Deux sans-papiers morts. Une manifestation.

BRUXELLES

EVOCATION

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Près de 250 sans-papiers ont manifesté mardi devant l’Office des Étrangers, à Bruxelles, en mémoire aux deux demandeurs d’asile qui se sont donné la mort la semaine dernière après que la Belgique ait refusé de leur accorder le droit de séjour. Des décès qui repose la question de l’aspect humain de la politique en matière d’immigration.

Jeudi dernier, un Guinéen de 25 ans, Oumar Dansokho, s’est immolé par le feu dans les locaux de Fedasil. Il est décédé le lendemain à l’hôpital militaire de Neder-over-Heembeek. Selon le parquet de Bruxelles, les éléments de l’enquête laissent penser qu’il s’agit d’un acte désespéré. Le même jour, Benamar Lamri, un Marocain de 42 ans, a été retrouvé pendu au centre fermé de Merksplas.

Ce mardi 7 avril, quelque 250 sans papiers ont voulu marqué leur solidarité avec ces deux demandeurs d’asile décédés. Les manifestants ont amené deux cercueils en tissu, qu’ils ont brûlés symboliquement devant l’Office des Étrangers. La manifestation s’est déroulée dans une ambiance tendue : en effet,  les forces de l’ordre, présentes en nombre aux abords du bâtiment de Fedasil, ont essuyé des jets de pierres et des manifestants ont démoli un abribus.

Actes de désespoir face à la froideur de l’administration ?

Pour le président de la Ligue des Droits de l’Homme, l’avocat Alexis Deswaef, « la politique migratoire inhumaine menée par la Belgique a poussé deux sans-papiers au suicide ». Il rappelle que l’ancienne Secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration, Maggie De Block,  affirmait mener une politique migratoire ferme et humaine mais, pour Alexis Deswaef « l’aspect humain n’a jamais été constaté sur le terrain ». Et d’ajouter : « Théo Francken poursuit son action de manière encore plus dure et le désespoir découlant de la politique menée par le gouvernement actuel aboutit à ces drames ».

De son côté, la Coordination et Initiatives pour Réfugiés et Étrangers (CIRE) a dénoncé le coût humain des politiques migratoires belges. « Ces actes de désespoir ont été posés en deux lieux hautement symboliques », a relevé le CIRE, qui souligne que « le cri de détresse de ces deux hommes, l’un provenant d’un pays connu pour son insécurité, la Guinée, et l’autre étant en Belgique depuis 16 ans, fait écho à la détresse de dizaines de milliers de personnes migrantes sans droit de séjour dans notre pays. Des personnes qui ont fui des réalités dures en quête d’une vie meilleure, et qui se retrouvent condamnées soit à une précarité extrême ici, soit à un insupportable retour là-bas ». L’ONG demande aux responsables politiques, dont le Secrétaire d’État à l’asile et à la migration Theo Francken, « d’assumer le lien entre leurs choix et la détresse qu’ils contribuent grandement à produire ».

Cette situation pose évidemment la question du traitement des dossiers, où l’humanité est sxouvent absente. L’Eglise a demandé à plusieurs reprises que les demandes d’asile soient examinées en accord avec la législation, mais sans occulter l’aspect humain. La froideur adminsitrative, dans des cas comme ceux que vivent les dmeandeurs d’asile, peut conduire au désespoir. Par ailleurs, il faut ausii rappeler que notre pays a été condamné à plusieurs reprises par la Cour européenne des droits de l’Homme, ppour le traitament qu’elle inflige aux demandeurs d’asile dans les centres fermés.

 J.J.D (avec agences)

source: infocatho.be

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