Istvan Szentandràssy, peintre hongrois, au « Balassi Institute. #art #culture #hongrie #bruxelles

Tout dernièrement,  en présence de l’Ambassadeur de Hongrie, s’ouvrait une intéressante exposition, accessible, gratuitement ,jusqu’au 30 avril, au « Balassi Institute », le centre culturel hongrois de Bruxelles, sis au n° 10, de la rue Treurenberg.
Né au sein d’ une famille rom, à Budapest, en 1957, Istvan Szentandràssy, loin de renier ses origines, les sublime, nous restituant l’ambiance rom dans chacune de ses peintures, certaines étant de fort grandes tailles, allant même jusqu’ à nous offrir un impressionnant  triptyque (« Triptichon »/45 m2/1998), nous rappelant, en 2015, la grande époque de la peinture flamande des 12ème et 16ème siècles.
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     Peintre figuratif, avec des touches d’ expressionnisme ou de symbolisme, il se dit être principalement influencé par Amedeo Modigliani (1884-1920), voire par d’ autres peintres du début du XXème siècle et par ceux de la Renaissance. Nous pourrions, aussi, évoquer certaines similitudes avec l’une ou l’autre toiles de Marc Chagall (1887-1985) exposées, jusqu’ au 28 juin, au « Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique », qui présentent une importante rétrospective déjà visitée par 30.000 personnes, durant son 1er mois d’ouverture.
     Dès 1996, notre artiste hongrois fut honoré à plusieurs reprises, en Hongrie, notamment par l’attribution du « Prix Kossuth », en 2012. Ce talentueux artiste fut conseillé par un autre peintre rom, également né à Budapest, Tamas Péli (°1948). C’est d’ailleurs ce dernier qui l’initia à sa propre culture rom, Istvan Szentandràssy ayant été placé et éduqué dans un orphelinat, où l’on n’évoquait pas la culture rom.
     Peu connues en Belgique, mais déjà exposées dans plusieurs pays européens et à New York, bénéficiant d’une exposition permanente au Parlement, à Budapest, ses oeuvres méritent d’être vues, au « Balassi Institute », par un large public familial. Les enfants, comme les adultes, pourront y retrouver nombre de violonistes et un personnage au nez rouge, évocation par ce clown et ses musiciens de la vie des Gitans, l’amour étant au centre de ses créations. Comment, d’ailleurs, ne pas être touché par cet homme enlaçant le cou de son cheval ou par cet autre personnage bien sympathique, évoquant « Charlot » parmi les Roms?
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     Cette présence de violons se retrouve même dans sa peinture monumentale évoquant la survie dans le dortoir d’un camp de concentration. Devant celle-ci, contrastant avec son enthousiasme à nous parler de ses principales toiles, il sollicita une minute de silence à la mémoire des victimes de la « Shoah », insistant sur le nombre d’enfants ainsi cruellement exterminés.
     La musique étant essentielle pour les Roms en général et pour Istvan Szentandràssy en particulier, ce dernier avait invité deux violonistes, un père et son fils, à interpréter quelques titres de leur répertoire, accompagnant ainsi, avec brio,  sa présentation, devant plusieurs de ses peintures, ainsi que pendant la sympathique réception offerte par l’ Ambassade de Hongrie.
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     Mais si  Istvan Szentandràssy, étant retourné à Budapest, ne sera plus là pour expliquer avec passion ses peintures des plus colorées, un détour par le « Balassi Institute » s’ impose néanmoins. Une occasion, aussi, pour tout en chacun, de découvrir ce centre culturel, dans son exceptionnel cadre, leur scène – prévue pour de petits concerts de « grand musique », voire de jazz – étant située devant une infime partie des anciennes fortifications de Bruxelles, de même que leur sous-sol et leur terrasse.
     Entrée gratuite. Exposition accessible du lundi u vendredi, de 10h. à 17h.
Yves Calbert,
Photos: Laszlo Arany.

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