RENCONTRE AVEC DANIELLE CARON A PROPOS DU « VELLEMOLEN »

Le Flaneur bruxellois, notre journaliste qui examine les sites, les paysages et les changements urbains a rencontré Danielle Caron, conseillère communale à Woluwé-Saint-Lambert. Danielle Caron lui a livré une vision très inquiétante du chantier du Vellemolen. Le Vellemolen était un ancien moulin, aujourd’hui disparu. Cependant, le site reste très bucolique et apprécié de nombreux bruxellois.

Le flaneur bruxellois: Danielle, faudrait-il recommencer les travaux ?

Caron

Danielle CARON, conseillère communale à Woluwé-Saint-Lambert et député bruxellois.

Danielle Caron:

« Le chantier du Vellemolen est véritablement entaché de graves malfaçons ! M. Michel Durant, ingénieur, conservateur du site de l’Hof ter Musschen et membre de la Commission environnementale de Bruxelles et Environs, a averti la ministre Evelyne Huytebroeck et le bourgmestre Olivier Maingain, il y a plusieurs jours déjà, que les travaux sur la Woluwe effectués par l’IBGE étaient mal conçus et mal exécutés. La solidité des berges n’est plus assurée.  Les banquettes soutenant ces berges sont posées sur des pieux plantés trop peu profondément dans la rivière et menacent de bouger sous l’effet du courant.  De même, les gabions, de mauvaise qualité et mal posés, ne soutiennent pas suffisamment les berges pour empêcher les glissements de terrain.  Il s’est déjà produit un spectaculaire glissement de terrain dans le jardin du 43 rue de la Rive.  Qu’en sera-t-il dans quelques semaines, quelques mois… ?  Rappelons que les berges, qui, côté de la rue de la Rive, doivent soutenir des jardins pentus et des maisons, sont fragilisées par la démolition des ponts. M. Michel Durant signale aussi que l’entrepreneur, plutôt que nettoyer la rivière, a aggravé sa situation écologique.  En effet, les grues, utilisées pour curer la rivière, ont laissé dans l’eau des tas de pierres arrachées aux berges.  La Woluwe se trouve donc aujourd’hui dans une situation pire qu’avant son curage.

Selon M. Michel Durant, le travail de curage est donc à refaire, comme ceux des banquettes et des gavions … et celui du sentier.  Comme le curage de la rivière s’effectue avec des grues, celles-ci ne pourront que détruire le sentier qu’on est en train d’achever et qu’il faudra donc reconstruire une seconde fois en deux semaines !

Une réunion serait prévue, ce vendredi 21 mars, au cabinet de la ministre Evelyne Huytebroeck, avec la ministre et M. Michel Durant.  Notre source principale dans ce dossier (opaque) est M. Michel Durant que je vous invite éventuellement à contacter pour d’autres renseignements (Portable : 0479/90.48.79). »

Le flaneur bruxellois: Danielle, avons nous ici un désastre écologique ?

Danielle Caron: « Les riverains et moi avons constaté le désastre écologique de ce chantier.  En violation

Le Vellemolen, un déstastre écologique selon Danielle Caron

Le Vellemolen, un déstastre écologique selon Danielle Caron

de l’arrêté de gouvernement de sauvegarde du site, des engins motorisés, avec chenilles, circulent et aplatissent le chemin et des parties du bois du Vellemolen.  En violation du permis d’urbanisme, des grues, engins mécaniques, travaillent sur les berges et dans la rivière et déracinent des arbres.  L’entrepreneur de l’IBGE a même creusé une clairière dans une partie du bois située le long du boulevard de la Woluwe, où il a installé sa cabane, rangé ses machines.  Arbres et broussailles y furent déracinés, la terre aplatie.  La biodiversité, d’après plusieurs experts consultés, y est disparue pour au moins 10 ans.  Madame Huytebroeck : IBGE, gestion de l’environnement ou vandalisme écologique !

Les riverains et moi tenons à votre disposition une documentation photographique et vous invitons à constater par vous-même la justesse de nos accusations et l’étendue des dégâts.

Le flaneur bruxellois: Danielle, vous affirmez qu’il s’agit d’un chantier Huytebroeck/Maingain. Qu’entendez-vous par là?

Danielle Caron: « Rappelons que ce dossier calamiteux de l’IBGE avait reçu en août 2013 un avis favorable du Collège des Bourgmestre et Echevins de la Commune de Woluwe-Saint-Lambert.  Lâchement, lors de la procédure de demande de permis (sans enquête publique et commission de concertation), le Collège des Bourgmestre et Echevins n’avait pas remis d’avis dans le délai réglementaire de 30 jours, ce qui équivalait à un avis favorable…  On rit (jaune) quand le bourgmestre O. Maingain prétend défendre les riverains.

Constatant que les premiers travaux portaient déjà atteinte à la solidité des berges, les riverains ont demandé un arrêté de police arrêtant les travaux sur les passerelles, soutiens des berges.  Le 5 mars, le bourgmestre O. Maingain a annoncé, devant plusieurs témoins, l’arrêté de police arrêtant les travaux sur les passerelles. Il n’a jamais pris cet arrêté.  Au contraire, de réunion en réunion, la Commune a endormi les riverains, jusqu’à la réunion du 11 mars 2014 où au lendemain matin de laquelle O. Maingain téléphonait à l’IBGE pour leur annoncer que les riverains étaient d’accord pour qu’on abatte leurs passerelles !  Plusieurs riverains lui ont d’ailleurs déjà adressé un courrier recommandé contestant avoir donné leur accord.  C’est O. Maingain qui a donné le feu vert à l’IBGE pour qu’on abatte les ponts !  Rappelons que la démolition des ponts n’était même pas exigée par le permis d’urbanisme, où il était question d’enlèvement et de démontage.

Le dossier du Vellemolen est un dossier initié par l’IBGE, mais qui a toujours bénéficié de l’aide en sous-main de la Commune de Woluwe-Saint-Lambert.  On ignore pourquoi O. Maingain soutient un tel dossier qui ne profite qu’à l’Ecole (privée) Singelijn, gratifiée d’une passerelle géante surplombant la rivière et le chemin alors qu’on prive riverains et promeneurs de la Woluwe d’une dizaine de charmantes passerelles, vestiges historiques de la Seconde Guerre Mondiale et dont on a rappelé à maintes reprises l’utilité pour les habitants d’aujourd’hui. »

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