Echos du 20ème « Festival Nature Namur Festival »
Ouvert vendredi dernier par le Prince Laurent et ses enfants, en présence de l’Ambassadeur du Tchad, de ministres régionaux, de représentants de la Commission Européenne, de la Province et de la Ville de Namur, le 20ème « Festival Nature Namur » se poursuit jusqu’au 19 octobre, non seulement à l’ « Acinapolis » de Jambes, mais également à la Citadelle (19 expositions en 9 lieux), au Palais Provincial (1 expo), à la Brasserie François (6 expos) et à la Galerie S’Pace (4 expos), dans le Centre de Namur.
Soulignons qu’en dehors de Namur, capitale européenne de la nature pour quelques jours encore, des expositions de photographies sont proposées, par le « Festival Nature Namur », à Andenne, Assesse, Gembloux, Gesves, Fernelmont, Floreffe, Jemeppe-sur-Sambre, Ohey et Profondeville. Pour plus de précisions, consulter: http://www.festivalnaturenamur.be
A noter qu’une centaine de dessins d’enfants, sur 9000 proposés, venant de 23 pays, sont également à découvrir à Gesves et Ohey. Ils sont les lauréats d’un concours intitulé « Que signifie la Forêt pour moi », organisé par une membre de la Commission Européenne.
Mais revenons à Namur, pour évoquer quelques « coups de coeur », certes subjectifs, vu la qualité générale des photographies ou aquarelles animalières exposées. Ainsi, notons, au Palais Provincial, le travail, en noir-et-blanc, de Lubmilla Esbiaube (Russie/Fr.), présentant, avec finesse, les splendeurs éphémères et intemporelles des rochers, couverts d’arbres, de Huangshan (Chine), flottant dans un océan de brumes et nuages éphémères.
De là, à pied ou à bord d’un des huit véhicules mis gracieusement à notre disposition, prenons d’assaut l’historique Citadelle, où nous retiendrons une exposition extérieure, à l’arrière de la « Parfumerie Delforge », présentant une sélection des 8615 photos proposées par 1104 photographes inscrits au « Concours international 2013 de la Photo animalière et de la Nature » de Montier-en-Der, France.
A noter, aussi, pour les dames, « Regard d’Araignée » (Luc Gizart), au Château des Comtes, ainsi que, entre ce Château et le pont-levis, l’ancienne « boulangerie », nouvellement restaurée, avec, notamment, « Passeurs de Lunes » (Eric Médard) et « Chiros-Graphie nocturne » (Yves Bilat).
Autre lieu de la Citadelle investi pour la première fois, le « Hangar aux Affûts », avec, entre autres, « Prédateurs » (Fabien Bruggman, qui nous dit avoir vécu 17 jours d’affût, pour réaliser, en 30″, 5 photos d’un lynx, dans les Abruzzes), nous révélant l’infinie patience nécessaire pour qu’un photographe animalier puisse réussir, en pleine nature, les clichés dont il rêve.
De retour à l’ « Acinapolis » de Jambes, coeur du « Festival Nature Namur », nous empruntons un escalier, dont une partie laisse s’écouler une bien sympathique chute d’eau, afin de retrouver le « Village Nature », décoré de plus de 3000 plantes, où chacun peut découvrir, dans un environnement sonore de chants d’oiseaux, des livres et DVD, du matériel photographique et de camouflage, s’initier à la réalisation de films, via la « Video Academy », ou à la photographie, et à visiter, sous le chapiteau et sur deux étages, pas moins de 26 expositions de photographies ou d’art animalier.
Parmi elles, au 1er étage, 141 superbes photos retenues parmi les 6200 ayant participé au « Concours international de Photos Nature de Namur », dont les 16 prix seront décernés ce 17 octobre, à 20h. A ce même étage, notons « Snails » (escargots, de Vyacheslav Mishchenko),
« Le petit Pêcheur » (martin pêcheur, de Gilles Varé), « Papillons et Libellules de Wallonie » (Yvan Barbier), « Fous d’Ailes, Voiliers des Mers » (le « fou de bassan » et ses 1m80 d’envergure, photographié par Franck Renard), « Un coup d’Ailes dans la Nuit » (extraordinaires chouettes vues par Francis Simon) et « Tchad » (Tanguy Dumortier et Philippe Taminiaux, nous informant qu’entre 2006 et 2013, la population d’éléphants y est tombée de 4500 à 450 unités).
Au second étage, admirons une centaine de photos sélectionnées par le concours cinquantenaire du « BBC Wildlife Photographer of the Year », de Londres, et réalisées par des photographes de 30 nationalités, montrant la nature dans pas moins de 40 pays, certains aussi éloignés que le Sri lanka ou Trinidad et Tobago. A noter la photo lauréate de la catégorie 11-14 ans, réalisée par un enfant indien, Udayan Rao Pawar: « Mother’s little Headfull », montrant 10 petits crocodiles sur la tête de leur maman, une image touchante d’un animal tant redouté!
Au même étage, ne manquez pas le « Safari urbain » (animaux sauvages en ville, vus par Laurent Geslin) et « Latitudes Animales », une association de six professionnels présentant des clichés inoubliables, tels ceux de Thierry Montford – musicien puis banquier en France, avant d’émigrer en Guyane, où il devient photographe, démontrant son intérêt pour les batraciens et reptiles (son « Serpent Liane » ou « Perroquet » et les 30 cm d’envergure de sa « Mygale de Leblond » ou « Goliath ») – et ceux de Brigitte Marcon et Jean-Jacques Alcalay (présentant trois « Giraffa Camelo Pardalis » s’abreuvant dans le Parc National d’Etosha, en Namibie, sous le regard de trois tortues empilées l’une sur l’autre, ainsi qu’un couple d’autres girafes, en Afrique du Sud, sous le titre, « A la claire Fontaine », le mâle testant la réceptivité sexuelle d’une femelle, ou encore « Attention à la Chute », un éléphanteau namibien recevant sur sa tête de la bouse de sa maman, et « Tire-Fesses », entre babouins chaema).
A proximité, l’un des fondateurs, en 2008, de cette dernière association française, Tony Crocetta – vivant six mois par an, au Kénya – expose son « Melting Pot Safari » (photos réalisées depuis 2009, dans le mythique Parc National Masaï Mara, « le parc de tous les superlatifs – qui nous fait rêver que l’Afrique sauvage, originelle et éternelle, existe toujours, pour quelques temps encore – présentant un échantillon des espèces animales charismatiques des savanes africaines, toutes directement menacées par la pression humaine, le braconnage, le dérèglement climatique, la perte de territoires, les brûlis sans contrôle, l’introduction des troupeaux domestiques dans les parcs et réserves, pourtant protégés » (Tony Crocetta).
Ce dernier samedi, ce brillant autodidacte, ayant étudié, en un an, la photographie animalière dans des livres et grâce à des rencontres avec des professionnels, nous présentait une conférence nous donnant, diapositives à l’appui (dont celle publiée ci-dessus, -« Vue sur Savane », avec cet oiseau qui vient de quitter le dos d’un zèbre), d’intéressants conseils pour réussir nos propres clichés animaliers: être patient, appréhender la lumière, régler l’ouverture du diaphragme, cadrer (évitant de centrer l’animal; proposant 2 tiers de savane pour 1 tiers de ciel bleu; à moins que 9/10ème de ciel pour 1/10ème de bande de sol; voire intégrer une bande de ciel, si l’on s’accroupit ou se couche pour cadrer l’animal d’assez près, tout en évitant de trop se rapprocher; laisser de la place devant le sujet, afin de suggérer son déplacement vers l’avant), régler la mise au point (qui est différente pour chaque photo, l’arrière du sujet, pour mieux le faire ressortir, pouvant être flou), éviter toute distraction (avoir rechargé la batterie de son appareil et emporter une batterie chargée de rechange, ne pas oublier sa « carte mémoire » dans sa chambre), …
Libre à chacun d’en apprendre davantage sur le terrain, en participant à l’un de ses safaris, ouverts à tous, débutants y compris (cfr. www.meltingpotsafaris.com). Avant cela, son livre « Melting Pot Safari » (Ed. Stellar »/200p./2013/40€) est à notre disposition, sans perdre de vue qu’au « Village Nature », d’autres photographes offrent leurs voyages et leurs stages de formations à la photo animalière. N’hésitons pas à les questionner sur ce qu’ils nous proposent, en n’oubliant pas, néanmoins, ce qu’écrivait Antoine de Saint-Exupéry: « On ne voit bien qu’avec le coeur. l’essentiel est invisible pour les yeux » (« Le Petit Prince »).
Outre les très nombreuses balades dans la nature, accompagnées de guides qualifiés, le « Festival Nature Namur » continuant à envahir le Centre de la Ville, notons l’organisation d’une conférence gratuite programmée à la « Médiathèque », au sous-sol de la « Maison de la Culture », ce 17 octobre, à 18h. Peter Anger nous proposera: « 130 Ans de Cinéma animalier ».
Un regret, celui de ne pas trouver le moindre calicot du Festival dans les rues de Namur ou de Jambes, alors qu’il s’agit de sa 20ème organisation. Ce jour, les ouvriers de la Ville remplaçaient ceux du « FIFF » par d’autres annonçant le « Festival du Cirque », un peu comme si le « Festival Nature Namur » n’avait pas été organisé en 2014! … Au moins, Philippe Taminiaux, le Président-Fondateur, a pu compter sur l’intérêt que l’Echevin de la Citadelle, Arnaud Gavroy, porte à son Festival, lui ouvrant ainsi les portes cette ancienne place fortifiée.
Mais revenons aux dernières projections proposées à l’ « Acinapolis », notamment ce 17 octobre, à 20h.30, avec « La Horde » » (Jérôme Colin/Fr./26′) + « Bruxelles sauvage, Faune capitale » (Bernard Crutzen/Bel./65′). Ce dernier long métrage, tourné en 100 jours, devrait particulièrement intéresser les Bruxellois découvrant leur Ville, capitale de l’ « U.E. », sous un autre aspect, des riverains devant faire appel à des gardes … forestiers en plein centre-vile. Ainsi, l’on voit des renards aux portes des maisons, dans des jardins, voire même dans une … cuisine (ce qui n’est vraiment pas l’idéal). Grands faucons pelerins, sangliers, chevreuils, fouines, chouettes, chauves-souris, écureuils, … ont ainsi été retrouvés dans des églises, rue de la Loi, dans des Ambassades, sur le parvis du Parlement Européen et même au … Palais Royal.
Certains étant placés dans un centre de revalidation par le service des eaux et forêts, ils sont ensuite relâchés dans la Forêt de Soignes, mais auront tendance à revenir en ville. N’ayant pas appris à se nourrir en forêt, à s’y créer un territoire, ils préféreront faire les poubelles ou bénéficier de la gentillesse de certains habitants. A voir, assurément … et jusqu’à la fin du générique!
Autres films professionnels en compétition et Soirée de Gala :
– 17/10, à 17h.: « La Jungle derrière chez nous » (Jan Haft/All./44′) + « Le Verger, Carousel de la Vie » (Klaus Scheurich/All./43′);
– 17/10, à 17h.30: « Sur la Piste de la Genette » (Hugo Braconnier/Fr./ 31′) + « Le plus beau Pays du Monde » (Frédéric Fougéa/Fr./90′);
– 17/10, à 20h.: « Le Grand Caucase » (Henry M. Mix/All./43′) + « Au Coeur du Danube » (Szabolcs Mosonyi/Hongrie/52′);
– 18/10, à 11h.: « Madagascar, les Trésors verts de l’Ile rouge » (Ronan Fournier-Cristol/Fr./52′) + « Australie sauvage, la Forêt des Koalas » (Thoralf Grospitz & Jens Westphalen/All./48′);
– 18/10, à 14h.: « Congo, Rivière de l’Extrême » (Thomas Berhend/All./ 48′) + « Brésil, Histoire d’une Forêt fragile » (Paul Reddish/Aut./52′);
– 18/10, à 20h.: Soirée de Gala des Films professionnels, avec remise des 5 prix (dont celui du public), réception et projection d’extraits des films primés.
Revenant sur les films amateurs notons la projection, ce dernier mercredi, de 23 films sélectionnés parmi les 19 premières éditions, dont le 1er Grand Prix, décerné en 1995, dans un simple auditorium des « Facultés N.-D. de la Paix », au film « Les Gracieux ». A l’époque, le Festival ne durait qu’une soirée, sous l’appellation: « Festival Vidéo Amateur du Film Nature ». Quelle progression depuis lors, tant dans la qualité de la prise de vues que dans celle de la bande son! 20 ans plus tard, voici le palmarès de l’édition 2014:
- Prix “Coup de Pouce”: « Sur la piste du Mouflon », de Simon Maurissen, Bruno Gustin et Quentin Vandersteen
- Prix de l’Approche pédagogique: « Hortense », de Laurence Delwiche
- Prix du meilleur Commentaire: « Prête-moi tes yeux », de René Bomboire (Lux.)
- Prix de la meilleure Image: « Rendez-vous », de Corine du Bois
- Prix du meilleur Documentaire: « Les Géants », de Cenderawasih de Christiana et Alain Bontemps (Fr.)
- Prix de la meilleure Bande-Son: « Il était une fois dans la mare », de Fabien Rabin (Fr.)
- Prix de la Conservation de la Nature: « Toute la lumière sur les Chauves-Souris », de Frédéric Forget
- Prix Espoir: « Australie, les Terres du nouveau Monde », de Simon Hardenne
- Grand Prix: « Gnomes « , de Martin Dellicour
- Prix du Public: « Rendez-vous », de Corine Du Bois
Pour clôturer en beauté ce 20ème « Nature Namur Festival », insistons sur la programmation du 19 octobre, avec:
– à 14h., les 15 films amateurs en compétition (+/- 5′ chacun);
– à 16, 17 et 18h., trois films professionnels primés (entre 26 et 90′ chacun);
– à 20h., un film hors-compétition sur la « Nature sauvage », réalisé par la « BBC ».
… Et rendez-vous en 2015 pour la 21ème édition! …
Entrée libre pour toutes les expositions, ouvertes de 10h. à 23h.,
au « Village Nature », de 10h. à 18h., à Namur (Citadelle et Centre-Ville, de 14h. à18h., dans les neuf villages. Prix pour chaque séance de projection: 6€ (4€ pour les étudiants/gratuité jusqu’à 6 ans), excepté la Soirée de Gala: 16€. Programme: 1€. DVD des 15 films amateurs 2014: 10€, coffret de 2 DVD de rétrospective des 20 ans: 20€, portofolio des expositions et du concours international de photos: 10€.
Enfin, un superbe livre, « 20 Ans de Passion », reprenant 100 photos de 100 photographes, sur 40000 photos ayant participé au concours international de photos: « 100 moments forts racontant des histoires émouvantes, des rencontres étonnantes, la connivence entre le regard d’un photographe et celui d’une actrice au talent si … naturel: la Nature elle même » (Ed. « Weyrich »/2014/28€).
Yves Calbert.


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