« , pour le caractère innovant de son théâtre, il avait participé, en 2012, à la réalisation de « Décrocher la Lune », l’opéra urbain créé par le metteur en scène-entrepreneur italo-bege Franco Dragone (1952-2022).

Mais revenons à David Murgia , qui joua, notamment, dans :

  • « Soeur Sourire » (Stijn Coninx/2009).
  • « La Régate » (Bernard Bellefroid/2009).
  • « Alleluia » (Fabrice Du Welz/2014).
  • « Le tout nouveau Testament (Jacob Van Dormael/2015/où il tient le rôle de Jésus Christ).
  • « Les Premiers, les Derniers » (Bouli Lanners/2015).
  • « Inexorable » (Fabrice Du Welz/2021).
  • « Le Dossier Maldoror » (Fabrice Du Welz/2024).

Sur la scène du « Théâtre Royal », à Namur, nous apprécierons son débit vertigineux, extrêmement précis, son intensité et sa virtuosité. Accompagné du compositeur français Philippe Orivel (°1960), au piano & à l’accordéon, David Murgia nous plonge avec bonheur dans l’écriture bondissante d’Asciano Celestini.

Synopsis : « Voici l’histoire de Giovanni, surnommé Francesco ou François : de sa naissance à sa passion pour la littérature chevaleresque, de la guerre à la prison, de son métier de maçon à son statut de Saint, qui reconstruit l’Église. Et si François était né en 1982, au lieu de 1182, que ferait-il ? Où le trouverions-nous ? Peut-être parmi les manutentionnaires africains qui déplacent des caisses dans un entrepôt logistique ? Ou sur le parking d’un supermarché en périphérie de la ville ? … »

L’histoire de « Rumba » se déroule sur le parking d’un grand supermarché, lieu de croisement des clochards, prostituées, manutentionnaires, personnes isolées et migrants, « un monde que beaucoup préfèrent ignorer » (François Caudron/« RTBF »). Le spectacle se situe le soir de Noël, quand le narrateur descend sur ce parking avec l’ambition de créer un spectacle religieux convoquant la figure de Saint François d’Assise.

Au micro de la « RTBF », David Murgia confia : « Asciano Celestini a sans doute choisi Saint François d’Assise parce qu’en effet c’est le fils de bourgeois, pauvre parmi les pauvresCe théâtre, c’est un texte, un acteur, un public et un peu de musique … C’est comme une partition musicale de laquelle des variations bienvenues sont convoquées chaque soir. »

Recommandé dès 15 ans, « Rumba » (105′), produit par l’asbl « Kukaracha », « Un seul en scène profondément Humain » (« La Libre »), est programmé, dans la grande salle du « Théâtre de Namur », du mercredi 21 jusqu’au samedi 24 janvier

Yves Calbert.

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